Les aigles de la République

aigles RépubliqueActeur marionnette du pouvoir

Tarik Saleh clos avec ce film, présenté comme les précédents à Cannes, sa trilogie sur le Caire débutée avec « Le Caire Confidential » et poursuivie avec « La conspiration du Caire ». Si dans le précédent, il dénonçait la mainmise de l’autorité religieuse et des fondamentalistes sur la société et les individus ; ici, il s’en prend directement au pouvoir et sa tête de pont, le Général Al-Sissi. Il montre combien un régime autoritaire en place peut être prêt à toutes les pressions et perversions pour garder son pouvoir. Là, le comédien phare du cinéma égyptien va en faire les frais. Tombé en disgrâce auprès des autorités, il se voie contraint, au risque de tout perdre et de mettre les siens en péril, de jouer le rôle du président dans un film à sa gloire. Autant dire qu’il n’a pas le choix même s’il ne veut pas mettre la main dans cet engrenage funeste. Il ne soutient pas ce président ; mais en silence, il n’affiche pas son opposition. Lors du tournage, jouant volontairement avec le frein à main, les chiens de garde de la république vont le sommer d’y mettre du cœur. De la petite satire gentille, parfois drôle, flirtant avec la comédie italienne ; le film avançant, il prend une tournure de véritable thriller politique. Les menaces pesant sur l’acteur et son entourage finissent par être insupportable jusqu’à un final que n’aurait pas renier le grand Costa Gavras. Voilà un vrai film politique dynamique dans la veine des grands studios US des 70’s ; tant la mise en scène et le scénario sont d’une efficacité redoutable. A l’image d’un Fares Fares à la composition épatante dans ce rôle sans cesse au bord du précipice ; la tension monte crescendo.

Un grand film qui clôt une magnifique trilogie.

Sorti en 2025

Ma note: 15/20