Nouveau film du belge Micha Wald après "Voleurs de Chevaux" (2007) et "Simon Konianski" (2009), depuis il a écrit le scénario du film "Cavale" (2018) de Virginie Gourmel. Pour ce nouveau projet le cinéaste porte à l'écran un destin assez incroyable pour qu'on puisse s'étonner qu'il n'y ait pas eu encore de film, à savoir le destin et l'histoire vraie de Marguerite de La Rocque (Tout savoir ICI !). Réalisateur-scénariste il co-écrit le scénario avec Samuel Malhoure qui a jusqu'ici écrit essentiellement pour des courts métrages, Agnès Caffin scénariste de films comme "La Taularde" (2015) de Audrey Estrougo, "Tout Là-Haut" (2017) de Serge Hazanavicius ou "Qui m'aime me Suive !" (2019) de José Alcala, puis avec Olivier Meys réalisateur-scénariste des films "Les Fleurs Amères" (2017) et "L'Eté de Jahia" (2025). Pour les faits historiques les scénaristes ont pu se reposer sur le livre "Heptaméron" (1558) de la Reine Marguerite de Navarre, et de deux hommes a priori cousin de la "pécheresse", soit le livre "Histoires Tragiques" (1570) de François de Belleforest et le livre "Cosmographie" (1554) de André Thevet. Il semble que ce dernier soit le plus fidèle aux faits réels... 1542, la jeune Marguerite de La Rocque est promise à son oncle Jean-François de La Rocque de Roberval, Vice-Roi du Canada et commandant l'expédition pour le Nouveau Monde. Durant la traversée, elle fait la connaissance de Thomas d'Artois, qui finit par abuser d'elle. Lorsque sa grossesse est découverte, son oncle et promis, dévôt protestant, l'abandonne sur une île isolée avec le fautif et sa servante Damienne...
Marguerite de La Rocque est incarnée par Salomé Dewaels remarquée dans "Filles de Joie" (2020) de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich ou "Nino" (2025) de Pauline Loquès et retrouve après "Illusions Perdues" (2021) de Xavier Giannoli sa partenaire et servante Candice Bouchet vue depuis dans "Normale" (2022) de Olivier Babinet, "Une Zone à Défendre" (2023) de Romain Cogitore ou "Le Fil" (2024) de et avec Daniel Auteuil, tandis que Thomas d'Artois est joué par Louis Peres apparu dans "Comment je suis devenu Super-Héros" (2021) de Douglas Attal ou "En Attendant la Nuit" (2024) de Céline Rouzet. Le Vice-Roi du Canada et promis est joué par Patrick Descamps vu notamment dans "La Mémoire du Tueur" (2003) de Erik Van Looy, "Angèle et Tony" (2010) de Alix Delaporte, "L'Echange des Princesses" (2017) de Marc Dugain ou "L'Homme de la Cave" (2021) de Philippe Le Guay. Puis citons le Roi et la Reine de France incarnés par Alexandra Lamy vue récemment dans "Louise Violet" (2024) et "Jean Valjean" (2025) tous deux de Eric Besnard, puis Alexandre Gavras fils de Costa Gavras pour qui il a été producteur-acteur avec "Le Capital" (2012), faisant l'acteur régulièrement comme dans "Les Intranquilles" (2021) de Joaquim Lafosse mais surtout Producteur avec par exemple "Jusqu'à la Garde" (2017) de Xavier Legrand ou "Aucun Autre Choix" (2026) de Park Chan-Wook et ce nouveau film de Micha Wald. Et enfin n'oublions pas Eddy Frogeais aperçu dans "L'Air de la Mer me rend Libre" (2023) de Nadir Moknèche ou "Solitarium" (2025) de Raoul Dattola... Un encart certifie qu'il s'agit d'une histoire vraie, mais en vérité il faut insister sur le fait que c'est inspiré librement de faits réels, et la nuance est importante ! Car si les scénaristes ont comme base de travail trois ouvrages ils se sont tout de même permis d'arranger encore certains passages, d'inventer et d'extrapoler car, à la manière de l'adage "les vainqueurs écrivent l'Histoire" ici la survivante était seule pour offrir sa version, et trois autres proches ont écrit chacun leur version. Il ne faut donc pas oublier qu'on n'a pas les versions de la servante Damienne et encore moins celle de Thomas d'Artois... ATTENTION SPOILERS !... Par exemple rien ne dit sil il est vrai qu'elle ait été violée ou simplement séduite, il semble que la mort du bébé ait été la malnutrition et non la survie fantasmée du film... FIN SPOILERS !
Donc sur du point de vue historique le film est juste un roman fictionnel, la grande majorité des faits sur l'île ne sont que suppositions et hypothèses, et donc au moins 90% du film ne sont que fiction. Entre autre la dame n'a pas été sauvé par des marins bretons mais par des basques (cela semble avéré et conjoint aux trois ouvrages sus-cités). Et pourtant, il faut avouer que dans l'ensemble ces supputations restent crédibles. Ainsi l'abandon des trois personnages sont vraisemblables, la dame pour sa faute, sa domestique parce qu'à l'époque cela va de soit, et le jeune noble comme fautif et/ou gentilhomme (cela dépend des versions). Ensuite, la démence est tout à fait réaliste dans de telles conditions, et on sait que l'instinct de survie permet souvent de repousser ses limites à des points inimaginables. Sur le fond le film reste donc passionnant et rend un hommage tout à fait solide et réaliste sur le destin de cette dame noble. Sur la forme, la cinéaste a choisit un style qui appuie ce réalisme et cette crédibilité avec un visuel naturaliste. Partant du principe que les marins sauveurs sont bretons, le tournage s'est déroulé en grande majorité en Bretagne, essentiellement sur l'île d'Ouessant, au Cap Sizun, puis quelques passages aux Châteaux de Montmuran et du Hac, tandis que le tribunal a été tourné à la cathédrale de Dol-de-Bretagne. Des décors austères qui font face aux paysages sauvages de la côte bretonne, les éléments naturels sont aussi un paramètre central, comme un quatrième personnage principal. Ce choix minimaliste accentue le sentiment d'authenticité du récit, ce qui est judicieux. En conclusion, insistons sur le fait que ce film est une fiction, mais que cette version est acceptable et plausible et reste un pan de la petite histoire à conseiller.
Note :