Anémone - les Racines du Mensonge (2026) de Ronan Day-Lewis

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Premier long métrage de Ronan Day-Lewis après un court-métrage "Le Mouton et le Loup" (2018), il est également artiste-peintre . Mais il est surtout le fils de la réalisatrice Rebecca Miller connu entre autre pour le film "La Ballade de Jack et Rose" (2005) avec son père, le monstre sacré Daniel Day-Lewis qui revient donc pour son 22ème film depuis ses débuts non crédités dans "Un Dimanche comme les Autres" (1971) de John Schlesinger, mais surtout il revient après avoir annoncé sa retraite après "Phantom Thread" (2017). Rappelons que l'acteur avait déjà quitté le milieu du cinéma après "The Boxer" (1979) avant de revenir pour "Gangs of New-York" (2002). Evidemment, le fait que ce soit le premier projet de son fils a dû être un paramètre essentiel pour qu'il revienne. De surcroît, le scénario est co-écrit par le réalisateur-scénariste Ronan Day-Lewis avec son paternel, l'acteur signant là son premier scénario. Avec de tels parents et surtout avec un buzz forcément favorable avec le retour annoncé de celui qui est le meilleur acteur du monde encore en activité (oui oui !), le fils Day-Lewis n'a pas eu de mal à trouver un financement qui est assumé par Plan B Entertainment, société de production d'une autre star, Brad Pitt, qui a produit, outre ses propres projets, les films "Les Vies Privées de Pippa Lee" (2009) de Rebecca Miller justement, mais aussi "The Lost City of Z" (2016) de James Gray, "Blonde" (2022) de Andrew Dominik ou "Mickey 17" (2025) de Bong Joon-Ho... 

Irlande du Nord dans les années 90. Ray est un ancien soldat britannique qui a choisi de vivre reclus dans un cabanon isolé au coeur d'une forêt. Vingt ans auparavant, il a abandonné Nessa la femme qu'il aimait alors qu'elle était enceinte. Aujourd'hui, son frère Jem revient à sa rencontre, il est depuis le mari de Nessa et a élevé leur fils Brian. Jem lui explique que Brian est devenu militaire mais qu'il est en grave détresse morale et psychologique et que voir et connaître son véritable mère devient une nécessité. Jem reste quelques jours avec Ray pour le convaincre, entre temps Nessa tente d'expliquer les choses à son fils... Ray est incarné par Daniel Day-Lewis au sommet avec la trilogie irlandaise (1989-1997) de Jim Sheridan, puis citons "Le Dernier des Mohicans" (1992) de Michael Mann, "There Will Be Blood" (2007) de Paul Thomas Anderson ou "Lincoln" (2012) de Steven Spielberg. Son frère et "beau-frère" est joué par Sean Bean vu dans "Ronin" (1998) de John Frankenheimer, la trilogie "Le Seigneur des Anneaux" (2001-2003) de Peter Jackson, "Hitcher" (2007) de Dave Meyers ou "Black Death" (2010) de Christopher Smith. Le fils Brian est interprété par Samuel Bottomley révélé dans "Tyrannosaur" (2011) de et avec Paddy Considine puis vu plus récemment dans "Sundown" (2021) de Michel Franco ou "The Last Rifleman" (2023) de Terry Loane, tandis que sa mère Nessa est jouée par Samantha Morton vue dans "Accords et Désaccords" (1999) de Woody Allen, "Minority Report" (2002) de Steven Spielberg, "Cosmopolis" (2012) de David Cronenberg ou "The Whale" (2023) de Darren Aronofsky, puis retrouve après "She Said" (2022) de Maria Schrader vue dans "The Colour Room" (2021) de Claire McCarthy ou "Out of Darkness" (2022) de Andrew Cumming... Le film impose d'emblée une atmosphère aussi austère qu'anxiogène, voir même assez glauque où en quelques minutes on nous présente un grand garçon clairement en dépression, qu'on pense ado mais qui va s'avérer être déjà adulte et soldat, une mère dépassée qui porte sur elle les stigmates d'une vie malheureuse, un homme qui part rejoindre son frère après deux décennies sans aucune relation ; le premier est un homme bon a priori, rien ne va vraiment transparaître de lui outre le fait d'être devenu l'époux de Nessa/Morton, puis Ray/Day-Lewis qui a tout de l'ermite rustre, misanthrope qui vit reclus comme un trappeur du siècle dernier... ATTENTION SPOILERS !... On insiste bien sur le fait que Ray a disparu depuis 20 ans, sans aucune nouvelle, mais soudain Jem part à sa rencontre très facilement parce qu'en fait ils avaient les coordonnées pour aller le voir ?!... FIN SPOILERS !... 

Donc dès le départ, le postulat de base a du plomb dans l'aile. Puis ensuite on apprécie pas trop la construction narrative qui se partage entre le huis clos lourd et poussif entre les deux frères dans le cabanon en forêt, puis le fils en deux parties... ATTENTION SPOILERS !... il revoit une amie, rencontre inutile, il ne se passe rien, puis la discussion "vérité" avec sa maman mais qui ne mène à rien puisqu'elle avoie de rien savoir du secret de son père... FIN SPOILERS !... Ainsi la partie avec le fils à domicile s'avère bien vaine et apparaît comme le moyen de combler et d'atteindre ainsi la durée d'un long métrage, un très long métrage de plus de 2h qui aurait donc gagné à être plus court et plus dense. Par là même, le jeune réalisateur choisit d'instiller dans son récit une dose d'onirisme ou de mysticisme complètement hors sujet et qui renvoie surtout à l'exposition de peinture du cinéaste nommé "That Summer We All Saw Them", une sorte d'auto-promo mal venue et peu inspirée. Le fiston filme ses acteurs de façon artificielle, leur demandant le juste et minimum syndical et se repose complètement sur son père, malin car évidemment c'est bel et bien Daniel Day Lewis qui emporte le morceau, d'abord parce qu'il a un talent et un génie fou, mais aussi parce qu'il a le rôle le plus fort, le plus complet, le plus intéressant, le plus présent à l'image. Sean Bean n'a pas grand chose à offrir avec un personnage sage et discret, attentiste, Samantha Morton idem, le film joué par Samuel Bottomley s'en sort bien tout en intériorité. Un premier film maladroit et bancal, un mélo poussif et peu subtil où la performance du père Day-Lewis sauve les meubles. Merci papa... 

Note :   

10/20