Police Flash 80 (2026) de Jean-Baptiste Saurel

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Second long métrage de Jean-Baptiste Saurel après un médiocre "Zénithal" (2024) passé logiquement inaperçu à sa sortie. Le réalisateur revient à la comédie avec un scénario écrit à plusieurs mains, Thomas Ngijol réalisateur-scénariste avec "Case Départ" (2011), "Fastlife" (2014), "Black Snake, la Légende du Serpent Noir" (2018) et le plus surprenant "Indomptables" (2025), Yohan Zaoui réalisateur du film "Code Secret" (2013) et scénariste sur tout à la télévision dont la série TV "En Famille" (2016-2025), puis Giulio Callegari co-scénariste sur le film collectif "Selfie" (2020) et qui a signé récemment son premier long métrage "Un Monde Merveilleux" (2025). Le projet est évidemment une comédie hommage aux années 80, les références avouées et déclarées sont les polars de Jean-Paul Belmondo dont "Le Marginal" (1983) et "Le Solitaire" (1987) tous deux de Jacques Deray... 1984, Yvon Kastendeuch, flic à l'ancienne fan de Michel Sardou est promu malgré lui à la tête d'une nouvelle unité d'élite : la Police Flash 80. Il doit faire équipe désormais avec Guilaine maman surmenée et cerveau du groupe, Marfoud geek du minitel, et Roberto infiltré à la coupe mulet. Leur première mission est de démanteler un trafic de drogue en devenant une brigade si improbable que même les années 80 n'étaient pas prêtes...

La brigade est donc composé de Yvon incarné par François Damiens vu récemment dans "La Fille d'un Grand Amour" (2025) de Agnès de Sacy, "T'as pas Changé" (2025) de et avec Jérôme Commandeur et "L'Amour, c'est Surcôté" (2025) de Mourad Winter, et retrouve après "L'Arnacoeur" (2010) de Pascal Chaumeil sa partenaire Audrey Lamy vue dans "Heureux Gagnants" (2024) de Maxime Govare et Romain Choay ou "La Bonne Etoile" (2025) de et avec Pascal Elbé, Xavier Lacaille qui retrouve son réalisateur et un scénariste après "Zénithal" (2024) et "Un Monde Merveilleux" (2025), et vu depuis dans "Le Beau Rôle" (2024) de Victor Rodenbach et "French Lover" (2025) de Nina Rives, puis Brahim Bouhlel aperçu dans le dyptique "30 Jours Max" (2019-2023) de et avec Tarek Boudali ou "Le Jour J" (2025) de Claude Zidi Jr.. Citons ensuite Thomas Ngijol vu, outre ses propres films sus-cités, dans "Sans Pudeur Ni Morale" (2011) de et avec Jean-Pascal Zadi, "Les Cobayes" (2020) de Emmanuel Poulain-Arnaud et "Fratè" (2022) de Karole Rocher et Barbara Biancardini, Yan Tual aperçu dans "Rifkin's Festival" (2022) de Woody Allen ou "13 Jours 13 Nuits" (2025) de Martin Bourboulon, Philippe Rebbot vu récemment dans "Sur un Fil" (2024) de Reda Kateb, "Les Pistolets en Plastique" (2024) de Jean-Christophe Meurisse ou "A Bicyclette !" (2025) de et avec Mathias Miekuz, puis Ahlam Slama aperçu dans "A Pied d'Oeuvre" (2025) de Valérie Donzelli... L'immersion dans les années 80 est d'emblée très sympathique, clairement assumée dans ses clichés et la caricature et ce que pour un appuyé sur le bouton nostalgique. Alors évidemment le film n'a pas pour but d'être un polar sérieux sur une reconstitution historique, mais reprend le cahier des charges d'un genre et d'une époque révolue. Des clins d'oeil jusque dans les détails, jusqu'aux arrières-plans, à foison dans chaque plan avec il faut bien le dire, la nécessité de servir une fan base de celle qui ont connu les années 80 dont votre serviteur ! Et oui c'est aussi savoureux que fun, pas toujours hilarant mais souvent drôle ou du moins avec assez de sens de l'observation pour nourrir nos souvenirs. A contrario, logiquement les plus jeunes risquent fort de passer à côté des nombreuses références.

Outre les décors et les arrières-plans il faut saluer les costumes et les looks, et en premier lieu un François Damiens dans un mix idéal entre Jean-Paul Belmondo et Gérard Depardieu. Mais servir la fan base et assumer un curseur des poncifs au max n'est heureusement pas le seul a tout. L'intrigue reste solide, certe attendue car reprend un canevas éculé du genre spécifiquement dans les années 80 avec des polars où le commissaire est un flic de terrain (déjà c'est drôle !) aux méthodes musclés qui était alors la norme. Le film rappelle surtout l'"ancienne police" où même sous l'uniforme les années 80 étaient d'un laxisme évident sur l'alcool ou la violence "strictement nécessaire" tandis qu'on rappelle aussi que la drogue et l'immigration était alors en plein explosion, pointant du doigt les prémices de poison qui ont aujourd'hui des noms comme DZ Mafia, tout en montrant que le racisme n'est pas obligatoirement du racisme (relation entre collègues avec le flic maghrébin qui refuse le mariage arrangé par exemple). Une comédie qui ne fait évidemment pas dans la dentelle à première vue, une comédie loufoque et nostalgique mais bien plus futée qu'il n'y paraît. Un très bon moment.

Note :                 

14/20