Rise and Fall
1952, Marty, au pays du football américain, basket et base-ball, poursuit un rêve anachronique aux US, devenir champion du monde de ping-pong. Déterminé, un seul but en tête, focus sur l’objectif ; rien ne compte autour de lui et rien de l’arrêtera dans sa quête. Certains critiques en font un personnage amoral, que nenni, il annonce la couleur, ne trompe personne sur ses ambitions démesurés et donc ne fait jamais dans le sentiment. Il veut voir grand, c’est lui-même un grand ado ou alors un sportif de haut niveau. Dans le sport de haut niveau, tout l’environnement doit se mettre au diapason et le sportif n’être conduit que par l’objectif final. Et chez l’ado, il n’y a pas de demi-mesure ; ces critiques de Marty, c’est oublié un peu ce qu’est la fougue de la jeunesse. Et pourtant, le générique de début avec ce spermatozoïde frénétique sur fond de « Forever Young » annonce bien le couleur.
On veut aussi nous livrer une image scorcesienne de Marty Mauser ; type « Raging Bull » et autres. Chez Scorcese, les héros sont beaucoup plus sombres et immoraux que dans ce gentil film de grand studios. Comparé à Scorcese ce film, pourquoi pas ? Mais la lune de miel ne dure que 45 minutes sur 2 heures 30 de film. Ainsi, durant ses trois premiers quarts d’heure, porté par la prestation vénère et malaisante de Timothée Chalamet, la mise en scène maligne de Safdie (à commencer par son casting de « gueules »), son écriture casse-cou (un flashback sur le passé d’un ami de Marty à Auschwitz) et la photographie à tomber de Darius Khondji (caméra joliment mobile, travail remarquable sur le flou et la mise au point, pénombre et lumières en douche sur les tables de ping-pong, beau grain de la pellicule…), MARTY SUPREME détonne, euphorise et brûle l’écran par ses quatre coins. Là on y voyait des ressemblances avec le maitre, tout ça pour finalement très vite rentrer dans les clous. Porté par un rythme effréné voir frénétique laissant peu de temps de cerveau disponible au spectateur, le film se mue en effet en spirale infernale de galères et de mauvaises décisions, une accumulation digressive de péripéties hystériques inégalement intéressantes, certaines franchement lourdingues. De fait, on ne s’ennuie pas vraiment, mais le film tourne à vide avec un scénario privilégiant la frénésie à la profondeur.
Et puis peut-être car la musique électro new wave des 80’s a le vent en poupe, dès la scène d’ouverture, c’est un tube de ces années qui accompagne le générique « Forever Young » d’Alphaville. Ce décalage entre le contexte 50's et les titres bien 80’s est parfois étrange
L’Oscar pour Timothée Chalamet, peut-être, même si avec sa déclaration sur les ballets et l’Opéra il a livré une image de sale gosse miroir de son rôle. Et puis ce film n’est pas le pendant de « Life of Chuck » en 2025 qui lui est un bon film à l’image de ce qu’on fait longtemps les grands studios US.
Sorti en 2026
Ma note: 12/20