Séries | THE NIGHT MANAGER – 16,5/20 | WONDER MAN – 14/20 | THE BEAUTY – 13/20

Séries NIGHT MANAGER 16,5/20 WONDER 14/20 BEAUTY 13/20

THE NIGHT MANAGER S01-S02 (Prime Video) – 16,5/20 : Adaptation d’un roman de John le Carré, The Night Manager est naturellement plus cérébral que spectaculaire, ce qui ne l’empêche pas d’être sacrément prenant. Des agents du MI6 y traquent un redoutable trafiquant d’armes et vont recevoir l’aide inattendue du veilleur de nuit de l’hôtel de luxe dans lequel l’escroc réside, à qui il sera demandé de gagner sa confiance et d’infiltrer son cercle proche.
Du Caire à Istanbul, en passant par l’Autriche, Majorque ou Madrid, The Night Manager nous fait voyager et enchaîne les décors somptueux. La réalisatrice danoise Susanne Bier déroule une mise en scène aussi élégante que racée dans un scénario parfois brutal, jouant parfaitement de la tension inhérente à ce récit d’espionnage. Tom Hiddleston y est à son prime, mélange d’intensité, de classe et de flegme (un parfait James Bond, si vous me demandez), bien épaulé par la toujours fabuleuse Olivia Colman.
La série construit son pouvoir addictif d’épisode en épisode, sa première saison s’achevant sur un final haletant et puissant avant de nous projeter dix ans plus tard en Colombie pour une saison 2 sensiblement plus spectaculaire, à l’écran comme dans son écriture. Plus personnelle aussi, mais tout aussi captivante, si ce n’est plus.
Quand on appréhende le dernier épisode d’une série parce qu’on ne veut pas qu’elle se termine, c’est que c’est très bon signe. Et on le redoute, le dernier épisode de The Night Manager…

WONDER MAN S01 (Disney+ – 14/20) : Réjouissante mise en abyme d’Hollywood, Wonder Man met en scène un super-héros apprenti comédien (ou l’inverse), et c’est très fun.
Elle confirme le renouveau des séries Marvel (Ironheart, Daredevil, Loki, même Agatha malgré ses défauts), à qui la maxime « moins mais mieux » convient parfaitement.
Wonder Man est drôle, très bien construite, maligne et s’appuie sur deux excellents acteurs : le grand Ben Kingsley, irrésistible, et le charismatique Yahya Abdul-Mateen II, tout en nuances.
Une très bonne surprise.

THE BEAUTY (Disney +) – 13/20 : Ryan Murphy est toujours très habile dans sa manière de raconter ses histoires et de connecter des époques, ou même des récits qui n’ont apparemment rien à voir. Au risque, parfois, de perdre ses spectateurs en voulant jouer au plus malin.
The Beauty est un cru correct. L’articulation entre l’enquête et la dénonciation — efficace, malgré ses gros sabots — des nouveaux dogmes esthétiques et des injonctions à la beauté et à la jeunesse éternelle fonctionne, malgré quelques embardées mal maîtrisées.
Avec son style sanguinolent et outrancier, la série a des airs de petite sœur d’American Horror Story. C’est futile et amusant.
Au fond, son principal défaut est sans doute de passer après The Substance, autrement plus profond.