Cinéma | LA MAISON DES FEMMES – 15/20

De Mélisa Godet
Avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara

Cinéma MAISON FEMMES 15/20

Chronique : Drame social inspiré de l’action de la Maison des Femmes à Saint-Denis, ce premier film de Mélisa Godet a une indéniable portée pédagogique tout en provoquant chez son spectateur de fortes décharges émotionnelles.
Adoptant un style réaliste et une précision quasi documentaire pour raconter le fonctionnement du centre, la réalisatrice met plus d’affect lorsqu’elle s’attache au quotidien de celles qui le font vivre. L’une des grandes qualités du scénario — et de son traitement par Mélisa Godet — est de parvenir à faire exister une foule de personnages sans pour autant s’éparpiller. Le film reste solide et cohérent, malgré ces nombreux portraits de femmes fragiles, héroïques et inspirantes, illustrant chacune à leur manière le combat éreintant et essentiel contre les violences faites aux femmes.
Il y a celles qui écoutent, protègent, soignent et se démènent tout en composant avec leurs propres problèmes personnels. Et puis ces femmes abusées, battues, rabaissées, pour qui le passage à la Maison des Femmes est souvent synonyme de prise de conscience, leur permettant de dépasser leur statut de victime et d’avancer avec résilience.
Ces personnages sont magnifiquement incarnés, que ce soit l’équipe de soignantes au dévouement remarquable ou ces patientes aux parcours bouleversants. Laetitia Dosch, Juliette Armanet, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Eliane Umuhire ou encore Yves-Marina Gnahoua : toutes ces magnifiques comédiennes font preuve d’une infinie justesse. En cheffe de bande, Karin Viard est forcément épatante. Personne n’incarne mieux qu’elle la combativité et la force, tout en parvenant à contrebalancer la dureté du propos par des traits d’humour bienvenus. Car malgré le sérieux et la gravité du sujet, La Maison des Femmes s’offre quelques respirations libératrices : des sourires, des fous rires même, et des scènes de fête où l’on danse sur du Céline ou chez Madame Arthur.
Le film est riche de ces moments de légèreté qui viennent alléger des instants poignants qui vous tordent le cœur. Et on a besoin, car si on s’attend forcément à être secoué par un film sur les violences sexuelles et sexistes, on ne s’attend peut-être pas à l’être autant.

Synopsis : À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.