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Boulimique

Park Chan-Wook adapte à la sauce Sud Coréenne le roman « Le couperet » ; adapté par le passé par Costa Gavras. Le pitch est assez simple ; un père de famille bien installé dans la vie (enfants, femme, belle maison,…) va perdre son job victime de la mondialisation chez Costa-Gavras et de la mécanisation ici. Retrouver un emploi de même nature est compliqué, il identifie ses principaux concurrents sur le marché de l’emploi et se met en tête de les éliminer un à un.

En mode thriller, c’est une satire acide du monde actuel dans lequel le capitalisme broie les hommes et où les hommes aussi ne sont pas prêts à renoncer à leur statut social fondement de leur propre identité. Contrairement à Costa-Gavras, Park Chan-Wook prend des chemins de traverse pour conter cette histoire dans une sorte de meli mélo de genre entre satire cinglante, comédie absurde, thriller drôle, et film de body horror. Et sa fable ironique tient assez bien la route tant elle incarne le présent. Toute la brutalité du monde fait fusion chez cet homme pour aboutir à une violence individuelle ; ce film est d’autant plus fort sur ce thème dans sa veine Coréenne tant on sait que cette société ultra capitalistique peut être violente avec ses concitoyens. Après pour donner un ton burlesque à son film, il multiplie les scènes rocambolesques ; mais, peut-être à cause du décalage culturelle, elles ne matchent pas forcement à chaque fois. Et puis, il étire son film parfois à outrance, pour donner corps aux victimes essentiellement qui font souvent écho à sa propre vie ; mais c’est parfois un peu longuet.

Formellement ce film est un condensé d’effets de mise en scène, un cours de cinéma XXL. Park Chan Wook est un maitre en matière, chaque plan est un tableau, c’est magnifique de bout en bout : splendeur des fondus enchaînés, superpositions et juxtapositions des espaces, choix de placement de la caméra et des personnages, travellings,… Et puis au montage, il parvient ensuite à tout juxtaposer afin que d’un plan au suivant tout s’articule à merveille. Mais à ce point là on peut se dire : Est-ce trop ? Trop de cinéma ? Trop de détails ? Trop de construction ? Trop de plans qui interrogent et trop de références qui nous échappent ? Peut-être. Au bout d’un moment, j’ai fini par voir que cela.

Un très beau film mais radicalement différent de celui de Costa-Gavras ; les amateurs de cinéma Sud Coréen adoreront la performance.

 Sorti en 2026Ma note: 13/20