Rue Malaga

Par Dukefleed
"Rue Malaga" c'est pas "Rue de la sardine"

Myriam Touzani pour son troisième long métrage se plonge à nouveau dans la casbah de Tanger qui lui est si chère pour un film moins politique mais aussi moins enthousiasmant que le précédent ; l’excellent « Le bleu du caftan ». Là, c’est un feel good movie. Il a tout de même obtenu le Prix du Jury à la Mostra de Venise.

Au centre du film, l’excellente égérie d’Almodovar, Carmen Maura joue une octogénaire bien décidée à vivre ses dernières années comme elle l’entend et d’y prendre du plaisir, charnel compris. Et oui dans le cinéma actuel, la sexualité du 3ème âge a sa place. Sa fille veut la placer en EPHAD pour récupérer l’argent de la vente du grand appartement de Tanger pour l’achat d’un appartement à Madrid dans lequel elle logerait aussi sa mère. La mamie va jouer de beaucoup d’astuces et de persévérance pour regagner son appartement et reprendre sa vie d’avant en mieux. La photographie est superbe et chaleureuse avec ses teintes orangées et dorées. Les gens de sa rue sont tous d’une gentillesse sans égal et toutes les communautés vivent dans une harmonie parfaite. C’est un feel good movie, donc il est destiné à faire du bien, et il remplit sa part du contrat ; acceptons donc ce pitch simpliste. Mais on aurait aimé plus de matière, le conflit mère fille passe vite au second plan et ne devient qu’un prétexte narratif ; c’est bien dommage surtout pour arriver à une fin aussi désarçonnante par rapport au ton général du film. Le rythme aussi est bien mollasson ; le film ronronne et manque de caractère dans ses actions. Et beaucoup d’enjeux narratifs passent volontairement sous le tapis pour faire avancer l’intrigue.

L’intention est belle , le résultat peu convaincant ; on a du mal à croire que ce film est celui de la réalisatrice de l’excellent « Le bleu du caftan ».

Sorti en 2026

Ma note: 11/20