Nouveau film de Mamoru Hosoda un des maîtres de l'animation japonaise hors du giron Ghibli avec notamment "La Traversée du Temps" (2006), "Summer Wars" (2009), "Les Enfants Loups;, Ame et Yuki" (2012), "Le Garçon et la Bête" (2015), "Miraï ma Petite Soeur" (2018) et "Belle" (2021). Le Réalisateur-scénariste se serait inspiré de la situation géo-politique post-pandémie après le Covid mais pas que : "Les gens ont beaucoup de mal, encore aujourd'hui, à surmonter cette période qui génère toujours une grande anxiété. C'est le point de départ du projet et j'aimerais transmettre un message positif à la jeune génération. En matière d'histoire de vengeance, le Hamlet de Shakespeare est un chef d'oeuvre. Ce cycle de vengeance est toujours d'actualité si bien que j'ai intégré des motifs shakespeariens dans le récit et chez les personnages."... Scarlet, une princesse médiévale experte en combat à l'épée se lance dans une périlleuse quête pour venger la mort de son père. Son plan échoue et grièvement blessée elle se retrouve projetée dans un autre monde, le Pays des Morts. Elle va croiser la route d'un jeune homme idéaliste de notre époque, qui non seulement l'aide à guérir mais lui laisse également entrevoir qu'un monde sans rancoeur ni colère est possible. Face au meurtrier de son père, Scarlet devra alors mener son plus grand combat : briser le cycle de la haine et donner un sens à sa vie en dépassant son désir de vengeance...
Au casting voix, l'héroïne est incarnée par la jeune Mana Ashada aperçue dans "Pacific Rim" (2017) de Guillermo Del Toro mais surtout déjà habituée au doublage avec plusieurs autres films d'animation comme "Les Enfants de la Mer" (2019) de Ayumu Watanabe, "De l'Autre Côté du Ciel" (2021) de Hirota Yusuke ou "Le Château Solitaire dans le Miroir" (2023) de Keiichi Hara. Citons ensuite Masaki Okada vu dans "Villain" (2010) de Sang-Il Lee ou "Drive my Car" (2021) de Ryusuke Hamaguchi, Masachika Ichimura vu récemment dans "Le Joueur de Go" (2025) de Kazuya Shiraishi et retrouve après "13 Assassins" (2012) de Takashi Miike son partenaire Koji Yakusha qui retrouve l'animation selon Hosoda après "Miraï ma Petite Soeur" (2018) et "Belle" (2021), mais surtout acteur fétiche de Kiyoshi Kurosawa vu aussi dans "L'Anguille" (1997) de Shôhei Imamura, "Babel" (2006) de Alejandro Gonzales Inarritu ou "Hara-Kiri : Mort d'un Samouraï" (2011) de Takashi Miike après lequel il retrouve également Munetaka Aoki star de la saga "Kenshin" (2012-2021) de Keishi Otomo, et vu plous récemment dans "Godzilla Minus One" (2023) de Takashi Yamazaki ou "La Voie du Serpent" (2025) de Kiyoshi Kurosawa, Yutaka Matsushige vu dans "Crows Zero" (2009) et "Like a Dragon" (2010) tous deux de Takashi Miike, "Real" (2014) et "Cloud" (2025) tous deux de Kiyoshi Kurosawa, puis enfin Kotaro Yoshida vu dans "The Third Murder" (2021) de Hirokazu Kore-Eda dans lequel jouait aussi Koji Yakusha, ou pour "Lupin III : the First" (2020) de Takashi Yamazaki... Royaume du Danemark au 16ème siècle, après un drame familial (d'ores et déjà on sait que Hosoda s'est inspiré de "Hamlet" de Shakespeare donc pas de spoilers sur le début du film), Scarlet se retrouve au royaume des morts, ou plutôt dans une sorte de purgatoire où elle va tenter de finaliser sa vengeance tout en devant lutter contre toutes les autres âmes qui attendent parfois depuis des siècles. Ainsi, une des bonnes idées est que Scarlett peut croiser des personnages d'époques très diverses. Comme souvent avec Hosoda on reste assez bluffé par le graphisme, l'élégance du trait et de l'animation avec une technique qui lie animation 3D, infographie et technique plus artisanale. On oscille alors constamment entre une illusion réaliste (surtout dans les décors) et un style très manga, bien éloigné donc de l'autre style nippon de chez Ghibli.
Les personnages sont magnifiquement dessinés et croqués, dans un univers (le pays des morts) plus basique et convenu. Mais le propos finit par lasser, dans une morale bisounours aussi déconnecté que démago où il faut évidemment comprendre et accepter le pardon plutôt que la vengeance. Bref chères victimes tendez l'autre joue ça va bien se passer. Le soucis surtout c'est que Hosoda est obnubilé parce message au point qu'il n'a rien d'autre à raconter et donc le scénario devient aussi redondant qu'une litanie : chaque rencontre une un combat/duel qu'évidemment Scarlet gagne (pas de surprise c'est l'héroïne !), et à chaque fois le doute en elle devient plus pregnant évoluant de la vengeance au pardon ; là aussi pas de spoilers c'est annoncé dans la bance-annonce et dans le résumé de dossier de presse. Le vrai problème est donc ce pardon, pourquoi pas me direz-vous mais encore faut-il voir la gravité des faits à pardonner et si la Justice passe. Ici pas du tout, les faits sont terribles et tragiques, et pas de Justice pour les puissants donc le pardon est ici carrément l'absolution pour le nouveau roi Claudius. Evidemment, Hosoda parle de son époque et plus que de pardon il prône la Paix, mais à quel prix ?! Les références bibliques sont en cela assez évocatrices à ce jour face à notre monde actuel qui fait face à l'islamisme radicale. Et que penser de ce passage musical "anachronique" comme un cheveu sur la soupe. Formellement le film est assez remarquable, mettant en image des plan-séquences et diversités des cadrages assez rares dans l'animation pour le noter, par contre sur le fond ça reste une fable trop gentillette, trop fantaisiste pour offrir un réel message cohérent et probant.
Note :
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