Les K'D'Or (2026) de Jeremy Ferrari

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Premier long métrage de l'humoriste Jeremy Ferrari : "Après Roqya, le cinéaste Saïd Belktibia m'a dit qu'il avait envie de faire une comédie alors on a commencé à réfléchir et à écrire ensemble. On savait que Kadhafi avait eu beaucoup de relations sexuelles, avec beaucoup de femmes, alors on est arrivés à l'idée d'un mec qui serait peut-être son fils mais qui n'aurait pas connu son père. J'aime bien les histoires ancrées dans le réel, potentiellement possibles, même elles sont romancées, exagérées, caricaturées..." Ains le comique-réalisateur-scénariste co-écrit son scénario avec Saïd Belktibia, réalisateur de "Roqya" (2024), et en collaboration avec Clément Peny scénariste des films "Maetro(s)" (2022) de Bruno Chiche et "Les Survivants" (2023) de Guillaume Renusson... D'après sa mère Noé serait le fils caché de Kadhafi. Devenu chasseur de trésors, Noé n'a donc plus qu'une obsession, retrouver l'or de son père éparpillé dans le Sahel après sa mort. Pour y arriver il va avoir besoin des connexions de Zoulika (anciennement Louise), aussi attachante qu'incontrôlable et fraîchement sortie d'un centre de réinsertion civique, ainsi que de Ryan, puceau malvoyant participant au "Marathon des sables", qui va s'avérer être une parfaite couverture pour passer la frontière...

Noé est incarné par Jérémy Ferrari lui-même vu auparavant dans un petit rôle dans le nanard "Brutus vs César" (2020) de et avec Kheiron et dans un contre-emploi dramatique dans "Roqya" (2023). Zoulika est jouée par Laura Felpin vue dernièrement dans "Joli Joli" (2024) de Diastème, "L'Amour c'est Surcôté" (2025) de Mourad Winter et "Le Gang des Amazones" (2025) de Mélissa Drigeard, pusi retrouve après "Un Stupéfiant Noël" (2023) de Arthur Sanigou son partenaire Eric Judor qui retrouve aussi après "La Tour Montparnasse Infernale" (2001) de Charles Nemes et "Seuls Two" (2008) de lui-même et Ramzy l'autre acolyte Fred Testot vu récemment dans "Le Routard" (2025) de Philippe Mechelen et "La Venue de l'Avenir" (2025) de Cédric Klapisch. Citons ensuite Karina Marimon vue dans "La Marginale" (2023) de Franck Cimière ou "Nouveau Départ" (2023) de Philippe Lefebvre, puis David Ayala vu entre autre dans "On Ira" (2025) de Enya Baroux, "Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan" (2025) de Ken Scott ou "Victor comme tout le Monde" (2026) de Pascal Bonitzer... L'un des humoristes les plus populaires du moment signe sa première comédie, forcément prometteur me direz-vous, puis on se rappelle quelques gadins monumentales avec le champion du genre Gad Elmaleh dans les navrants "Chouchou" (2003) et "Coco" (2008), mais on pourrait citer aussi Jean-Marie Bigard dans "Le Missionnaire" (2009) ou Kheiron dans "Brutus vs César" (2020). Malheureusement Jeremy Ferrari rejoint les casseroles du genre et le premier fautif reste lui-même. A l'écriture on est sidéré par le manque de gags, un comble pour une comédie signé d'un humoriste. Les meilleurs gags sont quasiment tous dans la bande-annonce, mais surtout il s'agit d'un scénario et d'un récit beaucoup trop sérieux ! Les terroristes islamistes comme sujet principal c'est une idée casse-gueule et Ferrari y plonge à fond mais l'approche reste beaucoup trop premier degré d'abord à cause de son propre personnage, Noé/Ferrari est d'un sérieux ahurissant et l'acteur ne se démarque jamais par la (auto-?!) dérision, au contraire il se la pète grave, il se regarde jouer, ça tombe bien c'est qui qui réalise. Mais on pense aussi à la dernière scène de Zoulika/Felpin qui change le ton du film, définitivement...

Dans une salle d'une trentaine de personnes, il y a eu exactement 3 rires dont deux connus attendus depuis la B.A., et en parallèle notons plusieurs séquences malaisantes car trop premier degré - et oui les dictateurs ne sont pas drôles à moins de trouver la recette et il sont rares, citons entre autre Charles Chaplin dans "Le Dictateur" (1940) ou encore Sasha Barn Cohen dans "The Dictator" (2012). Faire rire sur le viol des femmes par les terroristes est culotté, mais quand on nous l'inflige sans nuance avec une confirmation claire ça ne peut pas être drôle, ce qui offre la seule séquence où Zoulika/Felpin oublie sa gouaille ziva pour nous arracher un énorme coup de blues. Ce film est une catastrophe sur la durée, avec des gags qui tournent en rond, les plus courtes sont les meilleures, ainsi Zoulika/Felpin reste l'atout du film, mais le côté gouaille des cités finit tout de même par lasser. Noé/Ferrari reste trop premier degré et devrait prendre des courts pour pleurer (pourtant très bon dans  "Roqya" en 2023). Eric Judor s'en sort bien mais idem son personnage ne tient la route que pour sa cécité, ça reste court. Bref, on frôle le grand nanard, laissons une étoile pour l'abattage de Felpin... 

Note :                 

06/20