Le Testament d'Ann Lee (2026) de Mona Fastvold

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Troisième long métrage après "The Sleepwalker" (2014) et "The World to Come" (2020) de la cinéaste norvégienne Mona Fastvold mais c'est le premier qui a droit à une sortie en salles en France. Pour ce projet la cinéaste porte à l'écran le destin de Ann Lee (Tout savoir ICI !) mais pour un film musical. La réalisatrice-scénariste co-signe son scénario avec son conjoint à la ville, Brady Corbet, avec qui elle collabore aussi sur ses propres films dont le récent "The Brutalist" (2024) pour lequel ils ont reçu le Golden Globe et l'Oscar 2025 du meilleur scénario. Pour le côté musical le duo retrouve également leur compositeur Daniel Blumberg, tandis que la parte dansée est assurée par Celia Rowlson-Hall chorégraphe entre autre sur les films "After Yang" (2021) de Kogonada ou "Smile 2" (2024) de Parker Finn. Pour ce film l'actrice principale a reçu le Golden Globe 2026 de la meilleure actrice dans un film musical ou comédie. Le film est interdit en salles au moins de 12 ans... 

Le rôle titre Ann Lee est incarnée par Amanda Seyfried qui retrouve sa réalisatrice après les séries TV "The Crowded Room" (2023) et "La Rivière des Disparues" (2025), puis vue au cinéma dans "Mank" (2020) de David Fincher, "Seven Veils" (2023) de Atom Egoyan et surtout du tout récent "La Femme de Ménage" (2025) de Paul Feig. Citons ensuite Lewis Pullman vu dans "Riff Raff" (2024) de Dito Montiel, "Salem" (2024) de Gary Bauberman et "Thunderbolts*" (2025) de Jake Schreier, Thomazin McKenzie vue entre autre dans "Jojo Rabbit" (2019) de Taika Waititi, "The Power of the Dog" (2021) de Jane Campion ou "Last Night in Soho" (2021) de Edgar Wright, Stacy Martin qui retrouve le couple de cinéaste après "Vox Lux" (2018) et "The Brutalist" (2024) tous deux de Brady Corbet et vue dans "Bonnard, Pierre et Marthe" (2023) de Martin Provost ou "Islands" (2025) de Jan-Ole Gerster, Christopher Abbott qui retrouve le couple également après "Vox Lux" (2018) et "The World to Come" (2020) et vu plus récemment dans "Le Clan des Bêtes" (2024) de Christopher Andrews, "Kraven the Hunter" (2024) de J.C. CHandor et "Wolf Man" (2025) de Leigh Whannell,  Tim Blake Nelson vu dans "Nightmare Alley" (2021) de Guillermo Del Toro, "Ghosted" (2023) de Dexter Fletcher ou "Captain America : Brave New World" (2025) de Julius Onah, Scott Handy aperçu dans "Match Point" (2005) de Woody Allen, "Miss Peregrine et les Enfants Particuliers" (2016) de Tim Burton ou du très décevant "Napoleon" (2023) de Ridley Scott puis Matthew Beard remaqrué dans "Une Education" (2009), "Un Jour" (2011) et "The Riot Club" (2014) tous trois de Lone Scherfig... Le film est un biopic musical mais pas de façon "comédie musicale" mais bien en se servant de la manière de chantée sans parole telle que Ann Lee concevait la prière et sert donc de fil conducteur et qui accentue ainsi un certain onirisme mystique. Sur le fond le film reste un biopic solide, vraiment bien documenté dans les faits, avec un soin particulier sur les décors et costumes et le tout d'un réalisme soigné et authentique et ce même si on peut encore se dire que ce destin est incroyable ; en effet une femme vue comme "deuxième venue du Christ" dans les années 1750-1780 est "incroyable mais vrai".

Et pourtant, si les "shakers" reste une secte, que son statut de "messie" est évidemment sujet à la psychiatrie force est de constater qu'elle a eu, vécu et réussi une oeuvre marquante qui a emporté toute une communauté. Tout ce que montre le film est d'une sincérité certaine, on peut juste trouvé étonnant que le film occulte le fait que "Mère Ann a accompli un certain nombre de miracles, y compris la guérison de malades" d'après des témoins. La vraie réussite Mona Fastvold est d'avoir réussi à retranscrire l'effet mystique et de transe durant les prières collectives, le film est ainsi constamment composé de chants et/ou de vocalises dans des danses plus ou moins frénétiques ou calmes, des chorégraphies chantés envoûtantes voir même fascinantes presque hors du temps. La mise en scène alterne entre scènes intimes et de labeurs du quotidien et ces séquences musicales qui sont d'un naturalisme remarquable qui nous hypnotise et qui nous bouscule aussi tant on pourrait effectivement croire à de la sorcellerie. C'est sans doute un peu long, mais la qualité formelle du film est indéniable, avec une Amanda Seyfried absolument épatante. A voir.

Note :                 

14/20