Tueurs de Dames (1955) de Alexander Mackendrick

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Ce projet est tiré d'un scénario signé de William Rose, qui a auparavant écrit "Son Grand Amour" (1950) de Gregory Ratoff, "Genevieve" (1953) de Henry Cornelius et "The Maggie" (1954) de Alexander Mackendrick, et justement il retrouve ce dernier qui porte à l'écran son nouveau scénario. Le réalisateur britannique est déjà connu pour ces films "Whisky à Gogo !" (1949) et "L'Homme au Complet Blanc" (1951) ou plus tard "Le Grand Chantage" (1957). Le scénariste qui signera quelques comédies à succès comme "Un Monde Fou, Fou, Fou, Fou" (1963), "Devine qui vient Dîner ?" (1967) et "Le Secret de Santa Vittoria" (1969) tous trois de Stanley Kramer, co-écrit son scénario avec Jimmy O'Connor qui poursuivra sa carrière à la télévision ensuite. Le film reçoit des critiques positives avec en prime deux BAFTA 1956 de la meilleure actrice et du meilleur scénario. Le film aura son remake avec "Ladykillers" (2004) des frères Coen... Un monsieur se faisant nommer professeur Marcus obtient une location chez madame Margaret Wilberforce et fait venir ses amis en se faisant passer pour des musiciens mais en fait ils sont une bande de malfrats qui préparent un hold-up. Ils espèrent se servir de leur vieille logeuse mais c'était sans compter sur son caractère singulier... 
 

La vieille logeuse est incarnée par Katie Johnson apparue auparavant dans "I Believe in You" (1952), "Casaque Arc-En-Ciel" (1954) et "Out of the Clouds" (1955) tous trois de Basil Dearden. Le groupe des cinq voleurs sont joués par Alec Guinness acteur fétiche de David Lean, futur Dark Vador de la saga "Star Wars" (1977-1983) et alors auréolé des succès "Noblesse Oblige" (1949) de Robert Hamer ou "De l'Or en Barres" (1951) de Charles Crichton et retrouve son réalisateur après "L'Homme au Complet Blanc" (1951) à l'instar de Cecil Parker remarqué dans "Une Femme Disparaît" (1938) et "Les Amants du Capricorne" (1949) tous deux de Alfred Hitchcock, Danny Green apparu dans "The Fire Raisers" (1934) de Michael Powell ou "L'Enfant et la Licorne" (1955) de Carol Reed, Peter Sellers dans un de ses véritables premiers rôles au cinéma futur star de "Lolita" (1962) et "Docteur Folamour" (1964) tous deux de Stanley Kubrick ou de la saga "La Panthère Rose" (1963-1982) de Blake Edwards dans laquelle il retrouvera son partenaire Herbert Lom qui sera aussi dans "Mr Topaze" (1961) de Peter Sellers lui-même vu dans "Les Forbans de la Nuit" (1950) de Jules Dassin et retrouvera également "Le Fantôme de l'Opera" (1962) de Terence Fisher l'acteur Harold Goodwin qui était aussi dans "L'Homme au Complet Blanc" (1951) et retrouvera encore Alec Guinness  dans "Le Pont de la Rivière Kwaï" (1957) de David Lean. Citons ensuite Jack Warner vu dans "Il Pleut Toujours le Dimanche" (1947) de Robert Hamer ou "Les Guerriers dans l'Ombre" (1948) de Charles Crichton, et enfin Philip Stainton vu dans "L'Homme Tranquille" (1952) et "Mogambo" (1953) tous deux de John Ford... Notons pour l'anecdote que si Alec Guinness a déclaré s'être inspiré pour son personnage de l'acteur Alastair Sim, on pense surtout à Lon Chaney dans "Le Fantôme de l'Opéra" (1925) de Rupert Julian... Une vieille dame accueille un groupe d'hommes qu'elle croit être des musiciens, en fait des gangsters qui doivent se servir d'elle, grand-mère inoffensive et serviable symbole de l'innocence même. Mais évidemment la grand-mère va être le grain de sable inévitable.

Le premier bon point est l'excellence du casting pour ce groupe de cinq voleurs de haut vol qui pourraient aisément passer pour des pieds nickelés, ils forment un joli panel de gentils truands avec la chef de bande Marcus/Guinness sorte de professeur fou et cerveau du braquage, Louis/Lom le pro légèrement psycho-rigide, le Major/Parker vétéran mais un peu dépassé, monsieur Lawson/Green doux géant et le discret Harry/Sellers. Ils organisent tranquillement leur braquage en faisant croire à leur hôtesse qu'ils sont des musiciens professionnels ce qui amènent à quelques quiproquos savoureux. Mais le film prend réellement son envol après le vol, où comment les cinq hommes vont comprendre que madame Wilberforce/Johnson est en fait une empêcheuse de tourner en rond à l'insu de son plein gré, qui parasite leur plan sans sans rendre compte et au final le groupe devient cinq grands garçons soudain désarçonnés par l'honnêteté et la gentillesse de la dame. Leur professionnalisme les pousse alors à passer de simple voleurs à tueurs de dames, mais voilà une frontière pas si simple à franchir. Le scénario est inventif, dans un rythme pas soutenu mais dans une bonne régularité, avec des rebondissements entre maladresses et hésitations. On aurait aimé un peu plus de gags, plus de joutes verbales, un peu plus de tout mais ça reste un monument de la british comedy des années 50 qu'il faut voir et conseiller.

Note :                 

14/20