Je danserai si je veux

Par Crazyduck @Crazy_Critics

© Ayten Amin / 2B Films


Copyright Yaniv Berman / Paname Distribution


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Pourquoi voir Je danserai si je veux ?
Née le 19 novembre 1982 à Budapest, en Hongrie, dans une famille arabe palestinienne originaire d’Umm al-Fahm en Israël, Maysaloun Hamoud est une réalisatrice et scénariste palestinienne citoyenne d’Israël, elle grandit en Israël, dans un environnement marqué par les tensions politiques et sociales du pays, un contexte qui influencera fortement son travail artistique.
Maysaloun Hamoud étudie l’histoire du Moyen-Orient à l’Hebrew University of Jerusalem (Université hébraïque de Jérusalem), après ses études, elle a travaillé comme professeure pendant un certain temps avant de s'orienter vers le cinéma.
Elle étudie le cinéma à la Minshar School of Art à Tel Aviv, où elle se forme à la réalisation et à l’écriture, pendant ses études, elle réalise plusieurs courts métrages, souvent centrés sur des personnages féminins et sur les contradictions entre tradition, modernité et identité dans la société israélo-palestinienne.
En 2010, Maysaloun Hamoud réalise Sense of Morning, un court métrage inspiré de l'ouvrage Une mémoire pour l’oubli (Memory of Forgetfulness) du poète et auteur palestinien Mahmoud Darwich, publié en 1987.
Maysaloun Hamoud se fait connaître à l'international avec son premier long métrage, Je danserai si je veux (Bar Bahar), présenté dans de nombreux festivals, le film reçoit plusieurs récompenses et suscite aussi des controverses dans certaines communautés conservatrices pour sa représentation très libre de la vie de jeunes femmes arabes, cette réception contrastée contribue à faire de Maysaloun Hamoud une voix importante du cinéma engagé contemporain en Israël.
Je danserai si je veux suit trois jeunes femmes palestiniennes vivant à Tel Aviv, elles partagent un appartement et tentent de concilier leur désir de liberté avec les traditions et les pressions sociales de leur communauté, Laila, brillante avocate, mène une vie nocturne libre et indépendante, Salma, DJ, cache son homosexualité à sa famille conservatrice et Nour, étudiante très religieuse, arrive de sa ville traditionnelle pour poursuivre ses études.
Au fil de leur cohabitation, leurs différences apparaissent mais une solidarité forte se crée entre elles, ensemble, elles affrontent le conflit entre modernité et traditions, les attentes familiales et les contraintes imposées aux femmes dans leur société.
Le cinéma israélien explore très souvent les fractures de la société, dans Je danserai si je veux, la cinéaste choisit de faire de même en explorant le quotidien de trois jeunes femmes arabes vivant à Tel Aviv, Layla, Salma et Nour partagent un appartement et une situation commune, elles vivent entre deux mondes, celui de la grande ville, un monde où on sort, on boit, on danse, on respire en somme, et celui de leurs familles et de leur communauté, un monde plus prosaïque.
La réalisatrice filme ses personnages avec une énergie communicative, la caméra déambule dans l’appartement de Salma Nour, Salma et Layla, les bars, les rues nocturnes animées de Tel-Avive, et capte ainsi une complicité très crédible entre les trois jeunes femmes, on a plus l'impression de regarder des vies plutôt que des personnages.
Tel-Aviv est ici un espace de respiration, un espace où les femmes rient, boivent, dansent, des gestes qui peuvent paraitres simples mais qui deviennent presque subversifs dans le contexte du film.
Maysaloun Hamoud ne se contente pas de filmer les nuits nocturnes de Tel Aviv, elle filme également les différentes vies de la société israélienne, l’arrivée de Nournfait progressivement basculer l’équilibre du trio, Layla et Salma ont déjà adopté une forme de rébellion plus ou moins assumée, Nour reste encore prise dans les règles de son environnement, c'est ce tiraillement qui va devenir le moteur dramatique du récit.
Mais ce lieu d'évasion n'est pas éternel, la réalité sociale reprend ses droits, les familles, les fiancés, les traditions et la violence s’invitent dans la vie des héroïnes, on voit ici que la liberté n'est pas forcement acquise à tout jamais, elle est fragile, précaire, toujours menacée.
La réussite du film repose en grande partie sur son trio d’actrices, Mouna Hawa (Fauda, Entre le paradis et la terre), Sana Jammelieh (Nowhere) et Shaden Kanboura (A House in Jerusalem, East Side), les trois actrices donnent à leurs personnages une véritable existence, Layla incarne l’insoumission flamboyante, Salma la fragilité cachée derrière l’ironie, tandis que Nour est déchirée entre deux mondes.
Je danserai si je veux parle de liberté, de condition féminine mais également dresse le portrait d’une jeunesse coincée entre deux mondes, tradition et modernité, communauté et individualisme, loyauté et désir d’émancipation, un premier long métrage ambition dans son propos et parfaitement réalisé dans sa forme.

Un vent de liberté

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Synopsis :


Layla, Salma et Nour partagent un appartement et tentent de concilier leur désir de liberté avec les traditions et les pressions sociales de leur communauté.

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Anecdotes :


Je danserai si je veux est principalement tourné en arabe, mais l’équipe du film parlait surtout en hébreu, ce qui a contraint Mahmud Shalaby à passer constamment d’une langue à l’autre.

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Plusieurs scènes de fête ont été tournées dans de vrais bars de Tel-Aviv, avec parfois de vrais clients présents dans le décor.

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Je danserai si je veux est produit par Shlomi Elkabetz, réalisateur, scénariste et producteur israélien, également frère de la regrettée Ronit Elkabetz.

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La musique du film est composée par M.G. Saad.

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