Réalisateur entre autre des films "Shirley Adams" (2009), "La Rivière sans Fin" (2015) ou "Vivre" (2022), sud-africain Olivier Hermanus revient avec un projet qu'il a commencé à écrire dès la période Covid, mais à distance avec son co-auteur Ben Shattuck qui se trouvait aux Etats-Unis en en parallèle avec son film "Vivre" : "D'un côté, je collaborais avec un écrivain célèbre qui travaillait avec assurance, mais aussi une dose d'inquiétude, parce qu'il s'agissait d'un remake d'un film d'Akira Kurosawa (1952), et de l'autre, avec un auteur dont c'était le tout premier scénario." L'histoire se déroule sur plusieurs années, sur une amitié "virile" au destin bousculé par les événements et les convenances d'une autre époque... Lionel, jeune chanteur de folk qui a grandit avec les chansons typiques de son Kentucky natal quitte la ferme familiale pour intégrer le Conservatoire de Boston où il rencontre David. Alors qu'ils deviennent inséparables leur relation s'interromps brutalement quand David est mobilisé en 1917. Ils se retrouvent à l'hiver 1920, les deux amis décident de sillonner les recoins isolés du Maine pour collecter et préserver les chants folkloriques menacés d'oubli. Les années passent, Lionel devient une référence dans son domaine et parcourt le monde, mais les souvenirs avec David le hantent toujours jusqu'au jour où une trace de leur oeuvre commune ressurgit...
Lionel est incarné par Paul Mescal en pleine reconnaissance mondiale après "Carmen" (2023) de Benjamin Millepied, et surtout "Gladiator II" (2024) de Ridley Scott et "Hamnet" (2026) de Chloé Zhao, tandis que David est joué par Josh O'Connor lui aussi en plein essor après "Challengers" (2024) de Luca Guadagnino, "Wake Up Dead Man" (2025) de Rian Johnson et "The Mastermind" (2026) de Kelly Reichardt. Citons ensuite Molly Price apparue dans "Accords et Désaccords" (1999) de Woody Allen, "Comment Savoir" (2010) de James L. Brooks ou "Roofman" (2025) de Derek Cianfrance, Raphael Sbarge aperçu dans Pearl Harbor" (2001) de Michael Bay ou "L'Exorciste : Devotion" (2023) de David Gordon Green, Chris Cooper vu dans "American Beauty" (1999) et "Jarhead" (2005) tous deux de Sam Mendes et retrouve après "Les Filles du Docteur March" (2019) de Greta Gerwig sa partenaire Hadley Robinson vue dans "Moxie" (2021) de Amy Poehler, "The Pale Blue Eye" (2022) de Scott Cooper ou "Tout Sauf Moi" (2024) de Will Gluck, puis Emily Bergl apparu dans "Fur" (2006) de Steven Shainberg ou "Blue Jasmine" (2013) de Woody Allen... Précisons que les deux acteurs principaux chantent et assument eux-mêmes les partitions chantées du film... Les premières minutes du film sont magnifiques, décors et costumes sublimes, reconstitution d'époque soignée, la photographie est tout aussi remarquable et en prime une rencontre entre Lionel/Mescal et David/O'Connor assez magique. Pour résumer, la première partie est une vraie pépite, on pense forcément au film "Le Secret de Brokeback Mountain" (2005) de Ang Lee bien aidé par la tente et l'esprit "provincial", avec surtout une partie musicale et onirique essentielle.
L'homosexualité, 14-18, puis la collecte des ces chants folkloriques qui permet de partir à la rencontre les petites gens qui semblent les oubliés de l'essor américain crée un récit touchant et mélancolique. Malheureusement, alors qu'on s'attend à un mélo dense qui doit se faire fresque historique intimiste se perd en cours de route, on finit pas constater que tout ce qui est mis en place dans la première partie ne va jamais être traité ou exploité à fond. Après une césure un des personnages disparaît plus ou moins, la liaison devient si futile qu'on se dit qu'un amour platonique aurait sans doute eu plus de poids émotionnel finalement, les souffrances post-traumatiques sont expédiées en quelques secondes, et surtout la partie musicale n'est pas centrale, mais juste un paramètre parmi d'autres. Quel dommage... On reste donc sur notre faim, les promesses ne sont pas tenues et ce dès le titre. La note reste correcte, la première partie reste très réussie, et quelques moments de grâce valent le détour. Une des premières grandes déceptions de l'année.
Note :
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