Connu pour ces films "Rien sur Robert" (1999), "Le Grand Alibi" (2008), "Cherchez Hortense" (2012) ou "Le Tableau Volé" (2024), Pascal Bonitzer revient avec un personnage de roman archi connu et déjà maintes fois portés à l'écran, à savoir le commissaire Maigret incarné souvent par des grands acteurs de Pierre Renoir à Gino Cervi en passant par Charles Laughton, Harry Baur, Michel Simon ou Jean Gabin, tandis que la dernière apparition du policier sur grand écran est assez récente avec "Maigret" (2022) de Patrice Leconte incarné par Gérard Depardieu. Le réalisateur-scénariste a porté son choix sur le roman "Maigret et les Vieillards" (1960) de Michel Simenon : "Simenon a écrit ce texte en sortant d'une crise personnelle, au milieu de sa vie. Il a mentionné cette crise dans des carnets. Il semble que l'écriture du livre l'a aidé à exorciser cette question de l'âge, question qui se pose à moi aussi par la force des choses. Les personnages de cette histoire sont âgés, et cependant pleins d'énergie. Le thème est aussi celui d'une vitalité paradoxale."... Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d'Orsay. Un ancien ambassadeur renommé a été assassiné. Maigret découvre qu'il entretenait une correspondance amoureuse depuis plus de cinquante ans avec la Princesse de Vuynes dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant à la famille et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise...
Le commissaire Maigret est cette fois-ci incarné par Denis Podalydès vu récemment dans "Le Répondeur" (2025) de Fabienne Godet et "Rembrandt" (2025) de Pierre Schoeller, tandis que son épouse est interprétée par Irène Jacob vue dans "Pourquoi la Guerre" (2024) de Amos Gitaï et "Vie Privée" (2025) de Rebecca Zlotowski. Citons ensuite Anne Alvaro vue dernièrement dans "Une Zone à Défendre" (2024) de Romain Cogitore et "Boléro" (2024) de Anne Fontaine, Manuel Guillot vu dans "Les Goûts et les Couleurs" (2022) de Michel Leclerc ou "Le Deuxième Acte" (2024) de Quentin Dupieux, Micha Lescot particulièrement prolifique ces derniers mois avec "Je le Jure" (2025) de Samuel Théïs, "La Femme la plus Riche du Monde" (2025) de Thierry Klifa, "L'Inconnu de la Grande Arche" (2025) de Stephane Demoustier et "Furcy, Né Libre" (2026) de Abd Al Malik, Julia Faure vue dans "Et Plus si Affinités" (2024) de Olivier Ducray et Wilfried Meance et "Le Parfum du Bonheur" (2025) de Baya Kasmi, Olivier Rabourdin vu dans "Animal Totem" (2025) de Benoît Delépine et qui retrouve son réalisateur après "Le Tableau Volé" (2024) à l'instar de Matthieu Lucci vu dans "Rapaces" (2025) de Peter Dourountzis et "L'Engloutie" (2025) de Louise Hémon, Laurent Poitrenaud vu dans "Iris et les Hommes" (2023) de Caroline Vignal et "Le Processus de Paix" (2023) de Ilan Klipper après lequel il retrouve Cyril Gueï vu plus récemment dans "Rendez-Vous avec Pol Pot" (2024) de Rithy Panh avec Irène Jacob, Dominique Reymond vue dans "Chien de la Casse" (2023) de Jean-Baptiste Durand et "L'Amour et les Forêts" (2023) de Valérie Donzelli, Noël Simsolo auteur prolifique notamment sur de nombreuses biographies de cinéma et apparu plusieurs fois au cinéma dont "La maman et la Putain" (1973) de Jean Eustache ou "L'Enfer" (1994) de Claude Chabrol, puis enfin Hugues Quester apparue dans "L'Adolescente" (1978) de Jeanne Moreau ou "Trois Couleurs : Bleu" (1992) de Krzysztof Kieslowski... Bien que le roman soit de 1960, Bonitzer a choisi plutôt judicieusement de transposer l'histoire à aujourd'hui tout en gardant ce milieu très conservateur de la droite catho du 7ème parisien. Le contraste socio-contemporain est d'autant plus savoureux d'autant plus que c'est via Maigret lui-même que deux mondes se fait face ; non pas la haute bourgeoisie ou l'aristocratie face au monde d'en-bas mais le monde d'avant, conservateur, voir réac, sans évolution, face à la modernité et à l'évolution avec un Maigret à la pipe (qui la fume encore en 2025 ?!), qui n'a pas de smartphone, qui entre encore chez lui avec maman qui a tout préparé... etc...
Le soucis est que Pascal Bonitzer aurait dû et pu justement amplifier ce parallèle avec une mise en scène plus ambitieuse, avec plus de rythme ou de décalage entre le fond et la forme. Malheureusement il reste dans un cinéma suranné, dans un style Chabrol du pauvre presque anachronique. D'autant plus râté que le réalisateur aurait demandé à sa chef monteuse de "privilégié les coupes franches, les changements soudains" pour créer un récit nerveux et dynamique, maison ne décèle rien de tout cela, en fait on a la sensation d'être dans un téléfilm de luxe sans envie de cinéma. Finalement on se repose sur Simenon, ses personnages croqués d'un monde en désuétude et surtout magnifiquement interprétés par des acteurs d'exception, dont la plupart sont des habitués du théâtre ce qui n'a pas dû trop les dépayser des planches finalement. Sur l'intrigue elle-même, on devine trop les choses, d'abord et avant tout parce qu'il y a trop peu de personnages et que donc on fait vite le tour. Note indulgente pour les acteurs
Note :