Marty Supreme (2026) de Josh Safdie

Premier long métrage de Joshua Safdie après avoir réalisé en duo avec son frère Bennie plusieurs films dont "Lenny and the Kids" (2009), "Good Time" (2017) ou "Uncut Gems" (2019). D'ailleurs il fait suite au premier long de son frère "The Smashing Machine" (2025) un biopic sportif produit par la même société de production A24, société déjà derrière récemment de "Eddington" (2025) de Ari Aster ou "Substitution : Bring her Back" (2025) des frères Phlippou. L'idée du film est venu au réalisateur après que sa femme lui ait montré un livre écrit par le pongiste Marty Reisman (Tout savoir ICI !), première grande vedette du tennis de table dans les années 40-50 à une époque où ce sport était encore balbutiant en Occident. Réalisateur-scénariste Josh Safdie co-écrit la scénario avec Ronald Bronstein qui avait joué le rôle principal de "Lenny and the Kids" (2009), mais surtout monteur attitré des frangins sur tous leurs films jusqu'à celui-ci. Précisons que ce film n'est pas un biopic, mais inspiré de loin par la personnalité de Marty Reisman, il s'agit bel et bien de fiction. Le film a reçu autre-Atlantique un très bon accueil au point où l'acteur principal, qui est aussi co-producteur avec les réalisateur et scénaristes, a déjà reçu le Golden Globe du meilleur acteur, tandis que le film est un des favoris aux Oscars avec pas moins de 9 nominations. Le film dure près de 2h30, et est interdit en salles aux Etats-Unis au moins de 17 ans non accompagné mais sera sans aucun doute tous publics en France... Marty Mauser est un jeune homme qui n'a qu'une ambition, celui de devenir le plus grand champion de tennis de table. Le soucis est qu'en 1952 ce sport est quasi inconnu aux Etats-Unis, trouver des sponsors s'avère compliqué mais il est près à tout pour assouvir son rêve surtout qu'il est sûr de son talent... 

Le rôle titre est donc incarné par Timothée Chalamet star de la saga "Dune" (2021-...) de Denis Villeneuve et vu entre temps dans "Bones and All" (2022) de Luca Guadaghino, "Wonka" (2023) de Paul King ou "Un Parfait Inconnu" (2024) de James Mangold. Citons ensuite les belles avec Odessa A'Zion vue dans "Hellraiser" (2022) de David Bruckner, "Until Dawn : la Mort sans Fin" (2025) de David F. Sandberg et "La Place du Mort" (2025) de Nick Rowland, Gwyneth Paltrow star de "Seven" (1995) de David Fincher, "L'Amour Extra-Large" (2001) des frères Farrelly ou "Two Lovers" (2008) de James Gray et qu'on n'avait plus vu depuis l'ultime apparition de son rôle de Ppepper Potts dans "Avengers : Endgame" (2019) des frères Russo, Sandra Bernhard apparue dans "La Valse des Pantins" (1983) de Martin Scorcese ou "Hudson Hawk, Gentleman et Cambrioleurs" (1991) de Michael Lehmann, puis n'oublions pas la maman du pongiste jouée par Fran Drescher surtout connue comme l'éternelle "Une Nounou d'Enfer" (1993-1999). Citons encore le rappeur Tyler Okonma surtout aperçu dans des séries TV comme "Workaholics" (2011) ou "Kidding" (2020), Emory Cohen vu dans "Detour" (2016) de Christopher Smith, "The Bikeriders" (2023) de Jeff Nichols ou "Roofman" (2025) de Derek Cianfrance, Géza Röhrig  vu dans "Le Fils de Saul" (2015) de Laszlo Nemes ou "Resistance" (2019) de Jonathan Jakubowicz, Hailey Gates qui retrouve Josh Safdie après "Uncut Gems" (2019) et vue dans "Challengers" (2024) de Luca Guadagnino, Fred Hechinger vu récemment dans "Gladiator II" (2025) de Ridley Scott ou "Kraven the Hunter" (2024) de J.C. Chandor, puis au casting on remarque des "invités" comme Kevin O'Leary homme d'affaire canadien dans son premier rôle outre quelques caméos télé, Pico Lyer essayiste connu pour son livre "Les Chemins du Dalaï-Lama" (2008), puis David Mamet surtout connu comme réalisateur de "La Prisonnière Espagnole" (1997) et "L'Honneur de Winslow" (1999), puis Abel Ferrara réalisateur de "Bad Lieutenant" (1992) ou "Nos Funérailles" (1996), puis enfin les caméos vocaux du scénariste Ronald Bronstein, et de l'acteur Robert Pattinson qui jouait dans "Good Time" (2017)... Rappelons-le et insistons, le film n'est pas un biopic, le film reprend juste l'idée d'un pongiste précurseur dans son pays, un showman dans son domaine mais en résumé la similarité s'arrête-là ! On pourrait même dire que ce Marty Mauser est l'anti-thèse de Marty Reisman, car là où le bât blesse d'entrée est que ce Marty Mauser s'avère vite un jeune homme aussi rêveur qu'égoïste, prêt à tout pour assouvir son ambition tel un parasite. Bref que d'antipathie pour cet énergumène malgré toute la complaisance du film à son égard. Pourtant, au vu du sujet et du propos général soit le parcours du combattant pour le rêve d'une vie, il aurait fallu un peu plus de failles, plus d'empathie pour qu'on s'attache un peu plus à ce monstre d'égoïsme qui vampirise tout ce qu'il touche ou tous ceux qu'il croise, tout en acceptant l'humiliation et l'indignité s'il le faut, ainsi le toute fin semble une pirouette pour nous soudoyer le coeur.

Dommage... Car la réalisation est prenante, flamboyante même, la caméra est toujours en mouvement, le récit est au diapason de son "héros", toujours en ébullition, dans une énergie communicative. L'autre paramètre qui pourrait être surprenant, est de traiter l'univers du ping-pong dans l'Amérique des années 50 comme un milieu interlope à l'image de la boxe (tant de films...), le poker (que de films...) ou du billard (éternel "L'Arnaqueur" en 1961 de Robert Rossen). Dixit le réalisateur, il semble en effet que le monde du ping-pong à l'époque était une sorte de sous-culture clandestine et marginale. Cette partie n'est pas anodine même si elle est sous-exploitée malheureusement, remplacée par une histoire de chien qui serait bien inepte ou du moins superflue s'il n'y avait pas un savoureux Abel Ferrara. Il y a évidemment les parties de tennis de table, merveilleusement filmée, impressionnante de maîtrise à se demande comment ils ont fait pour rendre crédible un tel niveau. On sort donc du film un peu mitigé, un scénario qui part sans doute un peu trop dans tous les sens avec un personnage principal trop tête à claque, mais on salue la performance de Timothée Chalamet et la mise en scène nous emporte aisément dans cette aventure singulière.

Note :   

Marty Supreme (2026) Josh SafdieMarty Supreme (2026) Josh Safdie

13/20