Ni chaud ni froid
Erige Sehiri, dans son second long métrage après le remarquer « Sous les figuiers », montre ici une nouvelle facette de son pays au travers l’histoire de trois femmes immigrées d’Afrique subsaharienne à Tunis. Au cœur de ce film choral, Marie est le pasteur d’une Eglise Evangélique à Tunis qui aide les migrants à subsister dans un pays qui les accueille mal. Ce film a le mérite d’élargir la focale sur l’immigration vu d’Europe et de bien montrer que les africains émigrent en premier lieu en Afrique même et dans des pays qui ne veulent pas d’eux. Dans cette réalité méconnue exposée ici ; on voie bien que cette quête d’un avenir meilleur se heurte violemment à un contexte xénophobe loin des principes des Droits de l’Homme où rafles, expulsions et condamnations se font sur de l’arbitraire et sans procès. Erige Sehiri montre aussi l’intolérance des croyances, car au racisme s’ajoute la difficulté de pratiquer un culte chrétien à Tunis en toute légalité. Son film est courageux et un beau témoignage sur un sujet brulant et méconnu porté par trois actrices habitées et lumineuses. Malgré toute cette bonne volonté, l’écriture de son scénario est très inégale, la mise en scène manque de tenue, la narration trop éclatée presque brouillonne permettent peu de cerner très distinctivement les enjeux et à donner une réelle épaisseur aux personnages. La dernière demi-heure plus limpide sauve un film trop souvent chaotique et tiède.
Vaut d’être vu pour le sujet qu’il traite plutôt que pour ses qualités narratives et de mise en scène.
Sorti en 2026
Ma note: 10/20