Aucun autre choix

Par Crazyduck @Crazy_Critics

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Copyright 2025 CJENM ARP


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Pourquoi voir Aucun autre choix ?
Réalisateur sud-coréen né en 1963 à Séoul, Park Chan-wook est connu pour son cinéma intense, stylisé et souvent dérangeant, il s’est fait connaître mondialement avec la trilogie de la vengeance, une trilogie qui contient Sympathy for Mr. Vengeance, Old Boy et Lady Vengeance, dans cette trilogie le cinéaste explore la violence, la morale, la culpabilité et le désir de revanche avec une mise en scène très visuelle.
Son style mêle beauté visuelle, humour noir, cruauté et émotions, il aime jouer avec les genres, on peut y côtoyer le thriller, le drame, la romance et même le film d’horreur, il traite des thèmes comme l’obsession, la sexualité, le pouvoir et la transgression, parmi ses autres films marquants figurent Thirst, Stoker, The Handmaiden et Decision to Leave.
Park Chan-wook est aujourd’hui considéré comme l’un des cinéastes asiatiques les plus influents et singuliers du cinéma contemporain, il revient sur grand écran en 2025 (en Corée du sud, 2026 en France) avec Aucun autre choix (어쩔수가없다), un film adapter du roman américain Le Couperet (The Ax) de Donald E. Westlake, un roman déjà adapté en France en 2005 par Costa-Gavras.
Le roman de Donald E. Westlake était destiné a être adapté par Park Chan-wook, tant le roman colle au cinéma du réalisateur sud-coréen, transposé en Corée du Sud contemporaine, Aucun autre choix bouscule les codes du thriller social en y ajoutant une dose de satire à la fois mordante et dérangeante.
Aucun autre choix est un véritable cocktail détonnant propre à Park Chan-wook, une violence stylisée, une intrigue très bien ficelée et un propos social fort, le tout enveloppé dans une comédie noire grinçante qui ne lâche jamais son spectateur.
Avec Aucun autre choix, Park Chan-wook s’attaque frontalement à une angoisse très contemporaine, celle de devenir inutile, le film ne s'attaque pas à cette angoisse dès le début,, d’abord il s'ouvre comme un drame social presque banal, avant de glisser au fur et à mesure vers une comédie noire férocement cinglante.
Dans Aucun autre choix on suit You Man-su (Lee Byung-hun), un cadre modèle qui travaille dans une usine de papier, du jour au lendemain il voit sa vie toute tracée s’effondrer lorsqu’il est brutalement licencié après 25 ans de service, aucunement préparé à ce changement de vie, il se retrouve en un instant sans statut social, sans projet, en proie à une peur grandissante, celle de ne plus redevenir comme avant.
Salarié qui a tout fait pour son entreprise, père de famille sans histoires, citoyen exemplaire, il se rend compte que la morale et le mérite ne pèsent pas bien lourd face à la toute puissante du capitalisme, une idée absurde mais au final radicale germe dans son esprit.
Au vu de la tournure de cette histoire, on aurait pu s'attendre à un drame social pur et dur, c'était sans compter sur le cinéma coréen et Park Chan-wook, ici on ne sombre pas dans un drame mélodramatique, bien au contraire, le papa de Old Boy transforme cette chute sociale en spirale grotesque où le personnage principal n'aura aucun autre choix que d’éliminer ses concurrents potentiels pour regagner son emploi, peu importe le prix à payer.
Park Chan-wook nous montre l’absurdité d’un monde où l’individu est réduit à sa fonction productive et non à ce qu'il est, il filme son métrage d'une manière chirurgicale, tout est propre, maîtrisé, millimétré, il joue constamment sur le décalage, le décalage entre la banalité du quotidien et la noirceur des actes de You Man-su, crée un humour noir assez jouissif.

Cette approche fonctionne bien, au début du moins, à force de répéter le même schéma, le métrage perd un peu de sa force, dommage car Aucun autre choix est une satire sociale extrêmement lucide, le propos est plus que limpide, le travail définit tout, de la valeur d’un homme, en passant à sa dignité, jusqu'à sa place dans la société, Park Chan-wook tire à boulet rouge sur tout un système, un système absurde et brutal, où chacun devient l’ennemi potentiel de l’autre et où la déshumanisation tape à la porte.
Pour son adaptation du roman Le Couperet, Park Chan-wook fait appel à Lee Byung-hun, vingt cinq ans après Joint Security Area (JSA), acteur mondialement connu pour ses rôles dans A Bittersweet Life, J'ai rencontré le Diable et la série Squid Game, Lee Byung-hun est comme à son habitude irréprochable.
Il incarne un anti-héros moderne qui se transforme au fur et à mesure du récit, une transformation convaincante et terrifiante de cet homme qui est prêt à tout pour retrouver un semblant de normalité, à ses côtés, Park Hee-soon interprète un rival ambigu, un personnage à la fois charismatique et imprévisible ajoute une tension au métrage.
Le reste du casting est composé de Son Ye-jin, Lee Sung-min et Cha Seung-won, ils apportent de l’épaisseur aux victimes et complices de Man-su, bien que certains personnages restent un peu trop caricaturaux.
Aucun autre choix est un film intelligent, maîtrisé et profondément cynique sur la société, il frappe juste dans son observation du monde du travail, Aucun autre choix est également un film sur la peur, la peur de perdre sa place, son statut social, peur de devenir invisible, peur de ne plus servir à rien dans ce monde.
Avec Aucun autre choix, Park Chan-wook signe un thriller satirique qui analyse avec brio la société moderne, une société où l’individu n’existe que tant qu’il est utile, quand il ne l'est plus, il est mit au rebut.
Une œuvre qui fait réfléchir le spectateur sur notre société qui donne peu de valeur à l'abnégation des travailleurs, des travailleurs qui son considérés comme des pièces interchangeables.


Un Park Chan-wook incisif

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Synopsis :


You Man-su, cadre dévoué d’une usine de papier, voit sa vie s’effondrer lorsqu’il est brutalement licencié, incapable d’accepter la perte de son emploi, de son statut social et de tout ce qui fait sa stabilité, il se lance dans une stratégie désespérée pour retrouver une place et subvenir à sa famille.

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Anecdotes :