The Mastermind (2026) de Kelly Reichardt

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Après des films comme "Wendy et Lucy" (2008), "La Dernière Piste" (2010), "Certaines Femmes" (2016) ou "First Cow" (2019), la réalisatrice-scénariste Kelly Reichardt revient avec une histoire qui lui a été inspirée par un fait divers réel qui s'est déroulé un après-midi de mai 1972, quand des hommes armés ont volé deux Gauguin, un Rembrandt et un Picasso dans un musée du Massassuchetts : "J'ai lu un article sur le cinquantième anniversaire de ce cambriolage d'oeuvres d'art au Worcester Art Museum dans le Massassuchets, où des adolescents ont été embringuées dans le coup. L'idée m'a amusée et a germé en moi."... Massassuchets, 1970. Père de famille en quête d'un nouveau souffle, Mooney décide de se convertir dans le trafic d'oeuvres d'art. Avec deux complices, il s'introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler des oeuvres d'art s'avère compliqué. Désormais traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour... 

Mooney est incarné par Josh O'Connor vu dernièrement dans "Challengers" (2024) de Luca Guadagnino, "Le Son des Souvenirs" (2025) de Oliver Hermanus ou "Wake Up Dead Man" (2025) de Rian Johnson. Citons parmi ses proches Alana Haim révélation de "Licorice Pizza" (2021) et vue dans "Une Bataille après l'Autre" (2025) tous deux de Paul Thomas Anderson, Hope Davis vue dernièrement dans "Asteroid City" (2022) et "The Phoenician Scheme" (2025) tous deux de Wes Anderson et qui a joué dans "Joker" (2015) de Simon West celui lui fait un point commun à ne pas confondre avec "Joker" (2019) de Todd Phillips de son partenaire Bill Camp vu récemment dans "L'Etrangleur de Boston" (2023) de Matt Ruskin, "Sound of Freedom" (2023) de Alejandro Gomez Monteverde ou "Drive-Away Dolls" (2024) de Ethan Coen. Citons ensuite Gaby Hoffmann apparue dans "Tout le Monde dit I Love You" (1996) de Woody Allen ou "Wild" (2014) de Jean-Marc Vallée, John Magaro qui retrouve sa réalisatrice de "First Cow" (2019) et "Showing Up" (2022) et vu récemment dans "Materialist" (2025) de Celine Song et "Au Rythme de Vera" (2025) de Ido Fluk, Eli Gelb remarqué jeune dans "Les Berkman se séparent" (2005) de Noah Baumbach ou "Jewish Connection" (2010) de Kevin Asch,  Juan Carlos Hernandez vu dans "Top Cops" (2011) de Kevin Smith, "Le Casse de Central Park" (2010) de Brett Ratner ou "Le Souffle Coupé" (2022) de Amy Koppelman, puis Amanda Plummer vue dans "La Danseuse" (2016) de Stephanie Di Giusto ou "Night Raiders" (2021) de Danis Goulet... Le premier bon point est l'esthétique et le visuel, inspiré entre autre par les films des seventies dont surtout "Fat City" (1972) de John Huston et "L'Ami Américain" (1977) de Wim Wenders cités par la réalisatrice et son Directeur Photo, bon p choix donc pour le grain d'image, les couleurs et la reconstitution d'époque. L'immersion est parfaite pour un récit tiré d'un fait divers réel mais que la cinéaste traite avec sans doute plus de légèreté. Au départ l'organisation du cambriolage tient plus d'un coup foireux orchestré par des pieds nickelés qui pourrait vite faire croire à une comédie plus ou moins grinçante ou absurde. Mais en fait le film reste un drame sociétal que la réalisatrice met en perspective d'une époque avec un père de famille qui se retrouve en cavale avec en filigrane une société en pleine mutation (Nixon, guerre du Viêtnam...). 

Malheureusement, très vite on comprend que la réalisatrice ne semble pas vraiment où elle va, le rapport où les liens avec le contexte géo-politico-social reste bien en filigrane, c'est-à-dire sous-exploité voir pas du tout. Tandis que le côté "polar" avec la fuite en avant est balisé, sans intérêt majeur autre qu'on sait qu'on attend sa capture. La cavale est sans enjeu, sans rencontre ou rebondissements intéressants, on se met à attendre sagement la chute. D'ailleurs on en vient à s'interroger sur le titre, en V.F. signifiant  le Cerveau (?!). Dans un sens dans la trame générale on pense un peu au récent "Roofman" (2025) de Derek Cianfrance dans un genre plus auteuriste. Kelly Reichardt signe un film qui ne prend jamais son envol, un personnage principal dont les motivations restent floues ou si banales, dans un scénario un peu vain pour constater surtout que ce Mooney/O'Connor ne valait assurément pas un film.

Note :                 

11/20