Réalisateur déjà connu grâce surtout au succès de "Bullitt" (1968) et aussi de "La Guerre de Murphy" (1971), Peter Yates revient au polar avec ce projet adapté du roman éponyme (1970) de George V. Higgins, auteur qui sera à nouveau adapté des années plus tard avec un autre roman pour l'excellent "Coglan : Killing them Softly" (2012) de Andrew Dominik. Le scénario est écrit par Paul Monash qui a écrit entre autre pour les films "Opération Manhunt" (1954) de Jack Alexander, "Le Perceur de Coffres" (1958) de Ray Milland ou "Tueurs Syndiqués" (1961) de Joseph M. Newman mais devenu producteur ensuite avec "Butch Cassidy et Le Kid" (1969) de George Roy Hill entre autre, et qui sera derrière quelques grands succès comme "Carrie au Bal du Diable" (1976) de Brian De Palma ou "Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin" (1986) de John Carpenter... Eddi Coyle, vieux malfrats sur le retour vit de petits trafics d'armes et de contrebande. Pour échapper à une nouvelle condamnation qui l'éloignerait à jamais de sa famille il accepte de devenir indic pour une ou deux affaires pour un agent du FBI. Mais le filon est trop beau et il comprend qu'indic n'est pas un job qu'on peut quitter aussi facilement. Vu grâce au coffret DVD/BluRay de chez RIMINI Editions...
Le rôle titre est incarné par le monstre sacré Robert Mitchum, star de grands classiques comme "Rivière sans Retour" (1954) de Otto Preminger, "La Nuit du Chasseur" (1955) de Charles Laughton, "Les Nerfs à Vif" (1962) de Jack Lee Thompson ou "La Fille de Ryan" (1970) de David Lean, et retrouvera après dans "Yakyza" (1974) de Sydney Pollack l'acteur Richard Jordan remarqué dans "L'Homme de la Loi" (1971) et "Les Collines de la Terreur" (1972) tous deux de Michael Winner, et retrouvera encore dans "La Bataille de Midway" (1976) de Jack Smight l'acteur Mitch Ryan vu dans "Monte Walsh" (1970) de William A. Fraker et "L'Homme des Hautes Plaines" (1973) de et avec Clint Eastwood. Citons ensuite Peter Boyle vu auparavant dans "The Group" (1966) de Sidney Lumet ou "Votez McKay" (1972) de Michael Ritchie, Steven Keats vu ensuite dans "Un Justicier dans la Ville" (1974) de Michael Winner ou "Black Sunday" (1977) de John Frankenheimer, Alex Rocco aperçu dans "L'Affaire Al Capone" (1967) de Roger Corman ou "Le Parrain" (1972) de Francis Ford Coppola, Helena Carroll aperçue plus tard dans "Le Fantôme de Milburn" (1981) de John Irvin ou "Gens de Dublin" (1987) de John Huston, Joe Santos remarqué dans "Panique à Needle Park" (1971) de Jerry Schatzberg, Matthew Cowles vu plus tard dans "La Castagne" (1977) et "Le Monde selon Garp" (1982) tous deux de George Roy Hill, puis Jack Kehoe vu la même année dans "L'Arnaque" (1973) de George Roy Hill ou plus tard dans "Chute Libre" (1993) de Joel Schumacher ou "The Game" (1997) de David Fincher... Si on comprend vite les tenants et aboutissants, le scénario paraît classique mais la construction narrative est maline et sème un léger trouble quant à l'importance des protagonistes. En effet, surtout dans la première partie, les scènes et les personnages semblent déconnectés des un des autres. Ainsi, on est des agents du FBI qui semblent parfois plus gangsters que forces de l'ordre, un gang de braqueurs, et un Eddie Coyle qui joue au dur, au vieux de la vieille à qui on la fait pas sauf quand il doit baisser son pantalon en tant qu'indic coincé.
Mais petit à petit ces différentes parties et différents protagonistes se rattachent au fil du récit. La vraie surprise repose néanmoins sur Robert Mitchum... ATTENTION SPOILERS !... On aura rarement vu la star aussi vulnérable, en simple père de famille, dur illusoire qui se repose sans doute sur son passé lointain, qui devient un indic piégé de façon bien naïve et surtout qui termine le film dans une situation quasi inédite pour l'acteur... FIN SPOILERS !... L'acteur est en complet contre-emploi qui offre le bon twist, malin et inattendu. Le réalisateur signe une mise en scène immersive, réaliste, très seventies dans la volonté de ne pas être trop complaisant avec les criminels ni d'ailleurs avec les agents des forces de l'ordre. Le scénario reste judicieux, prenant, avec de bons dialogues mais on aurait aimé beaucoup plus de tension. C'est là le plus gros bémol. Peter Yates signe donc un polars solide avec un atout non négligeable sur le rapport EddieCoyle-Robert Mitchum. Un très bon polar à conseiller.
Note :
Merci à notre partenaireRIMINI Editions, et bravo pour leur coffret DVD/BluRay de toute beauté, haute qualité image/son avec des bonus collector passionnant, donc une interview de Peter Yates, un documentaire de 50mn et accompagné d'un livret tout aussi enrichissant. A conseiller fortement !