Réalisée par l'incroyable Valérie Donzelli (que j'ai vue au Poitiers Film Festival en 2019), A Pied d'oeuvre raconte l'histoire d'un ex-photographe reconverti en écrivain précaire vivant une descente aux enfers à la suite de romans qui n'attirent aucun public. Il se voit donc obligé d'accepter des petits boulots via une application de travail.
A travers ce film, la réalisatrice dénonce l'ubérisation de l'homme moderne en la personne de ce romancien raté. Parsemé d'une référence constante à François Truffaut (L'homme qui aimait les femmes), où la metteur en scène filme les chaussures des femmes et des hommes du point de vue de l'écrivain enfermé dans l'entresol d'un studio ; elle semble ainsi montrer les tréfonds de ce type en quête de reconnaissance.
Bastien Bouillon, dont je suis le travail depuis Partir Un Jour, joue de façon extraordinaire ce bourgeois intello certi de petites lunettes et d'une boucle d'oreille. Le film réussit le tour de force d'allier deux univers a priori disparates : l'intellectuel en la personne de l'écrivaillon et le manuel (avec cette appli de travail où il décroche des jobs à 20 euros les 3 heures).
En bref, ce long-métrage rappelle le tout premier de Valérie Donzelli qui se voit baby-sitter (la réalisatice joue le rôle comme à l'habitude dans ses films) sans toit et sans travail, et de facto au bord du suicide. A pied d'oeuvre n'est donc pas ce film misérabiliste, mais davantage fantaisiste presque drôle suivant cet homme à tout faire.
Très bon long.