A Pied d'Oeuvre (2026) de Valérie Donzelli

7ème long métrage de fiction pour Valérie Donzelli depuis "La Reine des Pommes" (2009) et de retour après "L'Amour et les Forêts" (2023). Ce nouveau projet est l'adaptation du roman éponyme (2023) de Franck Courtès qui y raconte sa propre histoire, photographe qui quitte son travail pour l'écriture : "Quand j'ai lu ce livre, je me suis même totalement identifiée. Mon père venait de mourir, j'ai repensé à notre histoire familiale. Mon grand-père et mon arrière-grand-père paternels étaient peintres et sculpteurs. Ils ont vécu dans une extrême pauvreté, ne vivant que de leur art, et mon père en a beaucoup souffert. Raison pour laquelle il a fait des études de droit alors qu'il dessinait extrêmement bien : pour que ce truc d'artistes ne puisse plus se reproduire. Lorsque j'ai décidé d'être actrice, il a peu peur et m'a donc aussitôt mise en garde : tu vas finir clocharde ! Et ça m'a fait peur ! Mais je ne me suis pas découragée, j'ai tracé ma route, atypique au départ, et je suis assez fière de mon parcours." Réalisatrice-scénariste elle retrouve après leur collaboration sur ses films "Main dans la Main" (2011) et "Marguerite et Julien" (2015) son co-scénariste Gilles Marchand, notamment scénariste fidèle de Dominik Moll depuis "Harry un Ami qui vous veut du Bien" (2000) jusqu'u tout récent "Dossier 137" (2025) et également réalisateur de "Qui a tué Bambi ?" (2003), "L'Autre Monde" (2010) et "Dans la Forêt" (2016)...

Un photographe en vue décide de quitter son activité pour l'écriture. Mais il faut d'abord réussir à écrire, et achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, ni même être acheté, et être lu ou acheté ne veut pas dire être aimé, et être aimé ne veut pas dire avoir du succès, et avoir du succès n'augure aucune fortune... Le photographie écrivain est incarné par Bastien Bouillon vu tout récemment dans "L'Affaire Bojarski" (2026) de Jean-Paul Salomé qui retrouve sa réalisatrice-partenaire après "La Guerre est Déclarée" (2011), "Main dans la Main" (2012) et "Marguerite et Julien" (2015), mais aussi justement le co-scénariste après "Seules les Bêtes" (2019) et "La Nuit du 12" (2022) tous deux de Dominik Moll, il retrouve également après "L'Incroyable Femme des Neiges" (2025) de Sébastien Batbeder l'acteur-chanteur Philippe Katerine vu entre autre dans "Le Grand Bain" (2018) de Gilles Lellouche ou "Un Homme Heureux" (2023) de Tristan Séguéla et retrouve aussi sa réalisatrice après "Notre Dame" (2019) à l'instar de Virginie Ledoyen vue dernièrement dans "Le Mangeur d'Âmes" (2024) de Julien Maury et Alexandre Bustillo ou "Kaamelott : Deuxième Volet Partie 1" (2025) de et avec Alexandre Astier, elle était également dans "L'Amour et les Forêts" (2023) avec sa partenaire Marie Rivière actrice fidèle de Eric Rohmer vue plus récemment dans "Antoinette dans les Cévennes" (2020) de Caroline Vignal et "Reine Mère" (2025) de Manele Labidi, André Marcon vu dernièrement dans "La Femme la Plus Riche du Monde" (2025) de Thierry Klifa et "Furcy, Né Libre" (2026) de Abd Al Malik, puis enfin Valérie Donzelli elle-même qui apparaît dans tous ses films exception faîtes de "Marguerite et Julien" (2015) et "L'Amour et les Forêts" (2023), et vu chez d'autres comme récemment dans "Les Musiciens" (2025) de Grégory Magne et "Rapaces" (2025) de Peter Dourountzis... Voici un film biographique, donc a priori sur une histoire authentique, touchante et réaliste d'un photographe à succès qui décide d'abandonner son activité pour devenir un romancier à part entière. Le soucis est qu'on ne comprend pas du tout pourquoi il prend le risque de la précarité, voir de la pauvreté puisqu'il est tout à fait possible d'allier écriture et une profession comme le fond d'ailleurs la plupart des écrivains, on pense par exemple aux policiers qui écrivent sur leur expérience, où les professeurs d'Histoire qui écrivent sur leur période favorite... etc... ATTENTION SPOILERS !... surtout qu'il nous apprend qu'il gagnait entre 3000 et 8000 euros par mois en tant que photographe ! Donc bien au-dessus de la classe moyenne, il pouvait donc aisément ralentir le rythme qu'il gagnerait encore bien sa vie pour se laisser du temps pour écrire, d'autant plus qu'au final il prend bien du temps pour ses petits boulots mal payés... FIN SPOILERS !... Ainsi, on comprend sa femme qui le quitte, ses parents qui s'inquiètent tandis qu'il est difficile de croire à un choix aussi définitif et complètement stupide. En effet, il est un "faux pauvre" et c'est là que le film se prend un peu une balle dans le pied. Le bobo se fait mal pour tenter de trouver l'inspiration sans pour autant y avoir une réelle réflexion puisqu'elle ne vient que par un concours de circonstance et un sens aigü du pragmatisme.

On s'agace donc un peu d'un bobo qui se fait "faux pauvre", il y a un mélange d'opportunisme et d'hypocrisie puisqu'il a une sécurité  de par son père présent quoi qu'on en dise, de par sa réputation de photographe qu'il pourra aisément redevenir. On se raccroche alors à deux autres paramètres, d'abord à la performance de Bastien Bouillon impeccable en homme qui veut se croire aussi libre que rêveur, qui croit dur comme fer à son idéal de vie faussement "en danger", puis à son rapport aux autres acceptant l'inacceptable avec des travaux trop risibles pour être crédibles comme la scène de la pelouse, qui reste amusante par ailleurs. La réalisatrice opte pour un style très docu-fiction, avec de nombreuses subtilités entre ironie, dérision ou sarcasme ajoutées à des fantaisies musicales très sympa avec une B.O. très parlante. En fait le film aurait eu plus de poids, à tous les niveaux si le rêve de devenir écrivain était un rêve depuis toujours d'un homme qui n'a rien d'autre et donc rien à perdre à essayer, le fait que monsieur bobo s'invente une précarité apporte une gêne peu crédible. Dommage sinon in tenait là un petit bijou sur l'inspiration, l'art et nos aspirations. Un bon moment néanmoins à conseiller.

Note :                 

Pied d'Oeuvre (2026) Valérie DonzelliPied d'Oeuvre (2026) Valérie Donzelli

13/20