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Pourquoi voit The Assassin ?
Réalisateur de Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985) et de Millennium Mambo (2001), le cinéaste taiwanais Hou Hsiao-hsien s'intéresse au wu-xia pian (武俠片), un genre cinématographique propre au cinéma chinois qu'on peut qualifier de film de sabre chinois, des films où on peut généralement observer un héros chevaleresque, un ermite ou un marginal, un maître d’arts martiaux où bien une guerrière, souvent égale, voire supérieure, aux héros masculins.
Pour sa première incursion dans le film de sabre, Hou Hsiao-hsien ne va pas réaliser un film de sabre ordinaire, sorti en 2015 et récompensé du Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, The Assassin est une œuvre contemplative, une véritable expérience sensorielle qui prend son temps.
Dans The Assassin, le réalisateur Taiwanais nous plonge dans la chine du IXème siècle, Nie Yinniang (Shu Qi), une jeune femme élevée loin de chez elle après avoir été confiée à une nonne, est formée dans le plus grand secret aux arts martiaux et au métier d’assassin.
Elle reçoit la mission de retourner dans sa province natale pour assassiner son cousin Tian Ji’an (Chang Chen), devenu un gouverneur tyrannique, une histoire qui sert de toile de fond mais ce n’est pas réellement l’intrigue qui domine le film.
Côté interprétation, Hou Hsiao-hsien fait appel à Shu Qi, actrice taïwanaise qu'il retrouve après Millennium Mambo et Three Times, elle incarne ici, Nie Yinniang, un rôle où les mots sont rares mais l'actrice s'en sort à merveille, à la fois discrète et implacable, elle interprète une héroïne tiraillée entre devoir et émotion, pas de démonstration martiale, peu de dialogues, presque aucune émotion explicite, tout l'inverse de la la tradition du wu-xia pian.
À ses cotés on retrouve également Chang Chen, un acteut taiwanais prolifique qui est notamment apparu dans Happy Together de Wong Kar-wai, Souffle de Kim Ki-duk ou encore Dune de Denis Villeneuve, habitué aux rôles intenses chez Wong Kar-wai ou Tsai Ming-liang, il incarne ici Tian Ji’an, qui n’est pas un antagoniste traditionnel, il nous offre un jeu très sobre en parfaite adéquation avec son personnage.
Immédiatement, le spectateur est happé par l’esthétique du film, chaque plan du film est composé comme une peinture, à l'instar de l'affiche chinoise du film, la lumière enveloppe le spectateur et l'accompagne dans des paysages embrumés qui semblent tout droit sortis d'une légende chinoise.
La photographie de Mark Lee Ping-bing, à qui on doit ni plus ni moins que In the Mood for Love et Café Lumière, est tout simplement magnifique, ici la beauté visuelle n’est pas seulement une vocation décorative, mais sert entièrement le récit en transmettant toute l'émotion du film.
Visuellement très beau, The Assassin est un film qui prend son temps, Hou Hsiao-hsien construit son récit par une économie d'action effrénée, les scènes sont plus composées de silence et de contemplation plus que de combats épiques, les dialogues sont assez rares, Nie Yinniang, le personnage principal, prononce très peu de mots et l’essentiel se joue dans les regards, les silences et les gestes.
The Assassin est donc un film qui ne plaira donc pas à tout le monde de part son rythme et sa quasi absence d'action, le film de Hou Hsiao-hsien est un film de sabre, mais un film de sabre à la sauce Hou Hsiao-hsien, les rares séquences de combat sont brèves, souvent filmées à distance ou dissimulées par les décors, comme si le cinéaste refusait de se plier aux codes du genre, le spectateur s'attend à voir des combats virevoltants et des chorégraphies flamboyantes, ici, il n'y a rien de tout cela.
Dans The Assassin, les affrontement sont une sorte de danse silencieuse, un parti pris assumé qui en déboussolera plus d’un mais qui a le mérite de ne pas faire comme tout le monde, une vision différente du wu-xia pian, un wu-xia pian contemplatif, presque méditatif, qui demande de se laisser porter par l'histoire, certains y verront une sorte d'expérience méditative tandis que d'autres y verront un film lent à l'intrigue exigeante.
Quoi qu'il en soit, Hou Hsiao-hsien livre avec The Assassin, une œuvre qui se vit, une œuvre radicale qui s'éloigne des codes du genre pour offrir aux spectateurs une véritable expérience, une poésie visuelle qui se contemple comme une toile de maître, une proposition de cinéma qui ne plaira pas à tout le monde mais qui a le mérite de laisser une empreinte indélébile dans le genre du film de sabre chinois.
Une œuvre radicale

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Synopsis :
Dans la chine du IXème siècle, Nie Yinniang, une jeune femme élevée loin de chez elle après avoir été confiée à une nonne, est formée dans le plus grand secret aux arts martiaux et au métier d’assassin.
Elle reçoit la mission de retourner dans sa province natale pour assassiner son cousin Tian Ji’an, devenu un gouverneur tyrannique, une histoire qui sert de toile de fond mais ce n’est pas réellement l’intrigue qui domine le film.

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Anecdotes :
Le film est inspiré de la légende de Nie Yinniang (聶隱娘), la légende apparaît dans le recueil Chuanqi (傳奇), un ensemble de récits fantastiques de la dynastie Tang (VIIIème–IXème siècle), elle est attribuée à l’écrivain Pei Xing.

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Hou Hsiao-hsien voulait adapter cette légende chinoise depuis les années 1990, le projet a été repoussé pour plusieurs raisons, financements, écriture, santé du réalisateur.

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Le réalisateur a presque exclusivement tourné avec de la lumière naturelle.

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Hou Hsiao-hsien voulait que son film soit ressenti, pas compris, regardé lentement, pas consommé.

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