Avouons-le, après la période faste du Splendid (années 70-90), la petite période des Inconnus (90-2000), la désormais fameuse Bande à Fifi est la seule équipe digne de ce nom dans la comédie française en invitant d'ailleurs régulièrement et judicieusement les vétérans des groupes sus-cités dans leur univers. Ainsi, après une première apparition cinéma avec ses amis devant la caméra dans "L'Arnacoeur" (2010) de Pascal Chaumeil, et un premier long métrage co-écrit et joué en collectif dans "Paris à Tout Prix" (2013) de et avec Reem Kherici, Philippe Lacheau réunit une énième fois toute sa bande pour une nouvelle aventure pour son 7ème film en tant que réalisateur-scénariste depuis "Babysitting" (2014), et après "Alibi.Com 2" (2023), après lequel justement, une fois n'est pas coutume, on lui a proposé un projet dont il n'est pas à l'origine. En effet c'est Pathé qui lui a proposé de faire un nouveau film sur le Marsupilami, créature de bande-dessinée créée par Franquin en 1952 et que Pathé avait déjà porté sur grand écran avec "Sur la Piste du Marsupilami" (2012) de Alain Chabat avec Jamel Debbouze. Lacheau retrouve à l'écriture ses fidèles amis co-scénaristes Pierre Lacheau, Julien Arruti et Pierre Dudan, et après bien des réflexions font revenir Marsupilami en bébé et en invitant Jamel Debbouze ce qui, en reprenant son propre rôle d'origine, confirme que le film peut être considéré comme une suite au film de Alain Chabat tout en gardant son côté film unique comme le désirait Philippe Lacheau. En tous cas Pathé a confiance en la Bande à Fifi en injectant pas moins de 29 millions d'euros comme budget, ce qui reste raisonnable puisque le film de Chabat a coûté dix de plus il y a près de quinze ans... Pour sauver son emploi David accepte un travail singulier, qui est d'emblée étrange : ramener un mystérieux colis d'Amérique du Sud et surtout dont il doit prendre le plus grand soin sans avoir à ouvrir la boîte. Pour passer inaperçu, il voyage avec son fils Léo, son ex Tess avec qui il doit jouer le couple idéal, et son collègue Stephane, aussi benêt que maladroit dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Mais quand justement ce dernier ouvre la boîte accidentellement il découvre un bébé Marsupilami, et le voyage vire alors au cauchemar...
Le rôle principal de David est incarné par Philippe Lacheau qui retrouve donc la plupart des compagnons à l'affiche, une partie après une douzaine de films ensemble depuis "L'Arnacoeur" (2010), avec son co-scénariste Julien Arruti, Tarek Boudali lui-même passé derrière la caméra avec "Epouse-Moi mon Pote" (2017) et le dyptique "30 Jours Max" (2020-2023) qui réunissait également toute la bande, mais aussi les dames Elodie Fontan (madame Lacheau à la ville depuis 2015) dans la bande depuis "Babysitting 2" (2015) mais aussi remarquée dans la franchise "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?" (2014-2021) de Philippe de Chauveron, puis Reem Kherici (ex madame Lacheau entre 2004-2009) qui a retrouvé la bande plusieurs fois et aussi dans ses propres films "Paris à Tout Prix" (2013), suivi de "Jour J" (2017) et "Chien et Chat" (2024), tout ce petit monde retrouve d'autres habitués de l'univers Bande à Fifi avec Vincent Desagnat ici dans son 5ème film avec eux et qui a déjà aborder l'univers de Franquin sur grand écran avec "Les Aventures de Spirou et Fantasio" (2018) de Alexandre Coffre, Didier Bourdon ex-Inconnu régulier de la Bande depuis "Alibi.Com 2" (2017) et Gérard Jugnot ex-Splendid régulier depuis "Babysitting" (2014) ces deux stars de la comédie s'étant retrouvé ensemble dans "Nicky Larson et le Parfum de Cupidon" (2018) et "Alibi.Com 2" (2023), tandis que Jugnot retrouve après "Beur sur la Ville" (2011) de Djamel Bensalah l'humoriste Booder qui retrouve aussi Reem Kherici après "Neuilly sa Mère !" (2009) de Gabriel Julien-Laferrière. Citons ensuite évidemment Jamel Debbouze qui reprend donc son rôle de Pablito de "Sur la Piste du Marsupilami" (2012), vu récemment dans "Mercato" (2025) de Tristan Séguéla et retrouve après "Né Quelque Part" (2013) de Mohamed Hamidi l'humoriste Alban Ivanov surtout vu chez Varante Soudjian avec "Walter" (2019), "Inséparable" (2019), "La Traversée" (2022) et "Challenger" (2024), Romain Lancry remarqué dans le dyptique "Les Crevettes Pailletées" (2019-2022) de Cédric Le Gallo et Maxime Govare, Laurent Spielvogel grand second couteau de l'ombre vu entre autre dans "Le Monstre" (1994) de Roberto Begnini, "Une Affaire de Goût" (2000) de Bernard Rapp, "L'Un Reste, l'Autre Part" (2005) de Claude Berri ou "Minuit à Paris" (2011) de Woody Allen, Jean Reno en caméo de luxe pour une carrière en mode survival depuis des années désormais bien loin de son apobée bessonienne entre "Le Dernier Combat" (1983) et "Le Cinquième Elément" (1997), et enfin n'oublions pas le fils de David/Lacheau joué par le jeune Corentin Guillot remarqué dans "Avec ou Sans Enfant ?" (2025) de Elsa Blayau, tandis qu'on notera qu'un certain Franck Dubosc aura été coupé au montage... Après un prologue tout ce qu'il y a de plus banal, la mise en place de l'intrigue et des protagonistes est prometteuse avec les particularités de chacun et des premiers gags amusants. Très vite on constate que la volonté de la bande à Fifi de ne pas oublier les enfants font que les gags se font plus sages en général et dans une simplicité plus redondante malgré quelques gags sous la ceinture qui restent politiquement corrects. Ainsi, le film est certainement celui qui reste le moins drôle de la bande à Fifi, moins drôle qualitativement et quantitativement.
On pourrait être déçu, surtout pour les fans adultes de la bande, mais ça reste un film familial dans le sens premier du terme, ce film peut se voir avec les enfants les plus jeunes, ce qui n'est pas complètement le cas des précédents films de la bande. Comme à son habitude, le réalisateur-scénariste sème plusieurs clins d'oeil à de grands classiques de "E.T." (1982) de Steven Spielberg à "L'Âge de Glace" (2002) de Chris Wedge et Carlos Saldanha en passant par "Gremlins" (1984) de Joe Dante, "Les Goonies" (1985) de Richard Donner, "Le Grand Bleu" (1988) de Luc Besson ou "Titanic" (1997) de James Cameron... ATTENTION SPOILERS !... la course en vélo pour "E.T.", le jeu "je te vois je te vois pas" pour "L'Âge de Glace", la sortie du carton pour "Gremlins", la musique reprise de "Les Goonies", la musique de "Le Grand Bleu" où la scène du dessin pour "Titanic"... FIN SPOILERS !... Bon point concernant la Marsupilami, forcément trop mignon, et surtout un choix judicieux d'opter pour l'animatronique, manipulé donc physiquement et mécaniquement et ajusté ensuite par images de synthèse, ce qui permet un côté organique plus intéressant et plus réaliste. Le scénario suit un canevas classique, avec quelques gags réussis mais jamais hilarants, soit trop répétitifs soit trop gentillets, mais aussi un peu moins nombreux qu'à l'habitude. De bonnes séquences en prime avec quelques caméos sympas. Si on pense enfant et famille ça reste donc une chouette comédie, sinon on doit avouer qu'on reste un peu sur notre faim.
Note :