Co-production qataro-irako-américaine, ce film est un des rares films sous drapeau irakien, grâce à un cinéaste irakien devenu professeur de cinéma à l'Université de New-York, et qui a reçu plusieurs bourses avec son court métrage "Swimsuit" (2021) et notamment la bourse du Festival de Sundance qui lui a permis de se lancer dans son premier long métrage. L'idée de l'histoire est surtout tirée des souvenirs d'enfance du cinéaste et notamment de l'instituteur qui organise les tirages au sort. Réalisateur-scénariste, Hasan Hadi co écrit son scénario avec un américain de prestige, Eric Roth un des plus fameux scénariste de Hollywood qui a entre autre écrit pour les films "Forrest Gump" (1994) de Robert Zemeckis, "Révélations" (1999) de Michael Mann, "L'Etrange Histoire de Benjamin Button" (2008) de David Fincher, "Dune" (2020) de Denis Villeneuve ou "Killers of the Flower Moon" (2023) de Martin Scorcese. Le tournage a lieu en Irak, tandis qu'il a fallu soigner la reconstitution, l'histoire étant censée se dérouler dans les années 90 ; notons qu'on peut imaginer qu'il s'agit de 1991 au vu de l'intervention américaine, ou bien est-ce plutôt 2003 ?!...
Irak, 1991, Lamia 9 ans, est tirée au sort et se retrouve choisie pour préparer un gâteau d'anniversaire pour le Président Saddam Hussein. Malheureusement sa famille est trop pauvre pou l'aider, Lamai va devoir faire appel à son intelligence et son imagination pour pouvoir réunir les ingrédients nécessaires... Lamia est incarnée par la jeune Baneen Ahmad Nayyef pour son premier rôle, comme l'ensemble du casting qui réunit des acteurs non-professionnels, comme l'ami de Lamia joué par Sajad Mohamad Qasem, et citons encore Waheed Thabet Khreibat, Thaer Salem, Ali Khalaf, Fatima Abouharoon ou Rahim Alhaj qui est le seul un peu connu, artiste compositeur et joueur de l'instrument artisanal et folklorique le Oud... La première chose qui frappe c'est l'endroit où vit la petite Lamia avec sa grand mère, soit dans une cabane au sein d'une petite communauté installé sur un lac, un delta où un fleuve rappelant que l'Irak n'est pas uniquement un désert. Qui dit dictature dit culte de la personnalité, au point où les slogans à la gloire du dictateur sont obligatoires chaque jour sur les bancs de l'école, mais aussi les jeunes élèves sont mis à contribution à l'insu de leur plein gré c'est ainsi que Lamia est tirée au sort pour faire un gâteau pour l'anniversaire de Saddam Hussein... ATTENTION SPOILERS !... un gâteau qui sera surtout dégusté par l"instituteur, membre zélé au service du régime, qui a tout du ripoux mais qui est tout aussi bien délateur... FIN SPOILERS !... Une gamine va donc prendre sa mission à coeur, trop à coeur malgré les réticences d'une grand-mère lucide et trop pauvre pour assumer une telle dépense. Le film insiste fortement sur la pauvreté du peuple irakien accentuer par l'embargo américain, les gens n'ont pas l'argent pour acheter à manger, survivent dans un contexte socio-économique catastrophique.
Malheureusement pourtant sur ce point le film n'est pas très probant, les dialogues ou les infos médiatiques nous poussent à croire à cette pauvreté à laquelle on croit forcément, mais à l'image et dans les faits vus dans le film on ne perçoit pas la malnutrition ou la misère, c'est sans doute dur mais les gens "se débrouillent", les restaurants fonctionnent, même la fête foraine fait le plein, le centre ville est en effervescence jusqu'à ne plus en pouvoir des cris, des hystéries jusqu'au contact agressif entre individus souvent peu compréhensifs... etc... ATTENTION SPOILERS !... seule certaines rencontres avec des hommes plus ou moins louches en profitent pour abuser de leur position... FIN SPOILERS !... la reconstitution paraît se faire dans un quotidien "normal" pour un pays du tiers-monde. Néanmoins, le périple de Lamia est touchant, la quête au gâteau est réaliste, les rebondissements cohérents, les situations restent authentiques avec une mise en scène immersive.
Note :