Deux amies d’enfance partent une semaine dans la Drome comme animatrices de colonie. On quitte la banlieue pour le camping en milieu rural : petits et grands en sortiront changés.
On avait découvert le duo de réalisatrices, Lisa Akoka et Romane Guéret, avec « Les pires » ; film multi récompensés dont le prestigieux Prix « Un Certain Regard » à Cannes. Le film avait marqué les esprits à plus d’un titre : la direction des jeunes acteurs et l’écriture ciselé dans une langue moderne de banlieue. Venant du casting, les deux femmes savent ce qu’elle cherche et travaillent dur en casting sauvage pour trouver leurs jeunes comédiens amateurs. J’ai assisté à une séance avec la directrice de casting qui expliquait bien le travail en atelier et le volume d’enfants castés pour arriver à la distribution des rôles ; un casting sauvage titanesque. Le film parait fait d’improvisations. Que nenni !!! Le film est super écrit et dirigé au millimètre. Dirigés à l’oreillette, on pourrait avoir l’impression d’acteurs marionnettes télécommandés ; mais les scènes sont bluffantes de naturels. Pour un énième film de colo’, il fait aussi la part belle aussi bien aux enfants qu’aux adultes ; les enfants ne se résument pas au rôle de faire-valoir narratif. De fait, le film parvient à capter avec une magnifique acuité aussi bien les individualités que les effets de groupe pour un beau film choral enlevé d’une belle puissance comique et émotionnelle. C’est un feed good movie, assurément, mais c’est bien loin d’être que çà. C’est un film plein de vitalité et qui met à l’honneur l’évolution de la langue avec de belles envolées. Et c’est surtout une chronique sociale touchante brassant de nombreuses thématiques contemporaines avec une grande fluidité : maltraitance des enfants, harcèlement sexuel, abandon, déviance de la religion, attitude des hommes envers les femmes, le genre,… tout cela avec beaucoup de tact et d’humour ; le ton est toujours juste même s’il joue sur la corde inclusive avec parfois un brin d’angélisme pour montrer un monde tel que l’on aimerait qu’il soit ; avec une acceptation absolue de la différence. Ce feel good movie joue sur de nombreux registres qui fait sa richesse : teen movie, chronique sociale, portait d’une société, récit d’apprentissage, fresque collégiale,… Et au casting, en plus de ces enfants bluffant de naturel, deux jeunes actrices découvertes par une mini-série sur Arte : Shirel Nataf tout en exubérance et dilettantisme aux forts accents de Mallaury Wanecque (« Les pires ») et Adèle Exarchopoulos des début ; Fanta Kebe tout en retenue, le négatif de sa consœur ; et puis le plus étonnant Amel Bent surprenante de justesse en directrice de colo’.
Et voilà ma première petite pépite ciné de 2026
Sorti en 2026
Ma note: 16/20