Diamanti (2026) de Ferzan Özpetek

Nouveau long métrage du cinéaste turco-italien Ferzan Özpetek connu entre autre pour dse films comme "Le Dernier Harem" (1999), "La Fenêtre d'En-Face" (2003) ou "Nuovo Olimpo" (2023). Comme souvent, le cinéaste assure que ses films ont tous une part autobiographie (le tout est de savoir jusqu'à quel point ?!), et pour ce projet il se serait inspiré de ses propres souvenirs des années 80 et surtout de quand il était assistant-réalisateur et fréquentait les ateliers de costumes de cinéma et de théâtre notamment chez tirelli alors le plus réputé : "Ces lieux me fascinaient, je ressentais l'enchantement de ces sanctuaires de beauté séculaires, où la créativité s'épanouissait avec ingéniosité, rigueur et dévouement." Réalisateur-scénariste Ferzan Özpetek co-écrit son scénario avec deux co-autrices qui se retrouvent après une première collaboration sur la série TV "Antonia" (2024), Carlotta Corradi qui a signé auparavant le film "Beata Te" (2022) de Paola Randi, puis Elisa Casseri qui a co-écrit le documentaire "Marko Polo" (2024) de Elisa Fuksas. Le film a reçu le David Di Donatello 2025 des spectateurs... Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées et leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette dans dans la Rom des années 70 dans un magnifique atelier de couture de spectacle dirigée par deux soeurs. Dans cet univers essentiellement féminin, le bruit des machines à coudre se mêle à la sororité... 

Les deux soeurs qui dirigent l'atelier sont jouées par Luisa Ranieri écemment dans "Parthenope" (2024) de Paolo Sorrentino et déjà vue dans plusieurs films de  Ferzan Özpetek dont "Nuovo Olimpo" (2023) après lequel elle retrouve sa partenaire Jasmine Trinca qui retrouvent de son côté, après "Contes Italiens" (2015) des frères Taviani l'actrice Kasia Smutniak vue entre autre dans "Le Quatrième Pouvoir" (2012) de Dennis Gansel ou "Silvio et les Autres" (2018) de Paolo Sorrentino dans lequel jouait aussi Elena Sofia Ricci qui retrouve Jasmine Trinca après "Amants Super-Héroïques" (2021) de Paolo Genovese, puis retrouve encore après "Ex" (2009) de Fausto Brizzi l'actrice Paola Minaccioni avec qui elle jouait également dans "Le Premier qui l'a Dit" (2010) et "Allacciate le Cinture" (2014) tous deux de Ferzan Özpetek, par là même citons ensuite celles et ceux qui retrouvent justement leur réalisateur comme Loredana Cannata qui était par exemple avec Jasmine Trinca dans "Pour Toujours" (2019), et dans les films de ces dernières années citons encore Nicole Grimaudo dans "le Premier qui l'a Dit" (2010) comme Lunetta Savino également dans "Saturno Contro" (2007) avec Milena Vukovic actrice (fidèle aussi à Luis Bunuel) ou Stefano Accorsi qui retrouve Jasmine Trinca après leurs débuts dans "La Chambre du Fils" (2001) de Nanni Moretti et "Romanzo Criminale" (2006) de Michele Placido, mais Accorsi était aussi chez Özpetek dans "Tableau de Famille" (2002) et "Pour Toujours" (2019), Carmine Recano également dans "Tableau de Famille" (2002) puis "Un Giorno Perfetto" (2008) avec Milena Vikuvic et "Le Premier qui l'a Dit" (2010), Carla Signoris qui était dans "Allacciate le Cinture" à l'instar de Luisa Ranieri qui était également dans "Napoli Velata" (2017) et "Nuovo Olimpo" (2023), et enfin Loredana Cannata qui était dans "Magnifica Presenza" (2012). Parmi les nouveaux arrivés dans l'univers du réalisateur citons Vanessa Scalera vue dans "Vincere" (2009) de Marco Bellochio ou "Mia Madre" (2014) de Nanni Moretti, Anna Ferzetti apparue dans "L'Eveil d'Edoardo" (2014) de Duccio Chiarini ou "La Grazia" (2025) de Paolo Sorrentino, et enfin Giselda Volodi aperçue dans "Tale of Tales" (2015) de Matteo Garrone ou "The Young Messiah" (2016) de Cyrus Nowrasteh... Le film est un hommage à multiples facettes, au théâtre et surtout au cinéma, aux femmes évidemment, à toutes les femmes, et aussi à l'art, aux arts surtout au féminin et en lien avec le Septième Art forcément. D'ailleurs via les archives du fameux atelier de Tirelli Trapetti le film expose plus ou moins discrètement quelques uns de leurs plus belles dont celles de Claudia Cardinale dans "Le Guépard" (1963) et de Romy Schneider dans "Ludwig le Crépuscule des Dieux" (1973) tous deux signés de Luchino Visconti. Le film débute avec un moment de joie et de convivialité, voir de complicité où le réalisateur lui-même Ferzan Özpetek invite les actrices qu'il aime et qu'il a déjà fait tourner un faire un film par et pour elles en mettant à l'honneur le travail en coulisse des costumières et des couturières qui, souvent, sont les petites mains qui rendent les actrices plus belles encore. Une petite mise en abîme avant de plonger dans un tournage de film qui ne dit pas son nom, un tournage qui se fait même invisible comme une histoire vraie qui imprime la pellicule. L'immersion dans l'atelier de couture est séduisante et savoureuse, mêlant à la fois drame et comédie, alternant les sentiments comme les émotions où on apprend à connaître les unes et les autres dans leur intimité, leur quotidien, leur bonheur comme leur souffrance. 

Evidemment, un tel panel n'évite pas quelques clichés mais c'est l'écueil même du panel, mais il est aussi logique et riche avec des femmes artistes toutes aussi passionnantes les unes que les autres et, surtout, le réalisateur arrive plutôt bien à partager son récit entre toutes ce qui est une gageure dans ce genre de film choral. Il y a quelques facilités narratives également... ATTENTION SPOILERS !... la jeune nièce poursuivie par la police pour une manifestation (ben voyons la police n'a que ça à faire de courir après une seule manifestante), qui s'avère soudainement une génie de la couture et de la mode ?! Ou ces deux actrices connues qui se haïssent depuis toujours et qui soudain se rabibochent... FIN SPOILERS !... Et on ne parlera pas de l'affiche somptueuse mais trompeuse. Mais la magie opère ailleurs, la mise en valeur du travail de fourmis pour chaque costume, la beauté simple et complexe de ces costumes, la solidarité ici même sororité, les tracas entre vie de famille et vie professionnelle, les rapports entre les différents arts du spectacle, les femmes qui souffrent, les femmes qui aiment, les femmes qui se battent, les femmes qui travaillent... etc... dans un scénario écrite pour elles mais qui est aussi un regard sur les hommes qui n'est pas manichéen, mais qui rappelle que les hommes peuvent être leur bourreau mais aussi leur objet (les savoureux moments où les jeunes hommes sont à la "merci" des femmes) rappelant qu'elles peuvent aussi prendre le pouvoir. Dans un sens le réalisateur signe l'anti-thèse du chef d'oeuvre "8 1/2" (1963) de Federico Fellini, à savoir que cette fois ce n'est pas un homme de cinéma au centre des femmes qui l'aiment mais des femmes au centre de leur univers pour la beauté des choses. La mise en abîme s'invite par ci par là, jusqu'à la dernière partie qui accentue le concept pour juste rappeler la magie du cinéma et de l'illusion et qu'il n'y en a pas sans les femmes. La dernière demi-heure est un tourbillon d'émotions où tout se recoupe, où l'élégance de la mise en scène n'a d'égal que les arts et la féminité qui se réunissent en une robe somptueuse. Un grand film...

Note :                 

Diamanti (2026) Ferzan ÖzpetekDiamanti (2026) Ferzan ÖzpetekDiamanti (2026) Ferzan Özpetek

16/20