Dreams (2026) de Michel Franco

Connu pour des films comme "Daniel y Ana" (2009), "Despuès de Lucia" (2012), "Les Filles d'Avril" (2017) ou "Sundown" (2021) le réalisateur-scénariste mexicain Michel Franco revient avec un nouveau drame...  Fernando, jeune danseur de ballet originaire du Mexique rêve de reconnaissance internationale et d'une vie meilleure aux Etats-Unis. Ayant eu une liaison avec Jennifer, une américaine mondaine et philanthrope, il se persuade qu'elle pourra l'aider et quitte le Mexique clandestinement. Mais son arrivée bouscule le monde soigneusement construit de Jennifer et si elle veut un avenir pour son amant elle ne veut également rien concéder à la vie qu'elle s'est construite... 

Le danseur mexicain est incarné par Isaac Hernandez, danseur étoile devenu acteur et déjà aperçu sur grand écran dans "Le Roi du Monde" (2021) de Carlos Saura. Jennifer est jouée par la star Jessica Chastain vue dernièrement dans "Ava" (2020) de Tate Taylor, "Armageddon Time" (2022) de James Gray ou "Mothers Instinct" (2023) de Benoît Delhomme mais retrouve surtout son réalisateur après "Memory" (2023). La famille de Jennifer est composée de Rupert Friend vu récemment dans "The Phoenician Scheme" (2025) de Wes Anderson, "Companion" (2025) de Drew Hancock et "Jurassic World : Renaissance" (2025) de Gareth Edwards, puis Marshall Bell vu dans "Identity" (2003) de James Mangold, "Truman Capote" (2005) de Bennett Miller ou "Histoires d'Amour" (2020) de Eleanor Coppola. Citons ensuite Magali Hernandez aperçue dans "Senora Influencer" (2023) de Carlos Saura, Elegio Melendez vu dans "La Civil" (2023) de Teodora Mihai et retrouve après "Nouvel Ordre" (2022) Michel Franco ainsi que sa partenaire Mercedes Hernandez vue dans "Sans Signe Particulier" (2021) Fernanda Valadez, Lee Braithwaite aperçue dans "L'Amour au Présent" (2025) de John Crowley, puis Sasha Desola aperçue auparavant dans "Ballerine à Tout Prix" (2017) de Andrew Dillon. Sinon citons des rôles secondaires joués par Wes Chapman, Gabriela Gonzales, Nathaniel Remez ou Shirley King... Un mexicain passe la frontière clandestinement pour la Californie et retrouver sa maîtresse, belle et riche américaine qui a presque l'âge d'être sa mère. Elle est une philanthrope via la fondation familiale et aide essentiellement les migrants mexicains, ça tombe bien Fernando/Hernandez l'est. D'emblée il y a donc un rapport de domination claire, elle est plus âgée, plus expérimentée, plus riche et socialement plus puissante, lui est mexicain, danseur étoile talentueux mais qui n'existe artistiquement et socialement que par la volonté de Jennifer/Chastain. Ainsi se pose plusieurs questions autour de la sincérité des sentiments : est-elle réellement amoureuse du jeune danseur ou est-ce juste une lubbie de luxe comme cure de jouvence ?! Est-il réellement amoureux où est-ce un moyen d'avoir ses papiers et/ou une place dans un ballet américain ?! Si elle est amoureuse il n'en demeure pas moins qu'elle est gênée et/ou inquiète des effets éventuels de sa relation sur sa vie quotidienne privilégiée.

La mise en scène s'attache donc à rester à distance, discrète et élégante comme l'est Jennifer dont la garde robe éblouissante est le seul éclat visuel, la fille à son papa reste sinon assez discrète dans l'ombre du père et de son frère. Mais c'est aussi le feu sous la glace, si les sentiments restent flous le désir et la chair est évidente et assumée. Les scènes de sexe ne sont pas si nombreuses mais elles en disent beaucoup comme le précise le réalisateur : "Elles font véritablement avancer le récit. Il se joue bien plus dans ces scènes que de simples ébats amoureux ; elles ne sont pas là pour provoquer, mais pour révéler les personnages, au service de l'histoire." Une fois n'est pas coutume, le réalisateur réussit effectivement ce paramètre érotique... ATTENTION SPOILERS !... une scène tendre et "classique", une scène plus "bestiale", puis une scène de "viol" qui est légèrement tendancieuse, elle ne dit pas non parce qu'elle le désire et il le sait, mais elle se débat pour se refuser à lui pour une question d'ego et pour le frustrer alors que lui veut justement la punir... FIN SPOILERS !... On ne comprend pas vraiment la dernière partie, on se dit que quoi qu'en sont les raisons intimes qui poussent l'un vers l'autre, Fernando/Hernandez paraît aussi peu malin qu'intéressant, excepté la danse il a tout du simple ToyBoy, et surtout il organise une "punition" qui ne peut que se retourner contre lui alors qu'il avait tout pour lui car au fond tout ce qui va mieux pour lui c'est grâce à elle. Etonnamment on est donc plus ému par elle que par lui qui prend une posture d'arriviste ingrat. On aurait aimé un peu plus de nuances et de complexité. Au final, on pense beaucoup (toute proportion gardée !) à "Dogville" (2003) de Lars Von Trier pour pour sa ligne directrice mais surtout pour sa fin nihiliste. 

Note :                 

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14/20