L'affaire Bojarski

L'affaire Bojarski

Géotrouvetout

De 1948 à 1964, un ingénieur polonais émigré va affoler la Banque de France en falsifiant à trois reprises des coupures réputées non copiables ; il sera nommé le Cézanne de la fausse monnaie. Ce film a le mérite de montrer le travail ingénieux et artistique de celui qui œuvrait seul de la fabrication de son papier, à la gravure des plaques ; pour un travail réputé devoir être réalisé par plusieurs personnes possédant diverses compétences. Et c’est bien sa force, au-delà de son intelligence, qui lui permis de jouer au chat et la souris avec Commissaire Mattei durant toutes ces années. Pas de complice, peu de chance de se faire attraper. Jean-Paul Salomé, au-delà de rendre hommage aux émigrés même talentueux auxquels la France ne faisait pas de place et qui trouvèrent d’autres voie d’insertion, valorise le geste de l’artisan dans des scènes quasi documentaires sur l’imprimerie. Ayant vu ces gestes réalisés par mon propre père, je me suis replongé dans le monde des petites imprimeries de labeur de mon enfance. Pour jouer Bojarski, un Polonais, le choix de Reda Kateb est troublant dans les premières minutes. Comment voir un Polonais joué par un magrébin ? Et c’est bien là, la force d’interprétation de ce grand comédien, on finit par oublier les origines aussi bien du héro (ou anti héro plutôt) et de l’acteur pour ne voir que le faussaire. On ne peut pas en dire autant de son ami immigré joué par Pierre Lotin, qui malgré un physique plus près de polonais que son comparse, ne nous convainc jamais ; pourquoi cet accent surfait et surinterprété tout le long du film ? Il en va de même pour un Bastien Bouillon au jeu tout et trop en retenue. La touche féminine, légère puis profonde, et toute en sensibilité de Sarah Giraudeau apporte un réel supplément d’âme à ce film quand il s’intéresse à la vie familiale de Bojarsski. Jean-Paul Salomé à la réalisation est d’un académisme d’un autre âge, très conventionnelle et didactique, tout se passe dans le cadre. Cette histoire aurait pu être conté de manière moins linéaire et sage ; c’est planplan et surligné. Prenons pour exemple toutes ces vignettes nous montrant Bojarski inventeur de génie qui aurait conçu le stylo à bille, le déodorant stick, la cafetière unidose, … C’est bien poussif et démonstratif.

Mais en boudons pas notre plaisir devant ce thriller historique minutieux à l’ancienne assurant une reconstitution soignée d’une époque.

Du bon cinéma tout public de qualité malgré tout destiné à faire des entrées.

Sorti en 2026

Ma note: 12/20