Sans Pitié (2026) de Julien Hosmalin

Premier long métrage de Julien Hosmalin après quelques courts métrages comme "Ride Sally Ride" (2017) ou "Girls" (2023). Le cinéaste s'est inspiré en partie de sa propre histoire familiale : "Comme Rayan et Dario, j'ai été élevé par une mère célibataire. Lorsque j'étais adolescent, mon grand frère s'est occupé de moi. Nous vivions tous les deux dans une caravane, à proximité de forains. Cet environnement a forgé mon imaginaire. (...) Lorsque je me suis mis à écrire le scénario de Sans Pitié, j'ai pris conscience que ma mère et mon grand frère m'avaient enveloppé de leur affection et qu'ils avaient donné des ailes en se coupant les leurs..." Réalisateur-scénariste, Julien Hosmalin co-écrit son scénario avec Olivier Torres qu'il retrouve après une première collaboration sur "Girls" (2023) et connu notamment pour le scénario du film "Sous la Seine" (2024) de Xavier Gens, avec aussi Kamel Guemra scénariste de films comme "Balle Perdue" (2020) de Guillaume Pierret, "Tout Simplement Noir" (2020) de et avec Jean-Marc Zadi et John Wax ou "Ici et Là-Bas" (2024) de Ludovic Bernard, puis avec Myriam Dupuis qui a signé depuis "La Malédiction des Tahu'a" (2026) de Benjamin Busnel. Film interdit au moins de 12 ans... Maria élève seule ses deux fils, Rayan et Dario et tiennent ensemble un stand de tir dans une petite fête foraine. Un jour, Dario disparaît, et réapparaît le lendemain blessé et muré dans le silence. Les années passent, les frères se perdent de vue. A la mort de leur mère, les deux frères se retrouvent, puis un soir, parmi l'entourage de Rayan, Dario reconnaît son ravisseur... 

Les deux frères sont incarnés par Adam Bessa vu dans "Le Prix du Passage" (2023) de Thierry Binisti, "La Source" (2024) de Meryam Joobeur ou "Les Fantômes" (2024) de Jonathan Millet, puis Tewfik Jallab vu dans "Paradise Beach" (2019) de Xavier Durringer ou "Partir un Jour" (2025) de Amélie Bonnin. Leur mère est jouée par Laura Sepul aperçue dans "En Plein Feu" (2023) de Quentin Reynaud et retrouve après "OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire" (2021) de Nicolas Bedos l'acteur Karim Barras apparu dans "Un Silence" (2024) de Joachim Lafosse. Citons ensuite Jonathan Turnbull aperçu dans "Revoir Paris" (2022) de Alice Winocour ou "Dossier 137" (2025) de Dominik Moll, Bérangère McNeese aperçue dans "Grave" (2016) de Julia Ducournau, "La Troisième Guerre" (2021) de Giovanni Aloi ou "Veuillez nous excuser pour la Gêne occasionnée" (2023) de Olivier Van Hoofstadt, Wim Willaert vu dans "Les Derniers Hommes" (2023) de David Oelhoffen ou "Un Homme en Fuite" (2024) de Baptiste Debraux, Pascal Elso aperçu dans "Maigret" (2022) de Patrice Leconte ou "De Grandes Espérances" (2022) de Sylvain Desclous, Natacha Krief vue dans "La Nuit se Traîne" (2024) de Michiel Blanchart et "Rabia" (2024) de Mareike Engelhardt, et retrouve après le court métrage "Girls" (2023) son réalisateur ainsi que ses deux partenaires François Pouron vu dans la série TV "ASKIP : le Collège se la raconte" (2020-2023) puis Frank Williams apparu dans les films "Sybil" (2019) de Justine Triet et "Le Processus de Paix" (2023) de Ilan Klipper. Citons encore Benjamin Ramon qui était dans le court "Ride Sally Ride" (2017) et retrouve aussi Tewfik Jallab après "L'Outsider" (2016) de Christophe Barratier, et enfin Diego Murgia remarqué dans "Les Trois Fantastiques" (2023) de Michaël Dichter et "Dalva" (2023) de Emmanuelle Nicot... Le film débute au sein d'un famille monoparentale donc dont la mère a pu intégrer une communauté de forains avec ses deux fils, un enfant et un ado. On perçoit qu'une page a été tourné, leur activité de fête foraine semble une seconde chance jusqu'au drame qu'on attend forcément. Un drame terrible, le pire qui puisse sans doute arriver à une famille, à un enfant. Le réalisateur choisit un réalisme fort et minimaliste, dans la reconstitution du monde forain comme dans la violence qui apparaît quasi toujours en hors champs. Sur cxes points le cinéaste assure ce qu'il voulait : "Je ne voulais pas d'un regard clinique, mais quelque chose de plus organique, notamment dans les séquences dans la caravane, où s'exprime l'instabilité de cette famille et de cette enfance livrée à elle-même."

Le drame signe la césure du film avant l'ellipse d'une dizaine d'années ; une ellipse longue qui interroge sur quelques points, car on devine bien que Dario n'a pas migré à 10 ans, il a donc dû partir avant sa majorité. Donc outre les dix ans on peut se demander comment s'est passé l'adolescence de Dario ?! Néanmoins, le retour de l'enfant prodigue lance l'histoire et l'intrigue principale. On aime le fait que Dario/Bessa joue entre deux facettes, à savoir est-ce que c'est de revoir un de ses bourreaux qui le poussent à la vengeance ou, son retour était d'ores et déjà prévu pour sa vengeance ?! Mais on aurait aimé un Adam Bessa un peu moins mutique et monolithique, le côté froid et hyper réservé est trop surjoué. Le rythme s'accélère bien et logiquement, les sous-intrigues sont bien intégrées au fil directeur, les interactions ouvrent des portes émotionnelles puissantes (le douanier !) même si quelques détails sont faussés et invraisemblables... ATTENTION SPOILERS !... le douanier n'est pas flic, et d'ailleurs où sont les policiers ?! avec un tel meurtre l'absence de police et/ou d'enquête est de la science-fiction... FIN SPOILERS !... Dans le style le réalisateur réussit un polar solide et très efficace qui ne manque pas d'une certaine finesse. Dans le genre il réussit un drame entre les films de Jean-Bernard Marlin avec "Shéhérazade" (2018) et "Salem" (2024) et l'américain James Gray avec entre autre "Little Odessa" (1994) ou "La Nuit nous Appartient" (2007). 

Note :                 

Sans Pitié (2026) Julien HosmalinSans Pitié (2026) Julien Hosmalin

14/20