Ce film est un projet de Darryl F. Zanuck, crédité Melville Crossman pour signer l'histoire pour une production de la 20th Century Fox, ce film fait partie des très nombreux films de propagande que Hollywood sortait en série pour soutenir les troupes durant la Seconde Guerre Mondiale. Ce projet intitulé en V.O. "Thunderbirds", qui est en quelques sortes un des descendants de nos plus modernes "Top Gun" (1986-2022), est confié à un réalisateur expérimenté William A. Wellman, expérimenté pour deux raisons, d'abord parce qu'il a déjà signé plusieurs films ayant pour toile de fonds l'aviation avec "Les Ailes" (1927), "Les Pilotes de la Mort" (1928) et "Les Hommes Volants", mais surtout il est lui-même héros de la Première Guerre Mondiale, ayant été membre de la Légion Etrangère française et pilote de chasse de la fameuse Lafayette Flying Corps, ce qui confère à ce cinéaste une rare légitimité dans le domaine. Le réalisateur signera pourtant ses meilleurs films dans d'autres genres, on peut citer "L'Ennemi Public" (1931), "Une Etoile est Née" (1937) ou plus tard "La Ville Abandonnée" (1948), "Convoi de Femmes" (1952) ou "Ecrit dans le Ciel" (1954). Si c'est le nabab tout puissant de la Fox qui est derrière le film, le scénario est remanié et finalisé par Lamar Trotti, co-scénariste et co-producteur donc, connu pour avoir également collaboré sur "Vers sa Destinée" (1939) et "Sur la Piste des Mohawks" (1939) tous deux de John Ford et qui retrouvera Welman pour "L'Etrange Incident" (1943). Le film a un but bien précis à l'époque, remonter le moral des civils et leur montrer une image d'épinal d'un centre de formation des pilotes de chasse. Ainsi le tournage s'est réellement déroulé sur une base militaire d'aviation, la Thunderbird Field No 1 en Arizona. Malgré tout, ce film ne sera pas un franc succès à sa sortie... Steve Britt, un ancien pilote de chasse devient le nouvel entraîneur des recrues. Il perçoit un talent certain pour un des jeunes élèves, Peter le fils d'un camarade disparu, mais celui-ci est malheureusement handicapé par son vertige. De surcroît, cette recrue séduit la belle Kay qui était la fiancée de Steve...
Alors star en pleine ascension le rôle de la belle Kay est assurée par Gene Tierney, nouvelle recrue de la Fox qui la révèle dans "Le Retour de Frank James" (1940) de Fritz Lang, elle confirme ensuite avec des films comme "La Route du Tabac" (1941) de John Ford ou "Shanghaï" (1941) de Josef Von Sternberg mais elle ne deviendra une star icônique avec "Laura" (1944) de Otto Preminger et "Une Aventure de Mme Muir" (1947) de J.L. Manikewicz. Ses deux partenaires masculins sont des vedettes moins prestigieux, Preston Foster vu entre autre dans "Le Mouchard" (1935), "Révolte à Dublin" (1936) et "Patrouille en Mer" (1938) tous trois de John Ford, puis John Sutton remarqué dans "Quatre Hommes et une Prière" (1938) de John Ford, qui a déjà abordé l'aviation dans "Un Yankee dans la RAF" (1941) de Henry King, et sera surtout connu pour "Les Trois Mousquetaires" (1948) de George Sidney ou "Ma Cousine Rachel" (1952) de Henry Koster. Citons ensuite Jack Holt apparu dans "La Féline" (19442) de Jacques Tourneur ou "Les Sacrifiés" (1945) de John Ford, Dame May Whitty vue dans "Une Femme Disparaît" (1938) et "Soupçons" (1941) tous deux de Alfred Hitchcock ou "Madame Miniver" (1942) de William Wyler, George Barbier aperçu dans "Une Veuve Joyeuse" (1934) de Ernst Lubitsch ou "La Glorieuse Parade" (1942) de Michael Curtiz et retrouve Gene Tierney après "Le Retour de Frank James" (1940), Richard Haydn vu dans "Boule de Feu" (1941) de Howard Hawks ou plus tard "Ambre" (1947) de Otto Preminger, Reginald Denny aperçu dans "la Lanterne Rouge" (1919) de Albert Capellani, "L'Emprise" (1934) de John Cromwell ou "Rebecca" (1940) de Alfred Hitchcock, Janis Carter apparue dans "Shanghaï, Nid d'Espion" (1942) de Irving Pichel juste avant de retrouver Wellman pour "L'Etrangleur" (1943), Nana Bryant entre "Vendetta" (1941) de Gregory Ratoff et "Les Bourreaux meurent aussi" (1943) de Fritz Lang, Joyce Compton apparue dans "Casier Judiciaire" (1938) de Fritz Lang ou "Une Femme Dangereuse" (1940) de Raoul Walsh, Bess Flowers connue pour un petit record soit apparue dans plus de 350 films entre 1923 et 1965 dont 23 films nommés à l'Oscar du meilleur film, puis enfin n'oublions pas une figuration d'un certain Peter Lawford alors à ses débuts, qui fera partie de la bande Sinatra-Martin avec notamment le film "L'Inconnu de Las Vegas" (1960) de Lewis Milestone...
Le film a les défauts de ses qualités en tant que film de propagande, à savoir un scénario qui tente de se faire passer pour un divertissement classique avec un triangle amoureux, puis un patriotisme exacerbé. D'un point de vue militaire, les séquences aériennes sont prenantes mais finalement paraissent à peine effleurées et trop peu présentes à l'écran. Du point de vue propagande le film est assez malin pour, une fois n'est pas coutume, ne pas oublié ses alliés avec un rappel que d'autres pays se battent notamment une présence quasi inédite des chinois. Par contre, un pilote ayant le vertige, surtout dans l'urgence de l'époque qui devait aller au plus efficace ça reste un paramètre trop peu crédible, même appuyé par flash-back tout aussi peu convaincant. La partie romance séduit d'emblée avec l'apparition de la star Gene Tierney qui ne manque pas d'audace, une séquence "piscine" qui s'est savoureusement jouée de la censure du Code Hays (Tout savoir ICI !). Le film aurait pu gagner avec un triangle amoureux soit plus drôle soit plus tragique car il est ici trop sage, et avec des séquences aériennes plus importantes, la magie du ciel reste également trop sage. Néanmoins, si on se replace en 1942, le film reste un divertissement honnête et agréable.
Note :
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