Ce film est une rareté, une curiosité presque car, en pleine guerre froide, il est une des rares co-production américano-soviétique. En effet, ce projet est prévu dans un contexte de détente internationale entre les deux blocs, ainsi la société soviétique Lenfilm s'associe avec les américains de la 20th Century Fox et le choix s'est porté sur une adaptation de la pièce de théâtre éponyme (1908) du belge Maurice Maerterlinck, un conte pour enfant qui a déjà connu deux adaptations cinéma, (1918) de Maurice Tourneur et (1940) de Walter Lang avec l'enfant star Shirley Temple. Outre l'aspect politique, on peut s'étonner par contre qu'en pleine apogée du Nouvel Hollywood que le choix du réalisateur soit un vieux vétérans de l'Âge d'Or de Hollywood, la même année que "Taxi Driver" (1976) de Martin Scorcese ou "Maraton Man" (1976) de John Schlesinger c'est donc George Cukor qui est choisit connu pour ses classiques comme "Femmes" (1939), "Hantise" (1944), "Madame porte la Culotte" (1949) ou "Une Etoile est Née" (1954) et surtout connu pour savoir diriger les actrices, ce qui a dû jouer dans le choix au vu du trio d'actrices en têtes d'affiche. Par contre, au scénario il y a un travail à plusieurs mains et entre deux pays avec le britannique Hugh Whitemore essentiellement connu pour ses scénarios télé, l'américain Alfred Hayes qui a entre autre écrit "Paisa" (1946) de Roberto Rosselini, "Le Démon s'éveille la Nuit" (1952) de Fritz Lang ou "Duel dans la Boue" (1959) de Richard Fleischer, puis le russe Alexei Kapler remarqué pour "Lénine en Octobre" (1937) et "Lénine en 1918" (1939) tous deux de Mikhaïl Romm ou "La Croisière Tigrée" (1960) de Vladimir Fetine. Le film sera un échec commercial, et restera un film vite oublié. George Cukor ne signera plus qu'un film ensuite avec l'ultime "Riches et Célèbres" (1981). Notons que parmi les producteurs, nous trouvons un certain Paul M. Malansky qui sera surtout connu quand il produira un tout autre genre avec la franchise comique "Police Academy" (1984-1998)... A l'approche de Noël, Tyltyl et Mytyl, deux enfants de modestes bûcherons, désobéissent à leur mère et partent en pleine nuit curieux de voir de plus près une fête luxueuse. A leur retour, ils rencontrent une fée qui leur offre un diamant qui leur permet de voir un autre monde, mais à la condition de retrouver un Oiseau Bleu. Les deux enfants vont alors rencontrer les personnages qui se cachent dans leur maison, puis vont partir à l'aventure, en quête de cet oiseau sans quoi ils ne pourront pas revenir auprès de leur parent...
Les deux enfants sont incarnés par Todd Lookinland remarqué dans "Goodnight Jacky" (1974) de Jerry London mais qui ne poursuivra pas sa carrière, puis la jeune Patsy Kensit enfant star entre "Gatsby le Magnifique" (1974) de Jack Clayton et "Lady Oscar" (1978) de Jacques Demy, et qui en grandissant sera surtout connue comme la petite amie de Mel Gibson dans "L'Arme Fatale 2" (1989) de Richard Donner. Le rôle multiple de la mère-fée est incarnée par la star Elizabeth Taylor vue dans "Une Place au Soleil" (1951) et "Géant" (1956) tous deux de George Stevens et qui, étonnament n'avait jamais tourné avec Cukor a contrario de ses deux partenaires, l'autre icône de l'Âge d'Or Ava Gardner vue dans "Les Tueurs" (1946) de Robert Siodmak ou "Pandora" (1951) de Albert Lewin et qui retrouve Cuko après "La Croisée des Destins" (1956), puis Jane Fonda qui retrouve Cukor après "Les Liaisons Coupables" (1962) à ses débuts et vue ensuite dans "On achève Bien les Chevaux" (1969) de Sydney Pollack ou "Klute" (1971) de Alan J. Pakula. Citons ensuite Cicely Tyson vue dans "Le Coup de l'Escalier" (1959) de Robert Wise ou "The Sounder" (1972) de Martin Ritt, Mona Washbourne qui retrouve Cukor après "My Fair Lady" (1964) et qui retrouve après "Qui Perd Gagne" (1956) de Ken Annakin son partenaire Robert Morley qui lui retrouve Liz Taylor après "Le Beau Brummel" (1954) de Curtis Bernhardt, puis également après "Les Aventures de Quentin Durward" (1955) de Richard Thorpe son partenaire George Cole qui retrouve de son côté Liz Taylor après "Cléopâtre" (1963) de J.L. Mankiewicz, Harry Andrews qui retrouve Ava Gardner après "Les 55 Jours de Pékin" (1963) de Nicholas Ray et vu dans "Moby Dick" (1956) de John Huston ou "La Colline des Hommes Perdus" (1965) de Sidney Lumet puis Will Geer surtout remarqué aux côtés de James Stewart dans les westerns "Winchester 73" (1950) de Anthony Mann, "La Flèche Brisée" (1950) de Delmer Daves et "Bandolero !" (1968) de Andrew V. McLaglen. Parmi les soviétiques citons Nadezhda Pavlova célèbre danseuse étoile vue uniquement dans les deux autres films "Le Train de 16h50" (1961) de George Pollock et "The Nutcracker" (1977) de Yelena Macheret, Margarita Terekhova vue dans "Gare de Biélorussie" (1970) de Andreï Smirnov ou "Le Miroir" (1975) de Andreï Tarkovski, puis Oleg Popov célèbre clown vu notamment dans "Ritzar Bez Bronya" (1966) de Borislav Sharaliev ou dans l'autre conte la même année "Le Rock du Méchant Loup" (1976) de Elizabeta Bostan... Le film débute avec une Liz Taylor, reine du glamour et une des plus grandes stars du Septième Art, qu'on a bien du mal à voir en épouse et mère de famille pauvre. Les deux enfants sont mignons, mais se font disputer sans vraiment comprendre pourquoi, ni le père par ailleurs. Puis arrive la fée, qui est elle aussi incarnée par Liz Taylor, et on se demande alors comment les enfants ne voient pas la ressemblance. Mais il s'agit d'un conte et cela est peut-être juste un peu de magie.
Dès les premiers effets magiques du diamant on constate que les effets spéciaux sont très rudimentaires, à tel point qu'on se souvient alors d'une autre fable, "Le Magicien d'Oz" (1939) de Victor Fleming qui ne semble pas plus suranné malgré ses années de plus, tandis qu'on peut rappeler qu'en 1976 plusieurs films existent avec des effets visuels bien plus remarquables et on peut citer des films d'ores et déjà "L'Homme qui rétrécit" (1957) de Jack Arnold ou "Jason et les Argonautes" (1963) de Don Chaffey. Ainsi la première chose qui gêne reste ces effets spécieux d'un autre temps, déjà dépassé. Les dialogues sont sans incarnation, banals, il y manque même un minimum d'onirisme ce qui est décevant pour une fable aussi moderne soit-elle. Mais le pire est le manque d'investissement de George Cukor lui-même. En effet, trois grandes actrices pour un des plus fameux portraitistes féministes de Hollywood et on constate pourtant que jamais le réalisateur ne semble inspiré ; on pense surtout à la symbolique qui suit la mère, la fée, l'Oiseau Bleu, l'évolution du récit comme métaphore de l'amour maternel. Finalement le vrai défaut du film repose sur ce propos autour de la mère qui demeure absent ou vain.
Note :