L'agent secret

Par Dukefleed
La Palme d'Or pour beaucoup...

L’année cinématographique 2025 est enchâssée deux films brésiliens encensés par la critique et qui traitent tous deux des années de plomb. En début d’année ce fut « Je suis toujours là », film plutôt réaliste et frontale sur l’arbitraire du régime totalitaire brésilien. Beau film. Ici, c’est un anti-film d’espionnage, plutôt en mode méditation sur le passé sanglant d’un pays, un beau film (esthétiquement et dans sa mise en scène) mais hermétique à souhait. Le premier quart d’heure est captivant, par la suite ce n’est bien trop souvent que déception. La première scène voit Marcelo (Wagner Moura) se faire contrôler par la police militaire dans une station essence au milieu de la campagne brésilienne, elle donne le la. La solennité des longs travellings qui accompagnent la Coccinelle jaune, l’atmosphère poisseuse (le cadavre d’un voleur abattu par un employé de la station croupit depuis deux jours sous un morceau de carton) et la tension amorcée par la fouille de la voiture paraissent alors augurer un véritable thriller. Mais les policiers ne cherchaient pas à démasquer un ennemi du pouvoir, seulement un type à racketter. C’est la première leçon du film : dans une dictature militaire, pas besoin d’être un espion pour avoir peur. Et si Marcelo est bien fugitif, comme on l’apprend plus tard, il ne doit à l’origine ce statut peu enviable qu’à une altercation avec un homme d’affaires proche du régime. Jamais je ne suis rentré dans cette fable politique dans laquelle des récits parallèles se combinent si mal et où une jambe mystérieuse vient donner tout à coup un autre ton au film ; mais dans quel objectif ? A bien chercher aucun ; les critiques du « Masque et la Plume » (sur France Inter) y trouve des explications à foisons. Ce film regorge de détails aussi anodins que singuliers. L’accumulation de ces derniers, deux heures quarante durant, permet aux aventures pourtant modestes de Marcelo de prendre des allures d’odyssée. Le film obéit certes parfois à une logique inflationniste, s’embarrassant d’éléments disparates plus ou moins superflus. Donc on trouve le temps long devant un film qui a si peu à dire même si c’est avec beaucoup d’élégance.

Déception devant un film pourtant considéré pour bon nombre de critique comme étant le film de l’année.

Sorti en 2025

Ma note: 10/20