Retour du réalisateur des classiques "Stranger than Paradise" (1984), "Dead Man" (1995) ou "Ghost Dog" (1999), Jim Jarmush dont le dernier film avait légèrement déçu avec la comédie funèbre "The Dead Don't Die" (2019). Réalisateur-scénariste, Jarmush a commencé à écrire parce qu'il avait imaginé Tom Waits, rock star et acteur fétiche, comme le père de l'acteur Adam Driver, la suite a ensuite été étoffé jusqu'à devenir un film en trois parties distinctes. Le cinéaste a donc découpé son film en trois histoires séparées, "Father", "Mother" et "Sister Brother", un concept qu'il connaît bien puisqu'il a déjà auparavant usé de ce type de procédé pour "Night on Earth" (1991) et "Coffee and Cigarettes" (2003). Notons que ce nouveau projet est une co-production internationale avec pas moins de cinq pays intéressés, Etats-Unis, Irlande, Italie, Japon et France via Charles Gillibert un producteur qu'on apprécie pour son éclectisme "exotique" en étant entre autre derrière "Copie Conforme" (2010) de Abbas Kiarostami, "Mustang" (2015) de Deniz Gamze Ergüven, "Annette" (2021) de Leos Carax ou "Résurrection" (2025) de Bi Gan. Un projet qui a justement été très bien accueilli dans plusieurs festivals dont la prestigieuse Mostra de Venise o il a obtenu le Lion d'Or du meilleur film...Trois histoires distinctes donc qui explore chacune une facette de la vie de famille, les parties étant explicitement intitulée "Father", "Mother" et "Sister Brother"...
La première partie est jouée par Mayim Bialik aperçue dans "Au Fil de la Vie" (1988) de Garry Marshall ou "son propre film "As they Made Us" (2022) mais surtout connue pour les séries TV "Petite Fleur" (1991-1995) et "The Big Band Theory" (2010-2019), Adam Driver vu récemment dans "Megalopolis" (2024) de Francis Ford Coppola et qui retrouve surtout son réalisateur après "Paterson" (2016) et "The Dead Don't Die" (2019) à l'instar sur ce dernier de son partenaire Tom Waits pas vu au cinéma depuis "Licorice Pizza" (2021) de Paul Thomas Anderson mais surtout acteur fétiche de Jarmush avec aussi "Down by Law" (1986) et "Coffee and Cigarettes" (1993-2003), retrouvant après ce dernier, sur la même affiche mais pour la seconde partie l'actrice Cate Blanchett vue dernièrement dans "Borderlands" (2024) de Eli Roth, "Rumours, Nuit Blanche au Sommet" (2024) de Guy Maddin et les frères Johnson puis "The Insider" (2025) de Steven Soderbergh, dans son segment elle tourne aux côtés de Sarah Green actrice de théâtre surtout mais apparu dans quelques films dont "L'Irlandais" (2011) de John Michael McDonagh ou "The Renegade" (2018) de Lance Daly, Vicky Krieps vue récemment dans "Hot Milk" (2025) de Rebecca Lenkiewicz et "Love Me Tender" (2025) de Anna Cazenave Cambet et Charlotte Rampling vue dans le dyptique "Dune" (2021-2024) de Denis Villeneuve et "Deux Pianos" (2025) de Arnaud Desplechin, puis retrouve après "Le Dernier Souffle" (2025) de Costa Gravas sa partenaire Françoise Lebrun, révélation éternelle de "La Maman et la Putain" (1973) de Jean Eustache vue récemment aFrançoise ussi dans "Spectateurs !" (2025) de Arnaud Desplechin, et qui joue dans la troisième partie avec Indya Moore qui retrouve Jarmush après le court métrage "French Water" (2021), et remarquée autrement dans "Queen and Slim" (2019) de Melina Matsoukas ou "Aquaman et le Royaume Perdu" (2023) de James Wan, puis enfin Luka Sabbat qui retrouve une partie de l'équipe après "The Dead Don't Die" (2019) et vu entre temps dans "Sharp Stick" (2024) de Lena Dunham... Pas compris l'enthousiasme des critiques professionnelles pour ce film, et si le buzz était prometteur on peut désormais constater un bouche à oreille bien plus médiocre au fil des jours. Et quelle n'est pas notre déception que de voir un film aussi vain et inepte de la part de Jim Jarmusch. Au départ l'idée est intéressante, soit trois portraits familiaux, trois courts métrages pour trois regards d'enfants devenus adultes et leur rapport avec leurs parents, bien servis par un casting solide et talentueux.
Le premier segment voit en Amérique donc un frère et une soeur qui rendent visite à leur père, sur le fond plusieurs points sont intéressants, plusieurs interrogations s'imposent avant de comprendre que rien ne va être développé (la montre Rolex ?!). Mais le pire est que la relation enfants-père est d'une froideur et d'un malaise plutôt incompréhensible puisqu'il n'est jamais fait allusion à un quelconque passé douloureux et/ou à un secret plus ou moins enfouis. Les dialogues sont alors au diapason, d'un ennui profond et d'un intérêt inexistant. Malheureusement on constate la même chose sur le second segment britannique où deux soeurs rendent visitent à leur mère. Et rebelote, trois femmes qui n'ont strictement rien à se dire, où on ne ressent que malaise et inconfort, peu d'émotion et surtout aucun chaleur filiale ou maternelle. On a alors très peur pour la troisième partie. Cette fois ce sont des jumeaux américains en deuil qui font leur adieux à l'appartement de leur enfance qui se situe à Paris. Petit bémol pour la concierge, jouée par une Françoise Lebrun inexploitée, avec un personnage quasi inutile mais étonnamment ce segment s'avère légèrement plus joyeux, plus touchant, avec une vraie relation intime et chaleureuse entre ce duo frère-soeur joué par deux jeunes acteurs-trices formidables. Il ne se passe pas grand chose, pas d'intrigue, pas d'enjeu, mais un joli moment complice. En conclusion on ne comprend pas où veux nous emmener le réalisateur, ni ce qu'il voulait montrer ou démontrer, les deux premiers segments sont particulièrement austère, froid et triste, seul le troisième segment permet de sourire un peu, d'être ému un peu.
Note :