D'abord remarqué pour son film d'horreur "10 Cloverfield Lane" (2016), le cinéaste Dan Trachtenberg a surtout eu le côté opportuniste suivi du talent pour relancer une franchise qu'on n'attendait plus forcément. En effet, après la claque des années 80 avec "Predator" (1987) de John McTiernan, suivi d'une suite plus décevante "Predator II" (1991) de Stephen Hopkins, la saga semblait finie avant le crossover du dyptique spin-off "Aliens vs Predator" (2004-2007), inégal mais jouissif qui a donné l'idée malheureuse du reboot "The Predator" (2018) de Shane Black qui a été un échec commercial. Puis soudain, il y a eu le très efficace "Prey" (2022) de Dan Trachtenberg dont l'idée assez géniale et prometteuse à amener au tout récent "Predator : Badlands" (2025) du même réalisateur. Et dans le même temps on apprend que le réalisateur s'est offert un intermède en signant avec Josh Wassung, spécialiste des effets spéciaux notamment sur des films comme "Ready Player One" (2016) de Steven Spielberg ou "Doctor Strange in the Mulitverse of Madness" (2022) de Sam Raimi, et évidemment sur les deux derniers opus, un troisième film mais cette fois d'animation ! Un film tiré d'un scénario signé d'un certain Micho Rutare qui lui peut faire un peu peur au vu de sa filmo, réalisateur-scénariste de "Meteor Apocalypse" (2010) et "Adoption à Risques" (2012), puis scénariste des nanards "Dragon Quest : le Réveil du Dragon" (2009) de Mark Atkins et "Mega Shark vs Crocosaurus" (2011) de Christopher Ray. Malheureusement (ou pas !), le film a été diffusé exclusivement (ou presque) sur la plateforme Disney+ d'où le peu de promo finalement autour de ce film resté méconnu qui est pourtant une oeuvre singulière et complètement raccord avec la saga... Le film débute avec un Codex Yautja qui annonce "Parcourez les étoiles et ne cherchez que les proies les plus puissantes. Elles seront votre trophée. Devenez le tueur des tueurs." Ainsi, le film se scinde en quatre parties, la première voit un Yautja traquer des vikings eux-mêmes en guerre, la seconde voit un Yautja se confronter à des samouraïs, la troisième voit un Yautja pilote s'incruster dans la bataille aéro-navale durant la guerre du Pacifique, puis la quatrième est un long épilogue...
Au casting vocal aucune star à l'exception de 2-3 vedettes méconnues ou devenues has been. Pour la partie viking citons Lindsay LaVanchy aperçue dans la série TV "Scream" (2020) ou dans le film "Initiation" (2021) de John Berardo, Lauren Holt apparue dans "Barbie" (2023) de Greta Gerwig ou "Vous êtes cordialement invités" (2025) de Nicholas Stoller, Doug Cockle aperçu dans "Le Règne du Feu" (2002) de Rob Bowman, "Captain America : First Avenger" (2011) de Joe Johnston ou "Criminal - un Espion dans la Tête" (2016) de Ariel Vromen, puis Piotr Michael, Damien C. Haas et Andrew Morgado tous trois spécialiste du doublage vocal essentiellement pour l'animation et les jeux vidéos. Pour la partie samouraïs particulièrement silencieuse les deux héros sont incarnés par Louis Ozawa issu de la télévision avec également une importance non négligeable du doublage. La partie Seconde Guerre Mondiale citons Rick Gonzales remarqué dans "Coach Carter" (2005) de Tom carter ou "Pulse" (2006) de Jim Sonzero mais ensuite surtout apparu à la télévision, Felix Solis aperçu dans "My Soul to Take" (2010) de Wes Craven ou "Arbitrage" (2012) de Nicholas Jarecki, puis Michael Biehn, sans doute le plus connu, remarqué à ses débuts et son apogée avec coup sur coup le dyptique "Terminator" (1984-1991), "Aliens" (1986) et "Abyss" (1989) tous de James Cameron... Notons une excellente B.O. signée de Benjamin Wallfisch qui a signé quelques films où les créatures sont légion comme les récents "Alien : Romulus" (2024) de Fede Alvarez, "Kraven the Hunter" (2024) de J.C. Chandor ou "Wolf Man" (2025) de Leigh Whannel... La première qui frappe reste le dessin, une animation stylée et graphique mais qui manque un peu de fluidité dans les détails comme les regards, les cheveux ou les éléments naturels environnants. Un design général qui lorgne sans contest sur l'aspect de la bande-dessinée pour adulte. La première partie est intitulée Le Bouclier et se situe en lo'an 841, une lutte viking vengeresse d'une guerrière ultime qui finira par surnommer le "roi" Yautja d'après une célèbre légende scandinave. Une partie qui donne le ton, des luttes impitoyables humaines mais particulièrement brutales et sanglantes qui vont prouver au Yautja que ces vikings méritent un affrontement avec lui. On peut légèrement tousser face à cette femme viking un peut trop forte mais dont le duel sous la glace reste prenante, tendue et plausible car dont l'issue ne repose pas sur la force physique pure et ce malgré deux bémols... ATTENTION SPOILERS !... en solo son entrée dans la forteresse too much, et l'apnée trop longue frôle la SF... FIN SPOILERS !...
La seconde partie nous fait traverser les époques et la planète, intitulée Le Sabre, en se retrouve sur les années 1609-1629 au Japon, où une rivalité va devenir vengeance sur fond d'héritage et d'amour fraternelle brisée. Cette partie est la plus silencieuse, un silence judicieux qui démontre que rien ne sert d'en dire trop il faut agir et réagir. Les combats sont hyper inventifs surtout via les armes et les façons de mourir, sans oublier l'émotion qui se révèlent à la fin. Sans doute la partie la plus parfaite et la plus aboutie. La troisième partie se rapproche de nous, intitulée La Mitraille et se situant en 1941-1942 alors qu'une jeune homme rêve de devenir pilote plutôt que mécanicien d'avion de chasse. Une partie bavarde, et elle s'avère la plus invraisemblable, mais elle est aussi la plus drôle (fantaisiste ?!) et la plus originale avec la bataille aérienne particulièrement créative et rythmée, grâce aussi à l'armement aussi improbable que géniale du vaisseau Yautja... ATTENTION SPOILERS !... le jeune qui devient pilote un peu trop aisément, qui est donc loin d'avoir le statut de guerrier même si sa côté futé genre Géo Trouvetou offre une autre facette du combat, son caractère à la fois trop enfantin et trop "je-ne-suis-pas-à-ma-place" crée un décalage avec les autres protagonistes pas toujours probant... FIN SPOILERS !... Puis arrive la quatrième partie et épilogue, avec un twist global qui à de quoi surprendre, à la fois cohérent (le tueur des tueurs !) et bancal (comment expliquer la rencontre espace-temps ?!). Une fin qui partage si on veut rester objectif, mais qui reste fun et jouissive grâce à l'ampleur du prisme offert avec des liens savoureux avec les films précédents. En conclusion un film d'animation certe imparfait, qui a les qualités de ses défauts et vice versa, mais c'est un film complètement décomplexé, généreux et audacieux. Un vrai bon kiff !
Note :