Dernier film 2025 vu... Grand réalisateur philippin de films comme "Norte, la Fin de l'Histoire" (2013), "La Femme qui est Partie" (2016) ou "La Saison du Diable" (2018) Lav Diaz revient sur un projet qu'il a en tête depuis longtemps soit un biopic sur celui qu'on considère à tort comme le premier navigateur à faire le tour du monde, Ferdinand de Magellan (Tout savoir ICI !), alors qu'il n'a effectué que la moitié du trajet a contrario d'une partie de son équipage. Le projet est ambitieux mais il reçoit le soutien du producteur portugais Joaquim Sapinho qui était derrière des films comme "La Mort de Louis XIV" (2016) ou "Pacifiction - Tourment sur les Îles" (2022) tous deux de Albert Serra, "L'Empire" (2024) de Bruno Dumont et qu'il retrouve après une précédente collaboration sur "Quand les Vagues se retirent" (2022). Les deux hommes parviennent à réunir une co-production internationale luso-hispano-philippine... Porté par le rêve de franchir les océans et faire le tour du monde, Magellan part sur les mers avec l'espoir d'accomplir ce qu'un certain Christoph Colomb n'a pas pu faire. Le navigateur découvre sur ce voyage sa propre démesure...
Magellan est incarné par l'acteur Gael Garcia Bernal vu entre autre dans "Old" (2021) de M. Night Shyamalan, "The Mother" (2023) de Niki Caro ou "Holland" (2025) de Mimi Cave. Il retrouve sur ce film son demi-frère Dario Yazbek Bernal vu dans la série TV "La Casa de las Flores" (2018-2020) ou sur les films "Daniel et Ana" (2009) ou "Nuevo Orden" (2020) tous deux de Michel Franco. Citons ensuite Roger Alan Koza surtout connu pour la série TV "Filmoteca : Temas de Cine" (2016-2023), Hazel Orencio fidèle du réalisateur sur tous ses films depuis "Elegy to the Visitor from the Revolution" (2011) soit une dizaine de films retrouvant ainsi après "Phantosmia" (2024) ses partenaires Ronnie Lazaro et Amado Arjay Babon, ce dernier était également dans "Quand les Vagues se retirent" (2022). Citons encore Bong Cabrera remarqué dans la série TV "Almost Paradise" (2020-2023), Rafael Morais vu dans "Blood of my Blood" (2011) et "Viver Mal" (2023) tous deux de Joao Canijo ou "A Cup Coffee and New Shoes on" (2022) de Gentian Koçi, Brontis Jodorowski qui a débuté enfant dans les films de son père avec le premier "El Topo" (1970) de Alejandro Jodorowski, puis vu plus récemment dans "Otages à Entebbe" (2018) de José Padilha ou "Le Dernier Duel" (2021) de Ridley Scott, puis enfin Valdemar Santos vu dans "La Sibylle" (2023) de Eduardo Brito, "Alma Viva" (2023) de Cristèle Alves Meira ou "Amelia's Children" (2024) de Gabriel Abrantes... Le film débute avec une première partie fouilli, une succession de scènes incompréhensibles tant le montage ne permet pas de comprendre ni les tenants, ni les aboutissants, ni l'époque précise dans la bio de Magellan. Puis ensuite on remarque que les ellipses sont nombreuses, si l'enfance et la jeunesse de Magellan sont trop méconnus pour s'y attarder, par contre on connaît bien la période d'après Malacca en 1511. Pourtant entre 1511 et 1519 est passé en quelques touts petites minutes où il est impossible de savoir où et quand. Une sorte de résumé vite fait bien fait complètement gratuit et inoffensif. Ainsi, on frôle l'ennui, pour ne pas dire le sommeil quand enfin l'expédition maritime prend enfin le départ en 1519. Le voyage compose la seconde partie, et on a droit à tous les clichés inhérents à ce genre de voyage (est-ce la peine de préciser ?!) mais qui sont véridiques car ces voyages trop longs poussent forcément à quelques extrémités. On commence à constater que la mise en scène devient poussive car redondante, si prétentieuse et si boursouflée, Lav Diaz multiplie, use et abuse de plans étirés jusqu'à l'ennui, des scènes étendues jusqu'à l'inutile narratif.
Rare sont ces séquences très et trop longues qui servent réellement l'évolution du récit, mais par contre certains plans restent d'une grande splendeur, si fixe et statique qu'elles paraissent comme des tableaux intégrés (mais style néo-classique ou romantisme soit dans un style bien postérieur de près de trois siècles après les événements). Par là même on ne peut que saluer le soin apporté aux décors, à la reconstitution historique quasi documentaire, une gageure à saluer tant le budget reste bien inférieur à une superproduction hollywoodienne. Visuellement, on alterne donc constamment entre les plans fixes souvent magnifiques, les scènes léthargiquement longs, et des faits complètement occultés ou des choix narratifs peu judicieux... ATTENTION SPOILERS !... ainsi l'apparition mystique de sa jeune épouse est superflue et en contradiction avec le style naturaliste du film, on s'étonne à la fin que le viol des femmes soit occulté alors que c'est cela qui amène au massacre final, et enfin le film insiste sur ce massacre mais rappelons que sur les 242 marins de l'expéditions il y a eu tout de même 91 survivants... FIN SPOILERS !... En conclusion, le réalisateur s'est un peu trop regardé filmer, content de ses plans sublimes sans aucun doute, d'une reconstitution plutôt bluffante, mais le film aurait largement être plus court (au moins 20-25mn) et en assumant que seul la partie à partir de 1519 était ciblée. Une déception donc, nous forçant à lutter contre les bras de Morphée alors qu'il y avait mieux à faire.
Note :