Nouveau long métrage du japonais d'origine sud-coréenne Sang-Il Lee déjà réalisateur de films comme "Chong" (2000), "Border Line" (2002) ou "Rage" (2016) mais il reste très peu connu en France où aucun de ses films ne sont encore sortis en salles. Pour ce nouveau projet il adapte le roman éponyme 52025) de Shuichi Yoshida, auteur que le cinéaste avait déjà porté sur grand écran avec "Villain" (2010). Le scénario est signé de Satoko Okudera scénariste de "Samouraï Resurrection" (2002) de Hideyuki Hirayama ou "Kaidan" (2007) de Hideo Nakata mais surtout connu pour sa collaboration avec Mamoru Hosoda pour ses films d'animation "La Traversée du Temps" (2006), "Summer Wars" (2009) et "Les Enfants Loups, Ame & Yuki" (2012). Le film a dépassé la barre symbolique de 11 millions d'entrées au box-office japonais en faisant un des plus gros succès du cinéma au Japon pour un film en prises de vues réelles. En prime le film est d'ores et déjà sélectionné pour le prochain Oscar du meilleur film étranger... Nagasaki en 1964, à la mort de son père, chef d'un gang de yakuzas, Kikuo 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel. Durant des décennies, les deux garçons évoluent côte à côte, de l'école du jeu aux plus belles salles de spectacle, entre scandales et gloire, fraternité et trahisons mais un seul des deux deviendra le plsu grand maître japonais de l'art du kabuki...
Shunsuke est joué par Ryusei Yokohama remarqué dans "The Parades" (2023) et "The Village" (2023) tous deux de Michihito Fujii, et joué plus jeune par le jeune Keitatsu Koshiyama apparu dans "My Sunshine" (2024) de Hiroshi Okuyama. Kikuo est incarné Ryo Yoshizawa vu dans "Bleach" (2018) et "Kingdom" (2019) touss deux de Shinsuke Sato ou "In Love and Deep Water" (2023) de Yusuke Taki, et plus jeune par Soya Kurokawa révélé par le film "L'Innocence" (2023) de Hirokazu Kore-Eda après lequel il retrouve l'actrice Mitsuki Takahata qui retrouve également Ryo Yoshizawa après "Blue Spring Ride" (2014) de Io Sakisaka puis son réalisateur Sang-Il Lee après "Rage" (2016) à l'instar de Ken Watanabe qui était aussi dans "Unforgiven" (2013) également de San-Il Lee pour l'acteur japonais qui a connu la reconnaissance internationale avec les films "Le Dernier Samouraï" (2003) de Edward Zwick, "Lettres d'Iwo Jima" (2007) de Clint Eastwood et "Inception" (2010) de Christopher Nolan, puis également dans "Rage" (2016) il y a aussi Takahiro Miura qui retrouve de son côté après "Kamikaze le Dernier Assaut" (2013) de Takashi Yamazaki son partenaire Min Tanaka remarqué dans les sublimes "Le Samouraï du Crépuscule" (2002) et "La Servante et le Samouraï" (2004) tous deux de Yoji Yamada, retrouvant après ce dernier film l'acteur Masatoshi Nagase vu ensuite dans "Les Délices de Tokyo" (2015) de Naomi Kawase ou "Rendez-Vous à Tokyo" (2021) de Daigo Matsui. Citons encore Shinobu Terajima vu dans "Le Soldat Dieu" (2010) de Koji Wakamatsu ou "A Family" (2020) de Michihito Fujii, Nana Mori vue dans "Les Enfants du Temps" (2019) de Makoto Shinkai ou "Tokyo Ghoul S" (2019) de Takuya Kawasaki, puis Kyusaku Shimada vu dans "Princess Blade" (2001) de Shinsuke Sato, "Pandémie" (2008) de Takahisa Zeze ou "Onoda, 10000 Nuits dans la Jungle" (2021) de Arthur Harari... Rappelons que le Kabuki (Tout savoir ICI !) est une forme traditionnel du théâtre japonais à ne pas confondre avec l'autre principal concept nippon, le théâtre Nô sans doute plus populaire encore. Le premier intérêt du film réside dans cette exploration et cette immersion dans un art ancestral et traditionnel qui peut paraître pour nous occidentaux plutôt exotique, mais surtout d'un folklorique kitsch accentué par cet art théâtral où les déclamations des acteurs, le jeu lui-même jusqu'au décors et costumes sont très élaborés, très colorés jusqu'au grotesque (dans le sens noble du terme !). Par contre, le film occulte un fait pourtant important, il existe bel et bien des femmes qui jouent des rôles d'onnagata. Alors que l'histoire retrace les destins de deux hommes sur près de cinquante ans de vie centré sur leur art du Kabuki avec le canevas classique du drame biographique, apprentissage, ascension, lutte intestine, déclin, renaissance (ou pas !), épilogue. Si le film reste centré sur le Kabuki, le prologue est pourtant un drame qui surprend... ATTENTION SPOILERS !... un prologue qui est un drame yakuza sanglant dont l'issu est singulier, alors que le père Yakuza s'apprête à mourir devant son fils sabre à la main comme le veut la tradition et l'honneur il ne peut l'assumer car tué aussitôt par arme à feu, une exécution indigne pour un chef Yakuza qui peut être vu comme un signe du destin précurseur pour le fils, le futur onnagata Kikuo qui priera le diable pour réussir à tout prix et devenir le plus grand acteur de Kabuki du Japon... FIN SPOILERS !... Toute l'histoire repose sur un face à face et un parallèle assez classique entre le fils prodigue censé succédé à son père maître du Kabuki, et l'élève Kikuo, devenu orphelin et dont l'ambition sert un don inné. Entre l'élève qui dépasse le maître, la jalousie malgré l'attachement de l'un pour l'autre, la question filiale et de l'héritage, la force d'un nom honoré face au passé trouble d'un orphelin, les destins d'une vie s'avèrent ainsi aussi tragique que les pièces Kabuki que les protagonistes jouent avec passion sur scène.
Une fresque magnifiquement tragique au cahier des charges inhérent au genre parfaitement suivi, dont certains aspects peut désarçonnés pourtant art nippon oblige mais aussi parce que malgré une durée de film de près de 3h il manque des parties, ou des éléments ne sont pas assez exploités ou traités comme la fin... ATTENTION SPOILERS !... des ellipses plutôt judicieuses, mais des parties trop longues notamment les années 80, oui on a compris la traversée du désert, le plus gênant pourquoi la fiancée de Kikuo le quitte aussi brutalement et soudainement ?! Pas d'attirance préalable pour Shunsuke, pas de crise avec Kikuo... bref incompréhensible voir même invraisemblable. Et à la fin, la photographe est intégré de belle manière mais ensuite rien, suivi même d'une courte scène où Kikuo arrive à un magasin... puis rien de rien... Incompréhensible encore... FIN SPOILERS !... Des petits passages maladroits qui empêchent le film d'être dans les grands films du genre. La mise en scène est plutôt académique, mais elle prend toute son ampleur justement dans les parties de Kabuki, des séquences auxquelles il faut adhérer sans quoi le film peut paraître très long. Mais ces séquences sont d'une réelle splendeur visuelle à défaut de comprendre les parties technico-artistiques aussi sévères et singulières mais on comprend aussi la fascination que cet art peut engendrer. D'autant plus qu'on imagine le travail dément que les acteurs ont dû endurer pour assumer et assurer eux-mêmes le Kabuki du film. En conclusion, Sang-Il Lee signe une fresque à la fois historique, dramatique et artistique qui s'impose comme un pendant nippon au classique chinois "Adieu ma Concubine" (1993) de Chen Kaige.
Note :
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