Mort de l'icône française Brigitte Bardot !

En cette fin 2025 le Septième Art est une ultime fois en deuil avec la mort du sex-symbol des années 50-60 surnommée BB, l'icône Brigitte Bardot nous a quitté ce jour du 28 décembre 2025 à l'âge de 91 ans.

Née en 1934 à Paris 15ème, Brigitte Anne-Marie Bardot est la fille est un industriel propriétaire des usines Bardot (aujourd'hui appartenant à Air Liquide), et d'une mère créatrice de mode et notamment de chapeaux. Les deux parents sont issues de familles de la grande bourgeoisie catholique. Le père écrit également de la poésie sous le pseudo Pilou-Bardot dont le recueil "Vers en Vrac" (1961) sera primé par l'Académie Française du Prix Paul Labbé-Vauquelin. Les parents sont passionnés de cinéma et aiment beaucoup filmer leur famille avec une caméra amateur, une pratique rare à l'époque mais grâce à laquelle il existe de nombreux films de leur fille Brigitte durant toute son enfance ; une séquence est devenue relativement connue, diffusée dès 1959 lors de l'émission Cinq Colonnes à la Une, où on voit la petite Brigitte en 1939 dans une sorte de court métrage incluant plusieurs baisers entre Brigitte et un jeune compagnon. Lors de l'interview de l'émission, son jeune partenaire de l'époque apparaît pour se remémorer ce tournage amateur et où il précise que le père les dirigeait sévèrement jusqu'à administrer des gifles. Durant l'enfance la fillette se trouve laide et se sent mal-aimée, notamment à cause d'une maladie oculaire qui lui donne un léger strabisme. Ce regard la pousse à se tenir autrement et à déambuler d'une manière particulière qui participera à sa grâce naturelle. Son enfance est aussi marquée par une éducation stricte et rigoureuse comme elle l'expliquera plus tard : "J'ai été élevée par des parents de droite, d'une bourgeoisie austère, qui m'ont donné une éducation assez stricte. J'ai connu la cravache... J'allais dans une école catholique, j'étais surveillée avec une gouvernante. Je ne sortais jamais dans la rue toute seule. J'ai été très tenue jusqu'à l'âge de 15 ans." Expliquant aussi que son allure altière que certains perçoivent comme de l'arrogance vient du fait que sa mère la corrigeait dans le cas où "son corps s'affaisse".

Brigitte Bardot : une vraie icône de style ! | Lire la suite

Elle commence l'école en 1940, une scolarité normale malgré l'Occupation, et se passionne pour la danse classique dès ses 7 ans. En 1943, ses résultats scolaires ne sont pas ceux attendus par ses parents qui la place alors dans un institut catholique du 16ème mais la jeune fille doit arrêter la danse, elle tombe malade au point que les parents la réintègre dans son école d'origine avec un doublement de classe. En 1947 elle est reçue au Conservatoire de Paris qu'elle quitte en 1950 pour suivre les cours de Boris Kniasseff (connu pour frapper d'un bâton les élèves dont il était insatisfait) où elle retrouve son amie Leslie Caron. 

Entre temps, en 1948, sa mère convainc le modiste Jean Barthet de laisser Brigitte effectuer le défilé pour ses chapeaux en la laissant danser sur "Le Lac des Cygnes" et ainsi donner à chacun des chapeaux le nom d'un pas de ballet. Le défilé est une réussite, Brigitte devient ensuite une mannequin junior pour la maison de couture Virginie Jeune Fille, puis devient ensuite égérie du parfum Ma Griffe de Carven. Elle multiplie alors les séances photos, de là provient la première utilisation de ses initiales B.B. les parents voulant protéger leur fille en restant anonyme. Elle pose notamment pour la magazine Elle, dont la directrice est une amie de sa mère, elle apparaît en couverture du numéro spéciale du 8 mai 1950 et devient la mascotte du magazine. 

Interview : Brigitte Bardot, la première icône de ELLE - Elle

Par là même, en 1951, le danseur étoile du ballet des Champs Elysées Christian Foye demande l'autorisation d'emmener Brigitte en tournée pendant un mois en Bretagne. En 1949, le réalisateur Marc Allégret la remarque sur une photo de la collection du magazine "Elle" et demande à la rencontrer. Au départ, les parents refusent catégoriquement qu'elle devienne actrice mais elle reçoit le soutien de son grand-père maternel. Lors de l'audition elle fait alors la rencontre d'une jeune assistant réalisateur inconnu, Roger Vadim. Une rencontre qu'elle décrira plus tard : "Je n'avais pas l'habitude de rencontrer des hommes aussi beaux, aussi relax, aussi décontractés. Vadim, je l'ai trouvé sublime de beauté, mais bien sûr jamais je n'aurais pensé que je marierais un jour avec lui. J'allais avoir quinze ans, mais j'avais encore quatorze ans. Ca n'a pas été le coup de foudre, mais ça a été pour moi quelque chose de très très important. Jamais je n'aurais puy penser qu'il tomberait amoureux de moi." 

Le film ne se fera pas, "Les Lauriers sont coupés" (1961) sera réalisé bien plus tard par José Ferrer, le scénario ne sera pas de Vadim mais le destin les liera à jamais. Vadim et Bardot deviennent amis, puis amants à l'insu des parents et se voient dans une chambre de bonne qu'il loue sur l'île Saint-Louis. Vadim rencontre néanmoins les parents qui s'opposent à cette liaison et veulent l'envoyer en pension en Angleterre. Désespérée la jeune femme fait une tentative de suicide, poussant les parents à renoncer, ils consentent alors à ce que le couple continue à se voir mais en échange impose qu'il n'y aura pas de mariage avant ses 18 ans.

Malgré ses années 1949-1951 particulièrement mouvementées elle obtient enfin un premier petit rôle dans le film "Le Trou Normand" (1952 - ci-dessous) de Jean Boyer avec Bourvil comme partenaire. Au départ pas enthousiasmé par le scénario qu'elle qualifie de "cucu la praline" et soutenu par Vadim qui lui déconseille ce tournage elle accepte pour un cachet substanciel à l'époque de 200000 francs anciens. Le tournage est difficile, plusieurs membres de l'équipe l'humilie dont le producteur Jacques Bar avec qui elle refusera de retravailler, puis elle est de plus en plus malade. Après le tournage elle apprend qu'elle est enceinte, à l'insu de ses parents elle se rend à Mégève avec Vadim pour avorter.

Mais son cachet et le succès du film lui permet de débuter sa carrière et de prendre son indépendance. Elle accepte ensuite aussitôt avec cette fois un rôle principal du film "Manina, la Fille sans Voiles" (1952 - ci-dessous) de Willy Rozier où elle joue une sauvageonne. Elle enchaîne ensuite des petits rôles au sein du casting prestigieux de "Les Dents Longues" (1952) de et avec Daniel Gélin, "Le Portrait de son Père" (1953) de André Berthomieu, "Un Acte d'Amour" (1953) de Anatole Litvak son premier film international mené par Kirk Douglas puis participe à la superproduction historique "Si Versailles m'était conté..." (1954) de Sacha Guitry.

Entre temps, Vadim tient promesse, ses parents aussi, le couple se marie en décembre 1952. Pour recevoir l'aval des parents Vadim devient journaliste à Paris-Match afin de prouver qu'il gagne de l'argent régulièrement, ce qui fait titrer le magazine en question : "Brigitte a trouvé son mari à Paris-Match".

Elle connaît un succès inattendu sur scène avec la pièce de théâtre "L'Invitation au Château" (1953) pour laquelle elle reçoit de bonnes critiques. Néanmoins, l'actrice multiplie les tournages sans trouver le rôle où le succès personnel qu'elle recherche. Elle tourne pas loin d'une dizaine de films en deux ans, dont "Le Fils de Caroline Chérie" (1954) de Jean Devaivre, "Futures Vedettes" (1955) de Marc Allégret qu'elle retrouve enfin, "Les Grandes Manoeuvres" (1955) de René Clair avec Gérard Philippe et Michèle Morgan, puis tourne en Italie les deux peplums "Les Week-Ends de Néron" (1956 - ci-dessous) de Steno avec Vittorio De Sica et Gloria Swanson et "Hélène de Troie" (1956) de Robert Wise durant lequel elle croise en coulisse Ursula Andress avec qui elle se lie d'amitié.

Mais cette même année la carrière de l'actrice prend un virage aussi violent que glamour en tournant dans le premier long métrage en tant que réalisateur de son époux, alors en plein tournage, Bardot fait sensation au Festival de Cannes qui éclipse les plus grandes stars de l'époque mais ce n'est rien à ce qui va bientôt suivre. Le film intitulé "Et Dieu... créa la Femme" (1956 - ci-dessous) de Roger Vadim avec Jean-Louis Trintignant, Curd Jürgens et Richard Marquand fait sensation. Le film reçoit un accueil mitigé en France malgré 3,9 millions d'entrées. Le film est censuré sur quelques scènes mais le film est un succès à travers le monde et fait de Brigitte Bardot une star internationale et le nouveau sex-symbol d'une génération. La majorité des critiques français sont violents surtout envers l'actrice, mais le film reçoit le soutien des Cahiers du Cinéma dont les dénommés Claude Chabrol, François Truffaut et Jean-Luc Godard. Aux Etats-Unis malgré l'hostilité des courants de vertu et autres courants religieux le film fait un triomphe (pour un film français) et l'actrice devient l'actrice française la plus connue. En France, Simone de Beauvoir affirme que Brigitte Bardot "marche lascivement et un saint vendrait son âme au diable pour la voir danser." Néanmoins, le film signe pourtant la fin de la relation entre Bardot et Vadim, l'actrice le quitte pour son partenaire Jean-Louis Trintignant.

A l'automne, Brigitte Bardot est invitée à Londres où elle est présentée à la reine Elizabeth II, mais surtout c'est l'occasion pour elle de rencontrer timidement son idole, Marylin Monroe.

L'effet du film "Et Dieu... créa la Femme" (1956) est immédiat, le producteur Raoul Levy lui fait signer un contrat de quatre films avec des cachets faramineux, 12 millions de francs pour le premier film, 15 millions pour le second, 30 millions pour le troisième et 40 millions pour le quatrième !

Elle refuse d'abord une offre hollywoodienne avec Glenn Ford et Doris Day, puis après "Une Parisienne" (1957) de Michel Boisrond elle assure le premier film de son contrat avec "Les Bijoutiers au Clair de Lune" (1958) de Roger Vadim avec Stephen Boyd et Alida Valli, puis ensuite tourne dans le drame judiciaire "En Cas de Malheur" (1958 - ci-dessous) de Claude Autant-Lara avec le monstre sacré Jean Gabin qui était loin d'être à l'aise en amant d'une si jeune femme. Mais Brigitte Bardot stresse pour devoir jouer devant un tel partenaire, au point que le réalisateur se fâche devant ses prises râtées. Gabin sentant son angoisse fait exprès de se tromper pour détendre l'atmosphère. Le tournage se passe bien ensuite, Gabin constatera alors que sa partenaire a "la nature instinctive des grands, un ton, une étrangeté absolue, entre brutalité et candeur." Le film fait un scandale également ainsi un plan de fesses de l'actrice est supprimée avec une interdiction au moins de 16 ans. Une censure qui ne sera levée qu'en 1998. Le film est présenté à la Mostra de Venise où la star provoque des émeutes, ce qui fera dire à Autant-Lara : "Brigitte a un pouvoir sur les foules." !

Cette même année 1958, l'actrice est alors l'actrice française la mieux payée et achète une petite maison de pêcheur à Saint-Tropez nommée La Madrague qui va devenir son refuge.

Elle tourne ensuite "La Femme et la Pantin" (1959) de Julien Duvivier puis "Babette s'en va-t-en Guerre" (1959 - ci-dessous) de Christian-Jaque avec Jacques Charrier qu'elle épouse après le tournage. Un film qu'elle avait d'abord refusé trouvant le scénario décevant, le producteur Raoul Levy a donc fait réécrire le scénario par un certain Gérard Oury, une version enfin acceptée par l'actrice. Elle tourne ensuite une autre comédie avec  "Voulez-vous Danser avec Moi ?" (1959) de Michel Boisrond où elle croise pour la première fois Serge Gainsbourg.

L'actrice accouche d'un petit Nicolas début 1960. Cette même année elle lance la mode du vichy à carreaux porté avec des ballerines. Mais l'année est difficile, son mari Jacques Charrier est déclaré inapte au service militaire, hospitalisé puis soigné à domicile. Elle apprend que son secrétaire personnel a négocié ses mémoires avec France Dimanche pour 50 millions d'anciens francs promettant des secrets sur la vie privée de la star. Bardot le licencie et attaque en justice mais elle est déboutée. L'actrice conclue alors un contrat avec différents médias dont le magazine Elle, France-Dimanche, Ici Paris afin que les parties "fausses ou erronées" soient supprimés. Une lecture sur plusieurs jours est organisée...

Durant ces mois douloureux, sur proposition du producteur Raoul Levy l'actrice est accepte de tourner dans le film "La Vérité" (1960 - ci-dessous) de Henri-Georges Clouzot avec Sami Frey, Charles Vanel ou Paul Meurisse. Malgré la volonté de l'actrice de tourner avec ce grand réalisateur le tournage est houleux et difficile, le réalisateur étant connu pour pousser à bout ses acteurs quitte à user de moyens brutaux physiquement ou psychologiquement. Plusieurs incidents ont lieu, dont une gifle donnée au cinéaste, ou des pleurs obtenus de façon indélicates ce qui fera dire à l'actrice après une prise : "Tu sais, tu as été les chercher loin, celles-là !" Mais le résultat donne un grand film qui attire plus de 6 millions de spectateurs en France ce qui restera le plus grand succès public de l'actrice et beaucoup considère qu'il s'agit là de son plus grand rôle marque par la plaidoirie, un monologue tourné en une seule prise après laquelle elle est applaudie par les techniciens.

Entre la fin du tournage et la sortie du film, l'actrice fait une tentative de suicide. Elle est retrouvée inconsciente aux alentours d'une bergerie à Menton après avoir avalé des barbituriques et s'être tranchée les veines. Elle est donc absente lors des premières du film et des cérémonies mais elle fait la une des journaux. Elle passe sa convalescence à la Madrague épaulée par sa mère mais elle rejoint bientôt son partenaire Sami Frey pour quitte elle quite son époux. Second scandale.

Elle retourne travailler et tourne "La Bride au Cou" (1961), qui est dirigé par Jean Aurel mais après trois semaines l'actrice le fait remplacer par son ex-mari Roger Vadim. Elle apparaît ensuite dans le film à sketchs "Les Amours Célèbres" (1961) de Michel Boisrond où elle a pour partenaireAlain Delon. Mais surtout elle accepte de jouer dans un film inspiré de sa propre vie, "Vie Privée" (1962 - ci-dessous) de Louis Malle avec Marcello Mastroïanni qui va effectivement la rattraper ; le tournage débute à Genève en Suisse, lors d'une scène l'actrice reçoit des objets, des fruits et des insultes comme par exemple "La putain en France. Qu'elle aille chez elle faire ses saloperies. La paix en Suisse. Qu'elle crève. Des ordures pour les ordures. Qu'on rouvre les maisons closes pour la mettre dedans avec une caméra." Le tournage sera plus apaisée ensuite à Paris ou en Italie. Le film sera citée par l'actrice comme son film favori avec "La Vérité" (1960).

Entre temps, le statut de la star devient un poids particulièrement inquiétant dans un contexte de guerre d'Algérie. en novembre 1961 elle reçoit une lettre de menace de l'OAS exigeant d'elle un soutien de 50000 francs. L'actrice met son fils en sécurité en Suisse, divulgue la lettre dans les médias, mais sans recevoir le soutien des autorités elle engage une police privée pour sa sécurité. En France cette affaire polarise forcément mais reçoit aussi beaucoup de soutien notamment de l'étranger dont le journal anglais The Times écrit un éditorial qui loue son courage pour son refus de se soumettre au chantage. Durant cette période elle commence aussi son militantisme pour les animaux, en janvier 1962, toujours menacée par l'OAS elle se rend sur l'émission Cinq Colonnes à la Une pour dénoncer les conditions d'abattage par égorgement et est reçue ensuite par le ministre de l'Intérieur. 

Elle tourne ensuite "Le Repos du Guerrier" (1962 - ci-dessous) de Roger Vadim avec Robert Hossein, puis elle apprend la mort mystérieuse de Marylin Monroe dont le suicide probable fortement évoquée l'ébranle car consciente des similitudes dans leur destin respectif. Elle divorce de Jacques Charrier. Pour fêter la bonne année 1963 l'actrice accepte d'interpréter des chansons de divers auteurs-compositeurs dont un certain Serge Gainsbourg.

Toujours amante de Sami Frey, ce dernier joue sur scène avec Anna Karina alors épouse d'un certain Jean-Luc Godard. Les deux couples se retrouvent dans une brasserie parisienne et Bardot en profite pour faire savoir qu'elle a beaucoup aimé le roman de Alberto Moravia dont elle sait que Godard prépare l'adaptation. Mais si le cinéaste avait louer la modernité lorsqu'il était critique au Cahier du Cinéma à la sortie de "Et Dieu... créa la Femme" (1956) il trouve qu'elle s'est perdue en tournant avec Autant-Lara et Clouzot. Néanmoins, le producteur américain est catégorique, ce sera Bardot ou rien. Godard n'a donc pas le choix, l'actrice obtient même un cachet de 1 million de dollars ! Ainsi elle joue le rôle féminin principal du film "Le Mépris" (1963 - ci-dessous) de Godard avec Michel Piccoli, Jack Palance et Fritz Lang. Lors du tournage, Bardot a du mal à comprendre le réalisateur qui la tétanise, sans savoir que Godard n'ets pas plus à l'aise. Bardot comprend aussi que Godard se sert du film pour transposer sa propre crise conjugale avec Anna Karina ce qui ne plaît pas à Bardot qui ne s'imaginait pas un tel film. Si les critiques sont mitigées le film va devenir culte notamment grâce à la fameuse scène de l'"effeuillage verbal". Elle quitte Sami Frey durant le tournage.

Elle a ensuite une liaison avec Bob Zagury un musicien brésilien. Elle le suit en vacances à Rio de Janeiro mais s'isole dans son appartement pour échapper à la foule et aux paparazzis. Des journalistes font alors des conjectures sur un éventuel mariage mais aussi si sa capacité éventuelle à aider la diplomatie autour du conflit de la "guerre des langoustes" entre la France et le Brésil.

Elle tourne ensuite la comédie "Une Ravissante Idiote" (1964 - ci-dessous) de Edouard Molinaro avec la star Anthony Perkins encore auréolé de sa performance dans "Psychose" (1960) de Alfred Hitchcock. Puis après avoir refusé plusieurs proposition du nabab hollywoodien Darryl F. Zanuck elle accepte d'apparaître dans son propre rôle non crédité sur sa demande en échange de 200000 dollars dans la comédie familiale "Chère Brigitte" (1965) de Henry Koster avec la star James Stewart. Néanmoins la 20th Century Fox va habilement utiliser son image pour la promo du film.

Après un Noël brésilien, elle part au Mexique pour y tourner le western au féminin "Viva Maria !" (1965 - ci-dessous) de Louis Malle avec Jeanne Moreau dont elle craignait le talent, souvent décrite comme plus crédible en tant qu'actrice. Mais le film est un grand succès et plusieurs critiques estiment qu'elle a largement tenue la dragée à sa partenaire voire même lui aurait volé la vedette. Entre une apparition dans "Masculin Féminin" (1966) de Jean-Luc Godard et "A Coeur Joie" (1967) de Serge Bourguignon, elle rencontre Gunther Sachs qui a créé une marque de vêtement avec une boutique à Saint-Tropez, ce dernier la séduit entre autre avec 10000 roses envoyées par hélicoptère. Ils se marient en 1966. Sur la demande de son époux elle accepte de présenter le film documentaire "Batouk" (1967) de Jean-Jacques Manigot au Festival de Cannes 1967, la cohue est sans précédent pour ce qui restera la dernière venue de la star au Festival.

A cette même période, son époux insiste pour qu'elle accepte de jouer dans "L'Affaire Thomas Crown" (1968) de Norman Jewison aux côtés de Steve McQueen mais elle refuse et sera remplacée par Faye Dunaway, idem on lui propose un rôle de James Bond Girl dans "Au Service Secret de sa Majesté" (1969) de Peter Hunt mais elle refuse également.

Elle prépare alors une émission TV, le Bardot Show (1967-1968) où elle doit interpréter des chansons sur mesure. C'est ainsi qu'elle retrouve Serge Gainsbourg qui lui signe des chansons qui vont devenir des titres mythiques comme "Harley-Davidson", "Je t'aime... moi Non Plus" ou "Comic Strip". Elle devient son amant ce qui surprend, vexant entre autre son époux à cause du soit-disant physique ingrat de "l'homme à tête de chou", mais B.B. dira : "La beauté, c'est quelque chose qui peut être séduisant un temps. Ca peut être un moment de séduction. Mais l'intelligence, la profondeur, le talent, la tendresse, c'est bien plus important et ça dure beaucoup plus longtemps." Néanmoins, sur les conseils de son agent et afin de limiter l'impact d'un scandale elle demande à Gainsbourg de ne pas diffuser "Je t'aime... moi Non Plus" pour la remplacer par "Bonnie and Clyde". Bientôt l'artiste rencontre Jane Birkin, la séparation est inévitable et Gainsbourg sort ensuite l'album "Initials B.B." (1968).

Elle retrouve Louis Malle et Alain Delon pour le film à sketchs "Histoires Extraordinaires" (1968), puis en pleine séparation avec Gainsbourg elle accepte de partir en Espagne pour tourner le western "Shalako" (1968 - ci-dessous) de Edward Dmytryk avec Sean Connery. Le tournage n'est pas un plaisir car elle est trop détachée du projet, le film est un échec et les critiques médiocres. Dans le même temps elle est par contre très intéressée pour jouer aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans "La Sirène du Mississippi" (1969) de François Truffaut mais au final le cinéaste choisit Catherine Deneuve, ce qui lui fera dire après l'échec du film : "Je suis ravie que ce soit un tel bide, parce que c'est bien fait. On me l'a piqué d'une manière tellement ignoble. J'étais folle de rage..."

 Etonnamment elle accepte de jouer dans "Les Femmes" (1969) de Jean Aurel qu'elle avait fait remplacé des années auparavant, ce film avec Maurice Ronet en écrivain qui engage une secrétaire pour retrouver son inspiration érotique est un nouvel échec. Elle tourne ensuite "L'Ours et la Poupée" (1970) de Michel Deville où elle entreprend de séduire Jean-Pierre Cassel qui se refuse à elle, puis devant l'insistance de son agent qui commence à s'inquiéter du peu de propositions de tournage l'actrice accepte de jouer dans "Les Novices" (1970 - ci-dessous) de Guy Casari elle est une nonne qui devient apprentie prostituée aidée par l'expérimentée Annie Girardot, mais le film est également un échec.

Elle incarne une star de cinéma des années 20, idole et amour inaccessible d'un marin joué par Lino Ventura dans "Boulevard du Rhum" (1971) de Robert Enrico puis enchaîne avec un nouveau western au féminin avec 'Les Pétroleuses" (1971 - ci-dessous) de Christian-Jaque avec cette fois Claudia Cardinale qui a accepté le rôle à la condition que ce soit avec Bardot. Si le premier est un semi-échec le second reste un succès populaire à défaut de convaincre les critiques.

LES PETROLEUSES - CLAUDIA CARDINALE BOX OFFICE 1971 - BOX OFFICE STORY

Elle accepte comme un dernier adieu de tourner dans "Don Juan 73 ou si Don Juan était une Femme" (1973 - ci-dessous avec Jane Birkin) de Roger Vadim où elle retrouve Robert Hossein et Maurice Ronet et où elle a pour partenaire Jane Birkin. Le tournage s'avère compliquée, l'actrice ne désirant déjà plus tournée. Le film est un nouvel échec. Son agent lui soumet un scénario, "L'Histoire très Bonne et très Joyeuse de Colinot Trousse-Chemise" (1973) de Nina Companez qu'elle accepte de tourner par amitié pour la cinéaste mais la prévient : "Je ne vaux plus rien, vous ne me payez pas, on verra après." Lors du tournage, elle aperçoit une petite chèvre, quand elle s'approche une dame lui confie que l'animal est destiné à un méchoui. Horrifié l'actrice achète la petite chèvre et l'emmène chez elle. Cet incident est un déclencheur alors que la dernière scène du film la montre une colombe à la main, comme un symbole...

Alors que le tournage n'est pas terminée, à l'âge de 38 ans, Brigitte Bardot annonce qu'elle arrête sa carrière cinématographique pour se consacrer à la cause animale tout en précisant que son métier d'actrice lui semble désormais vain, dérisoire voire inutile. Elle dit que son choix a été soudain : "Je me suis trouvée franchement ridicule, tellement cruche, le cinéma me gonflait depuis longtemps déjà et en une seconde, j'ai décidé d'arrêter."

Elle refuse un cachet de 1 million de dollars pour tourner avec Marlon Brando, hésite sur un projet d'adaptation du roman "Belle du Seigneur" de Albert Cohen, puis finalement en 1975 elle confirme formellement l'arrêt bel et bien définitif de sa carrière au cinéma. Elle ne tournera plus jamais.

Désormais l'actrice devient une ambassadrice farouche de la cause animale. Ses nombreux combats feront grand bruit de la lutte contre la chasse au bébé phoque dès 1976, devenant porte-parole de la SPA, devant un soutien et un ami de Allain Bougrain-Dubourg à partir de 1982, créant sa fondation Brigitte Bardot (Tout savoir ICI !) en 1986 déclarée d'utilité publique en 1992 et léguant au fur et à mesure tous ses biens à sa fondation dont la Madrague dès 1992. - Sa carrière de cinéma étant notre intérêt, pour sa lutte pour le bien être animal cliquez sur sa fondation !

Elle publie en 1996 ses mémoires "Initiales B.B." qui provoque un scandale, son ex-mari Jacques Charrier et son fils Nicolas l'attaque pour "violation de vie privée" et gagnent. Madonna lui propose 3 millions de dollars pour adapter au cinéma ses mémoires mais elle refuse car la pop star porte de la fourrure. Elle publie la suite de ses mémoires "Le Carré de Pluton" (1999) qu'elle présente comme son testament. Outre la lutte pour les animaux, Brigitte Bardot aura toujours une personnalité complexe et polémique avec de nombreuses déclarations qui feront scandale d'un point de vue politique ayant des liens étroits avec l'extrême droite entre autre, en étant contre l'islamisation de la France, en étant pour le retour des Maisons Closes où en expliquant qu'elle n'a rien à voir avec le "néo-féminisme", déclarant encore en mai 2025  : "Le féminisme c'est pas mon truc, moi j'aime bien les mecs."

En 1964 elle a été un des grands soutiens de Joséphine Baker pour la sauvetage de son château où elle accueillait et adoptait tous ses enfants. Elle a aussi été la buste de Marianne pour la France au début des années 70. 

Bien que l'actrice soit souvent décrite comme une mangeuse d'hommes, elle avouera avoir connue exactement 17 hommes.

Son premier mari Roger Vadim, connu en 1949, mariage en 1952 divorce en 1956 après sa liaison sur le tournage de "Et Dieu... créa la Femme" (1956) avec Jean-Louis Trintignant dont Vadim avait le plus grand mal a tourné les scènes d'amour. Néanmoins Bardot dira à propos de Vadim : "J'ai vécu avec lui la période la plus belle, la plus intense, la plus heureuse de toute cette époque de ma vie." Elle a ensuite une brève liaison avec le chanteur Gilbert Bécaud, découverte par Trintignant il la quitte aussitôt en 1957. Elle a ensuite une liaison tout aussi brève avec le chanteur Sacha Distel avant de rencontrer Jacques Charrier qu'elle épouse en 1959 et avec qui elle a son unique fils Nicolas en 1960. Si elle aime son enfant elle écrira plus tard toute la souffrance autour de sa grossesse. Elle a une liaison ensuite avec Sami Frey sur le tournage de "La Vérité" (1960), avant que cela s'arrête en 1962 ce qui n'empêchera pas son divorce en 1963. Elle connaît une liaison avec le musicien brésilien Bob Zagury (1963-1965) avant d'épouser Gunther Sachs en 1966. Sa rencontre et sa passion avec Serge Gainsbourg (1967-1968) sera plus ou moins accepté par l'époux puis finalement ils divorceront en 1969. Elle noue ensuite quelques relations plus ou moins courtes dont une avec Allain Bougrain-Dubourg au milieu des années 80 avec qui elle restera toujours très proche. Lors d'un dîner en 1992, elle a un coup de foudre suivi d'un mariage avec l'industriel Bernard d'Omale, un proche de Jean-Marie Le Pen avec qui elle partage aussi le combat pour les animaux.

L'actrice aura inspiré de nombreux artistes des Beatles à Andy Warhol, et sa disparition des grands écrans depuis plus de 50 ans n'aura jamais altéré sa popularité et son prestige malgré quelques polémiques souvent monté en épingle par les médias. L'actrice reste une icône indiscutable et mythique, une des stars les plus emblématiques du cinéma des années 50-60 avec des films et des rôles cultes ancrés à jamais au Panthéon du Septième Art.

La star apprend en 1984 être atteinte d'un cancer du sein. Dans un premier temps elle refuse de se soigner affirmant "traiter le cancer avec mépris, lui accordant peu d'importance", mais son amie Marina Vlady la persuade d'en faire un nouveau combat qu'elle finit par gagner. 

Si elle habite depuis 1958 à La Madrague à Saint-Tropez, elle s'y retire définitivement et quasi recluse depuis 2006 acceptant rarement les entretiens. Lors de ses derniers communiqués on peut citer son hommage à son ami Alain Delon (mort en 2024) et à son ex-époux Jacques Charrier (mort en septembre 2025) tandis qu'elle est revenue une dernière fois au cinéma il y a quelques semaines dans le documentaire "Bardot" (2025) de Alain Bertliner et Elora Thevenet qui apparaît alors comme un testament.

Hospitalisé en septembre 2025 où elle annonçait qu'elle n'était pas prête à partir, puis une seconde fois en novembre dernier avant un retour à domicile, la légende Brigitte Bardot meurt finalement dans sa propriété de La Madrague ce dimanche 28 décembre 2025 à l'âge de 91 ans.