Premier long métrage de Louise Hémon (petite-fille du critique cinéma Jacques Chevallier) qui a auparavant signée des courts et moyens métrages comme "L'Homme le plus Fort" (2014), "Une Vie de Château" (2019) ou le documentaire "Salomé sur les Slackline" (2020). La réalisatrice-scénariste s'est inspirée essentiellement de sa famille issue d'une lignée d'instituteurs du côté maternelle, et a signé son scénario en collaboration avec Anaïs Tellenne qui a signé l'excellent premier film "L'Homme d'Argile" (2023), puis avec Maxence Stamatiadis réalisateur-scénariste du film "Au Jour d'Aujourd'hui" (2021). Le film a été sélectionné à Cannes 2025 à la Quinzaine des Cinéastes où elle reçoit le Prix Jean Vigo...
1899. Par une nuit de tempête, Aimée, jeune institutrice républicaine arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants elle se montre bien décidée à instruire et éclairer de ses lumières les croyances obscures. Alors qu'elle intègre de mieux en mieux la communauté un vertige sensuel grandit en elle tandis qu'une avalanche engloutit un montagnard... La jeune institutrice est incarnée par Galatea Bellugi vue notamment dans "La Passion de Dodin Bouffant" (2023) de Tran Anh Hung, "Gloria" (2024) de Margherita Vicario ou "La Condition" (2025) de Jérôme Bonnell, et retrouve après "La Fille d'Albino Rodrigue" (2023) de Christine Dory son partenaire Matthieu Lucci vu dans "Selon la Police" (2020) de Frédéric Videau, "Le Tableau Volé" (2024) de Pascal Bonitzer ou "Rapaces" (2025) de Peter Dourountzis, citons ensuite Samuel Kircher fils de Irène Jacob et petit frère de Paul Kircher révélé par le film "L'Eté Dernier" (2023) de Catherine Breillat, Sharif Andoura vu dernièrement dans "Hors-Saison" (2024) de Stephane Brizé et "Le Système Victoria" (2024) de Sylvain Desclous, puis plusieurs non-professionnels issus de la montagne comme Oscar Pons, Amid Bouselehane, Marisa Ronchail, Annie Souche, André Borel, Léna Camillieri Dorléans... Fin 19ème, une institutrice dans la jeune école républicaine obligatoire, on pense forcément au film qui a précédé sur ce même sujet "Louise Violet" (2024) de Eric Besnard... Mais alors que ce dernier reste dans un style très populaire et grand public, Louise Hémon choisit un style très auteuriste et très docu-fiction au point où on peut aisément se croire dans une immersion façon voyage dans le temps. La reconstitution historique aussi viscérale qu'organique est aussi fascinante qu'hypnotisante. Le rythme lancinant, voir monotone à l'image d'un quotidien dur, rude et âpre inhérent aux conditions environnementaux spécifiques apportent un climax singulier mais très naturaliste autour de cette histoire aussi crédible qu'authentique.
Si on aime beaucoup Galatea Bellugi on doit avouer que son jeu très ingénue, sans doute pas aidée par une direction d'acteur peu créative donne à son personnage d'institutrice un limité peu intéressante et peu introspective. Néanmoins, l'immersion historique est indéniable, le huis clos rustique et champêtre montre et démontre les difficultés d'une jeune institutrice à s'imposer dans une province reculée en l'an 1900. Par contre, le côté "sensuel" vendu par la promo du film s'avère une arnaque, clairement cette dimension reste vendeuse mais n'est pas explorée à fond alors qu'on perçoit la partie "jeune femme institurice" à peine survolée bien plus passionnante. Malheureusement, l'intrigue mise en place ne repose ni sur la "sensualité" ni sur l'"éducation de la République"... ATTENTION SPOILERS !... deux avalanches et deux disparitions, et deux enquêtes inexistantes et deux questions sans réponses ... FIN SPOILERS !... On adore toute l'atmosphère, le travail incroyable sur la photographie et la lumière, mais quand arrive la fin on se dit tout ça pour ça, quand toute une histoire se construit pour aussi peu de résultat, une fin ouverte aussi inepte reste incompréhensible... Dommage...
Note :
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