Après le drame "Little Woods" (2018), le film d'horreur "Candyman" (2021) et l'échec cuisant des superhéroïnes "The Marvels" (2023) la Productrice-réalisatrice-scénariste Nia DaCosta revient avec un film à l'ambition de moindre mesure à tous points de vue mais non sans audace en adaptant la célèbre pièce de théâtre "Hedda Gabler" (1890) du norvégien Henrik Ibsen qui a déjà été adapté à de nombreuses reprises, outre la télévision et le théâtre il y a eu une bonne douzaine de films entre 1917 et 2004. Nia DaCosta est co-productrice avec son actrice principale Tessa Thompson et un certain Brad Pitt via sa société Plan B Entertainment. Malgré tout le film est surtout destiné à une diffusion sur la plateforme Prime Video pour une sortie limitée en salles obscures aux Etats-Unis...
Hedda est mariée depuis peu avec Jorgen Tesman un homme un peu falot qui espère obtenir une chaire à l'université. Tout juste de retour de voyage de noces, Hedda apprend que le principal rival pour le poste n'est autre que Eileen Lovborg, son ancienne amante. Autrefois noceuse et bohème elle se serait beaucoup assagie et reprise depuis qu'elle est amoureuse de Thea, ancienne camarade de pension de Hedda. Jalouse Hedda va bientôt complotée pour se venger de Eileen et tout faire pour asseoir sa position sociale en obtenant le poste tant convoité pour son époux... Le rôle titre est incarnée par Tessa Thompson qui retrouve sa réalisatrice après "Little Woods" (2018) et "The Marvels" (2023) où elle reprenait son rôle de Valkyrie chez Marvel depuis "Thor : Ragnarok" (2017) de Taika Waititi, et vue depuis dans "Annihilation" (2018) de Alex Garland, "Men in Black International" (2019) de F. Gary Gray ou "Clair Obscur" (2020) de Rebecca Hall. Son époux est joué par Tom Bateman remarqué dans "Le Crime de l'Orient-Express" (2017) et "Mort sur le Nil" (2022) tous deux de et avec Kenneth Branagh. Eileen Lovborg est interprétée par l'allemande Nina Hoss actrice fétiche de Christian Petzold mais vue dernièrement dans "The Contractor" (2022) de Tarik Saleh et "Tar" (2023) de Tood Field, tandis que sa maîtresse Thea est jouée par Imogen Poots vue dans "The Father" (2020) de Florian Zeller et surtout le récent "The Chronology of Water" (2025) de Kristen Stewart. Citons ensuite le juge Brack incarné par Nicholas Pinnock vu dans "Le Livre de Clarence" (2024) de Jeymes Samuel et "Here" (2024) de Robert Zemeckis, le doyen d'Université joué par Finbar Lynch aperçu dans "Les Suffragettes" (2014) de Sarah Gavron ou "Enfant 44" (2015) de Daniel Espinosa, puis enfin Kathryn Hunter vue dans The Tragedy of Macbeth" (2021) de Joel Coen, "Pauvres Créatures" (2024) de Yorgos Lanthimos ou "Megalopolis" (2024) de Francis Ford Coppola... La première chose qui frappe est évidemment les modifications vis à vis de l'oeuvre originale, et pas des détails. On reste à une époque fin du 19ème, film en costume donc, mais surtout l'ex-amant Ejlert Lovborg devient ici une femme Eileen Lovborh tandis que Hedda est une femme noire dans une relation lesbienne avec une blanche. A l'instar de François Ozon en France Nia DaCosta impose donc une vision homosexuelle des choses, et étant afro-américaine elle en profite aussi pour raciser sa version. Pourquoi pas ?!
Mais le fait de transposer l'histoire au Royaume-Uni vers 1890 fait que cette vision des choses rend le récit invraisemblable, où comment croire qu'une femme noire ayant des penchants lesbiens soient aussi libre dans un univers patriarcal, blanc et intellectuel ?! En fait il aurait alors été judicieux de transposer réellement le récit à une autre époque, plus contemporaine. Les thématiques de l'oeuvre originale sont donc arasés, la jalousie est moins palpable, l'ambition sociale de Hedda prend plus de place ou encore l'aspect intello-culturel vis à vis des oeuvres est ici très secondaires. Mais sinon on retrouve ce huis clos en ébullition, où les hommes se font spectateurs d'une lutte sans merci entre trois femmes prêtes à tout portant la manipulation à un exercice de survie. Les actrices sont parfaites, souvent touchantes partagées entre leur orgueil et leur passion, et bon point pour les décors et les costumes. En conclusion, voulant moderniser une oeuvre sans la comprendre notamment au vu du contexte géo-social, Nia DaCosta signe une version bancale et maladroite mais qui reste loin d'être déplaisante.
Note :
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