Argylle (2024) de Matthew Vaughn

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Après les trois volets des King's man, Matthew Vaughn revient avec une huitième réalisation qui se veut dans la même lignée d'espionnage humoristique qui a si bien marché avec sa saga précédente. Pour être honnête, j'ai regardé deux fois ce long métrage pour voir réellement ce qui me dérangeait, parce qu'il y a de bonnes idées mais ça tombe à plat. 

Une autrice à succès, solitaire et angoissée, se retrouve au cœur d'un complot d'espionnage basé sur la trame de ses romans. Prise dans un tourbillon incontrôlable, elle va petit à petit découvrir d'où vient son inspiration romanesque et pourquoi elle est sujette à la page blanche. 

L'idée principale du synopsis n'est pas si mauvaise, le début du film également avec une ambiance particulière, un humour et un décalage qui montre la veine du réalisateur. On s'attend à voir un film jouant avec l'absurde mais en la maitrisant à l'instar de ces précédents films. Or, si la première partie du film s'arrange plutôt bien de ce dangereux tempo, le seconde partie du film tombe dans l'absurde totale sans maitrise en voulant simplement faire plus, toujours plus par rapport à d'autres réalisations, on perd ainsi tout ce qui aurait pu donner le caractère et le plaisir de ce long-métrage. Et pourtant, il y a rythme effréné, des rebondissements et des twists qui s'enchainent même grossier, on ne s'ennuie pas et on veut connaitre la fin de l'histoire. 

Mais l'aspect général est gâché par des scènes qui n'amènent rien au film, des scènes incohérentes, sans parler des effets spéciaux qui ne sont pas au niveau attendu d'un tel film. On est affligé en quelques minutes de deux scènes visuellement très moches, incohérentes, poussées à l'absurde et sans intérêt : la danse sous des fumigènes de couleurs et la séance de patinage artistique sur du pétrole...

Mais le pire reste l'interprétation et l'interaction entre les personnages. Bryce Dallas Howard n'a pas l'air de croire à son propre rôle d'espionne dans la seconde partie du film et son alchimie avec le brillant Sam Rockwell est plus que mauvaise, on ne croit pas une seconde à leur relation. Et pourtant, les seuls à vraiment bien jouer ce sont ces espions drôles et décalés, bourrés d'humour interprétés par Sam Rockwell et Henri Cavill, on s'amuse avec leur personnage qui montre vraiment la patte du réalisateur. Le reste du casting est limite affligeant, Dua Lipa, en haut de l'affiche, n'est là qu'en faire valoir féminin, le duo O'Hara/Cranston en méchants de premier ordre ne fonctionne pas non plus. 

L'idée est bonne mais elle s'est perdue dans un flou chaotique. 

Avis de Selenie ICI !

Note :                 

10/20