Séries | EXPATS S01 – 15/20 | LESSONS IN CHEMISTERY – 14/20 | DE GRÂCE – 13/20

Par Taibbo

EXPATS S01 (Prime Video) – 15/20

Expats est un grand mélo qui se déploie sur 6 épisodes intenses, jouant autant sur le suspense (que s’est-il passé avec Gus?) que sur le développement de personnages complexes tous excellement interprétés.
Les pièces du puzzle se mettent progressivement en place dans une mise en scène chaude et élégante sublimant les rues de Hong Kong. Elle impose un tempo lancinant et entêtant. Derrière (ou malgré) le drame, Expat pointe du doigts les privilèges des ultra-riches, tout en évitant tout manichéisme. Malgré son visage de plus en plus étrange, Kidman demeure la reine incontestée de la nuance et de l’incarnation dramatique.

LESSONS IN CHEMISTERY
(AppleTV) – 14/20

On avait presque oublié qu’elle n’était pas que Captain Marvel…. Brie Larson nous rappelle la grande actrice qu’elle est dans cette série au joli classicisme. Lessons in Chemistery raconte la success story d’une chimiste surdouée qui, pour se faire entendre, accepte la présentation d’une émission de télévision culinaire populaire. Un moyen détourné pour partager ses connaissances scientifiques et répondre aux préoccupations des femmes dans les années 50. Lessons in chemistery remonte le temps pour mieux porter un nouveau coup au patriarcat, pas le plus violent mais très audible. C’est un peu une preuve par l’absurde que déroule la série. La misogynie est là, partout, tout le temps, exaspérante. On ne peut qu’adhérer au féminisme porté sur 8 épisodes et qui nous rapproche naturellement du personnage incarné avec beaucoup de nuance par Brie Larson. Malgré son côté cartésien et parfois austère, on s’attache vraiment au destin tantôt dramatique tantôt joyeux d’Elizabeth . Une nouvelle série à l’impeccable direction artistique et au propos puissant pour AppleTV.
DE GRÂCE S01 (Arte) – 13/20

De Grâce prend pour décor les docks du Havre et leur longue et ancienne histoire de lutte syndicale désormais gangrénée par la corruption et le trafic de drogue.
Une saga familiale et mafieuse qui lorgne du côté de ses références américaines (Soprano, The Wire etc…) sans en avoir tout à fait l’étoffe. Elle réussit cependant à imposer sa singularité grâce à la peinture de cette congrégation unique et puissante et à des acteurs remarquables (Panayotis, Lottin, Gourmet évidemment).
Intelligemment construite autour de flash-backs, De Grâce opère une intense et violente montée en puissance sur les deux derniers épisodes où le thriller et le drame familial se mélangent dans un grand geste tragique. Malgré quelques maladresses et clichés, une série de haute tenue.